‹ Annales ecclesiastiques. 1846-66Chapitre 49 sur 52 · Lettre envoyée à VOpinion nationale · texte numérisé non relu

Lettre envoyée à VOpinion nationale

a Monsieur le rédacteur en chef de VOpinion nationale,

« Dans la Gazette de France du 7 novembre, nous lisons la reproduction d'une prétendue lettre insérée dans vos colonnes que deux jours plus tard vous déclarez authentique et dont vous dites avoir entre les mains l'original, venant d'un excellent sous-officier, qui, racontant en troupier, à ses frères, ses impressions de campagne, fait mention d'une sôdi-

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lion militaire qui aurait éclaté à Viterbe, lors de la réceptiou du drapeau pontifical par la légion romaine.

« Nous, sous-officiers de la légion romaine, qui, pour la quatrième fois, ETons l'occasion de rire de l'aplomb ayec lequel votre journal^ et le Siècle, alternativement, débitent| sur le compte de la légion, les faits les plus complètement faux, nous avons Thonneur de vous adresser, par la présente, le démenti le plus formel pour tout ce que votre journal et son compère ont écrit en ces quatre circonstances, qu'il est parfaitement inutile de vous rappeler, touchant la légion, dont vous essayes inutilement de séparer les officiers de la troupe.

« Nous affirmons à tous vos lecteurs que le drapeau pontifical a été reçu avec toute la convenance et la dignité que demandait celle cérémonie militaire; aucun désordre ne 8*est produit, à la grande déconfiture des gens de votre parti ; toute la légion a crié : Vive le Satn^ Père!,,» a bu ensuite à sa santé, et est, maintenant comme toujours, disposée à le défendre au péril de la vie, comme on doit l'attendre de Français qui ont quitté une patrie qu'ils aiment pour servir une cause qu'ils aiment aussi.

« Nous remettons cette protestation entre les mains de nos chefs, en les priant de prendre les mesures nécessaires pour obtenir, par son insertion dans votre journal, la môme publicité qui aélé donnée aux faits mensongers imputés k la légion romaine.

« A Viterbe, le 12 novembre 1866.

« Les sous-officiers de la légion romainey

(Suivent quarantensix signatures).

« Pour copie conforme :

« Le plus ancien sous-officier, délégué par ses camarades,

c A. BouRSAULT, sergent. •

■ 15. — Circulaire adressée par M. Ricasoli, ministre de l'intérieur, aux préfets du royaume d'Italie :

« Dans la circulaire du 22 octobre, annonçant à Votre Seigneurie îllustrissiine le rappel de la majeure partie des évoques dans leur siège, le soussigné n'avait pas omis de vous faire pressentir que, pour l'application complète de ses principes, le gouvernement du roi ne tarderait pas à étendre la faculté du retour à tous les prélats indistinctement, sans égard aux motifs de leur absence volontaire ou forcée^ ou de leur demeure soit au dedans, soit au dehors du royaume.

« L'accueil que l'opinion publique et les hommes loyaux de tous les partis ont fait aux idées exposées en môme temps que la disposition a été prise a confirmé le gouvernement du roi dans la persuasion que la nation, assurée désormais de ses destinées, désire voir s'effacer toute

novembre.] CIRCULAIRE DE M. RIGASOU AUX PRÉFETS DITALIE. 46&

trace dee événements passés,* pour lesquels s'étaient altérées les bonnes relations entre les autorités civiles et les autorités religieuses^ et que, confiant dans sa propre force, il ne doit pas refuser d'assumer à cet égard une géliéreuse initiative.

« Du reste, les prévisions du gouvernement du roi relativement à l'attitude politique que, les destinées affermies du pays et le désir de ne point s'isoler des populations devaient inspirer aux évéques n'ont point été trompées* En effet, un maintien de déférence reconnaissante envers les autorités administratives a caractérisé partout les prélats rappelés, et, dans ces jours passés même, tout le monde a pu apprécier rhommage public qui dans l'auguste personne du roi a été rendu à la grande idée de l'unité nationale, par les évéques et par le clergé| dans les provinces vénitiennes, délivrées récemment de la domination étrangère.

« En vertu de ces faits, qui doivent fortifier les considérations générales qui ont motivé le rappel des évoques, le gouvernement a cru opportun d'écarter dès ce moment toute réserve opposée à cette première mesure, en disposant que tous les autres évoques encore éloignés on demeurés absents de leur résidence, soit à Rome, soit ailleurs, quelle que fût leur demeure, reçoivent Tautorisation de retourner dans leur diocèse respectif.

« En commuoiquant à Votre Seigneurie illustrissime la présente détermination du gouvernement servant de complément à celle qui est développée dans la circulaire du 22 octobre, le soussigné se réfère aux instructions déjà données dans cette circulaire, et il a la confiance que les autorités locales seconderont avec exactitude toutes ses intentions. »

— Circulaire du m^me aux préfets et commissaires du roi dltalîe :

c( La réunion définitive des provinces vénitiennes au royaume d'Italie clôt, au bout de douze siècles, l-ère de la domination étrangère dans la Péninsule ; elle fait cesser la nécessité des appareils de guerre rassemblés en toute bâte, et 6te toute raison d'être aux incessantes inquiétudes qui faisaient peser des charges publiques si lourdes sur les citoyens et distrayaient les esprits des plus importants problèmes de réorganisation civile, administrative, économique et financière.

<f L'Italie, sûre d'elle-même, peut attendre désormais les occasions propices pour obtenir ce qui lui manque encore, et, pendant ce temps, regarder avec calme au dedans d'elle-mêmci afin de pourvoir*

« Il est vrai qu'une question reste encore à résoudre : la question romaine ; mais, après la convention qui en a réglé la partie politique, la question romaine ne peut et ne doit pas être désormais un motif d'agitations.

« La souveraineté du Pontife de Rome est placée, par la Convention Annales ecclés. 30

du mois de septembre 4S64, dans la condition de tontes les autres sonyerainetés : elle doit demander à elle seule et trouver en elle seule ses motifs d'existence et de durée.

« L'Italie a promis à la France et à TEurope de ne point s'iaterposer entre le Pape et les Romains, et de laisser s'accomplir cette dernière expérience sur la Tilalilé d'une principauté ecclésiastique dont il n'y a plus d'exemple dans le monde civilisé et qui est en contradiction avec le progrès accompli. L'Italie doit maintenir sa promesse et attendre de l'efficacité du principe national qu'elle représente l'iaimanquable triomphe de ses droits.

« Par conséquent, toute agitation qui prendrait pour prétexte la question romaine doit être déconseilléei blftmée, empêchée et réprimée, quel que soit le caractère qu'elle revête ; car on ne doit point faire naître le soupçon qne Fltalie est à la veille de manquer eu aucune manière à la foi jurée, et l'on ne doit point tenter de l'induire à l'enfreindre, puisque^ par l'une ou par l'autre voie, on lui occasionnerait nn préjudice, on lui ferait un outrage très-grave.

« Je sais bien que la double qualité du pontife fournit à quelques personnes un motif de confondre la question politique et la question religieuse, et de troubler les consciences timorées par le doute que le gouvernement italien ne veuille diminuer l'indépendance du chef spirituel de la catholicité et offenser la liberté de l'Église.

« Mais Votre Seigneurie pourra, s'il est nécessaire^ dissiper ces ombres. Les mesures législatives, les déclarations réitérées du gouvernement du roi, ses actes, même les plus récents, montrent à l'évidence que, même en matière religieuse, il ne reconnaît d'autre empire et n'admet d'autre règle que celle de la liberté et de la loi, et que, dans les ministres du culte, il ne veut ni privilégiés ni martyrs.

« Certes, au chef des catholiques répandus par tout le monde et formant la grande majorité de la nation italienne, il est dû des garanties pour que, libre et indépendant, il puisse exercer son ministère spirituel. «Le gouvernement italien est, plus que tout autre,disposé à accorder les garanties que Ton Jugerait plus propres à sauvegarder cette liberté et cette indépendance, parce que, plus que tout autre, il est convaincu qu'elles peuvent être concédées sans que les droits de la nation qu'il représente soient en rien lésés. .. »

!•. — A Alger, mort de M** Louis-Antoine-Augustin Pavji second évéque d'Alger, né à Roanne le 18 mars 1805 , pv^onisé évéque d'Alger le 14 avril 1846. Son dévouement au Saint-Siège, son zèle pour les intérêts de son diocèse, et ses rares qualités d'é- , crivain en faisaient Tun des membres les plus distingués de l'é- i piscopat français. I

11. — M" Esteban José Perez y Martinez Fernandez, évoque de Goria, en Espagne, publie un mandement par lequel il de-

]io?embro.] LETTRE DE PIE IX A Mf PUNTIEB. 467

mande des prières pour le Pape et recommande le Denier de Saint- Pierre, a Enfin, dit-il en terminant, n'oubliez pas les angoisses qui oppriment le cœur paternel du plus combattu et du plus majestueux des hommes, de l'illustre défenseur des droits de rÉglisCy de l'admirable successeur et défenseur de saint Pierre, et qui, privé de tout secours humain, mais aidé de la grâce de Dieu, est prêt à soufirir Tezil et le martyre pour les précieux intérêts qui lui sont confiés ; souTcnez-vous que les défenseurs du Saint-Siège et du Pape, de quelque part qu'ils viennent, de quelque manière qu'ils le secourent, sont en même temps les défenseurs de la société en péril et par conséquent de leur propre cause ; priez sans cesse comme la primitive Église pour son prédécesseur Pierre, lorsqu'il était enfermé dans les prisons d'Hérode ; secourez-le de vos aumônes, assurés que vous en recueillerez des biens abondants sur la terre et une éternelle récompense dans le ciel. »

18. — Mandement de M'' D. Pedro Luis Asensio y Pobes, évêque de Jaca (Espagne), prescrivant des prières pour le Pape. Le prélat fait connaître l'allocution pontificale relative à la situation déplorable de la religion en Italie ; il insiste sur la nécessité et l'efficacité de la prière persévérante, et recommande l'œuvre du Denier de Saint-Pierre.

te. —Lettre propriâ manu de Pie IX àM** Plantier, évêque de Nîmes, qui lui avait adressé sa Lettre pastorale sur les dangers actuels du Saint-Siège et la crise de transformation sociale que traverse le monde :

ft Vénérable Frère, salut et bénédiction apostolique.

« La Lettre pastorale que, le 7 octobre dernier, vous avez fait imprimer pour l'adresser au clergé de votre diocèse, nous a causé le plus sensible plaisir. Quand nous l'avons reçue, il y a peu de jours, nous l'avons lue avec une ineffable consolation, nous l'avons admirée à des titres nombreux.

« Dans cette Lettre, en effet, vénérable Frère, votre religion si éclairée, votre dévouement si tendre, votre zèle si ardent pour les intérêts catholiques^ vous ont arraché des plaintes éloquentes sur les dangers de plus en plus grave^dont une révolution, impie autant que funeste, menace chaque jour notre Personne et ce Siège apostolique.

« En même temps, et avec autant de raison,vous déplorez les irréparables dommages que cette même révolution ne cesse de causer à la société civile, par des troubles et des désordres continuels.

« Dans un magnifique langage, empreint d'une liberté et d*uae énergie vraiment épiscopales, vous montrez comment les téméraires propagateurs de l'esprit révolutionnaire lèvent, en tous pays, un front de plus en plus insolent, — déclarent à l'Église catholique, à nous et à notre Chaire, la guerre la plus irréconciliable et la plus sacrilège, — enoiploieat tous les moyens pour renverser et usurper à leur profit notre souveraineté temporelle aussi bien que l'autorité du Siège apostolique, s'efforcent enfin d'anéantir l'idée même de la vérité, de la vertu, de la Justice, et, par une confusion volontaire des droits de Dieu et des droits de l'homme, tendent jusqu'à effacer la notion de ces droits sacrés.

ce Vous signalez avec un sage discernement, vénérable Frère, vous dénoncez avec une légitime douleur ces mensonges innombrables et perfides» ces machinations criminelles, ces excès effrayants d'impiété systématique , ces doctrines , enfin, dangereuses, abominables, que les révolutionnaires répandent partout, sèment partout, dans le but avoué de corrompre les intelligences et les cœurs, de les détourner des saintes pratiques de notre religion, pour les précipiter après et les faire périr misérablement dans l'abime de l'incrédulité, de l'iodifférence et d'un athéisme odieux.

« Vous n'avez pas négligé» vénérable Frère, de rappeler quel empire exercent maintenant, quelles injustices et quels crimes font aujourd'hui commettre une ambition sans limites et cette cupidité dont saint Paul a enseigné a qu'elle est la racine de tous les maux. »

« Pourrions-nous donc ne pas vous féliciter d'avoir écrit une Lettre pastorale si digne d'un évêque catholique, quand d'ailleurs, nous le savons, vous êtes résolu à soutenir intrépidement, sans jamais vous lasser, la cause de Dieu, de son Église, de cette Chaire, la cause de la vérité et de la justice I

« Notre joie a été grande aussi de voir, par cette Lettre elle-même, combien vous aviez eu soin d'exciter vos diocésains à prier Dieu sans relâche pour obtenir de lui le triomphe prochain de sa sainte Église. C'est là le devoir de tous ; tous doivent supplier humblement le Père très-clément des miséricordes «c de se lever enfin, de juger sa cause, « de commander aux vents et à la mer, de rendre à son peuple la paix, » et de faire quitter aux ennemis de cette Chaire les voies de leur impiété, pour les ramener dans les sentiers de la justice et du salut.

« Croyez, vénérable Frère, à la spéciale bienveillance de notre affection pour vous, et trouvez-en le gage assuré dans la bénédiction apostolique, que nous puisons au fond le plus intime de notre cœur, pour vous bénir et pour bénir avec vous le troupeau confié à voire sollicitude.

a A Rome, près Saint-Pierre, le 19 novembre 1866, la 21" année de notre Pontificat.

ft PIE IX, PAPE. »

noTembre.] HANDEMKNT BU GABBINAL GARGfA GUESTA. 4«9

i— A Tétouan (Maroc), bénédiction de l'église catholique de Nolre-Darae des Victoires, commencée pendant la campagne des troupes espagnoles, et achevée en vertu des traités entre TEspagne et le Maroc. Sa coupole est très-élevée ; elle domine tous les édiûces et minarets de la ville. A sa gauche est le couvent des Pères missionnaires espagnols ; à droite,rhôtel du consul. Toute la population catholique assistait à cette cérémonie ; dixhuit musiciens militaires de Ceuta ont exécuté des symphonies* La communauté des franciscains a officié. On a distribué du pain et de l'argent aux pauvres, y compris les Maures et les Israélites. Le lendemain a été célébré un servicepour le repos des âmes des Espagnols morts dans la dernière guerre.

91. — Mandement du cardinal Garcia Cuesta, archevêque de Santiago (Saint-Jacques de Compostelle). Son Ëminence rappelle l'allocution du 29 octobre, l'évacuation prochaine de Rome par les troupes françaises, et continue ainsi :

« La révolution espère prendre le reste des Étata du Pape ; elle veut, ou se jeter dessus comme sur une proie, ou atteindre son but par des artifices et des manèges hypocrites. La révolution voudrait^ dans ce cas^ garder le Pontife à Rome pour le tenir assiégé dans son palais^ sans lui permettre de faire ou de dire que ce qui irait à ses fins, c'est-à-dire à la destination de l'Église de Jésus-Christ et de la société; elle espère que, par cette pression, le Pape finirait par se rendre, qu'il renoncerait à sa souveraineté temporelle^ et qu'il accepterait les doctrines perverses qu'elle professe*

« Voiléi le mystère d'iniquité qui exerce sa funeste aetion dans le monde. On veut substituer un nouvel Évangile, tin droit nouveau, au droit et à TËvangile éternel, que le Fils de Dieu est venu annoncer au monde. Saint Paul dit que, si un ange du ciel nous apportait un autre Évangile, nous devrions le repousser de toutes nos forces. Doutez-vous que ce soit là le but de la révolution antichrétienne, qui aspire à dominer et à tyranniser tout le monde, en proclamant une liberté qui n'est qu'une dérision? Ohl cela n'est un secret pour personne : la révolution elle-même ne se gêne pas pour dire quelles sont ses intentions* Écoutez quelques-uns des faits qu'a recueillis l'évêque d'un empire voisin, et qui peignent au vif le caractère de ces furieuses doctrines*

« Guerre à Dieu ! a dit la révolution par la bouche de quelques étudiants de diverses nations récemment réunis au congrès de Liège, et ces étudiants étaient l'écho des maîtres d'impiété qui les avalent instruits. Un de ces jeunes gens se déclare brutalement matérialiste* « La lutte, dit un autre, est entre Dieu et l'homme^ il faut briser la « voûte du ciel comme si c'était une feuille de papier* » Un autre parle d'établir le culte de l'athéisme. Un autre crie qu'il n'y a pas plus d'autre

410 ANNALES ECGLËSIASTIQOES. \itm

aatorilé et de force que la force révolutionnaire ; un autre enfin s'écrie en frénétique : « Citoyens, vous le savez, la classe moyenne est un corn- « posé de voleurs et d'assassins, et la révolution est le triomphe de « rhomme sur Dieu. Ainsi donc guerre à Dieu 1 haine à la classe « moyenne I haine aux capitalistes !... Si cent mille têtes sont un « obstacle, qu'elles tombent I » Et ce congrès avait été inauguré par le premier magistrat de la ville, par un ancien ministre de Belgique, qui appelait ces jeunes gens « l'élite de la jeunesse studieuse, les apOtres « de la liberté et du progrès I »

« Voici une autre révélation. Dans une des loges de la franc-maçonnerie il s'est établi un comité dont les membres se permettent entre eux de vivre et de mourir hors de tout culte religieux, déclarant que le comité veillera seul au chevet de ses affiliés et qu'ils ne feront que ce qu'il prescrit -, et c'est du nom de liberté qu'on décore ce despotisme odieux 1

« Pour compléter cet horrible tableau. Je rappellerai que le héros de la démagogie italienne disait hier encore à ses chemises rouges : « Mes « amis, tant que les soutanes ne seront pas vaincues, la pairie ne sera « pas libre. N'allez pas à la messe, car, si vous y allez^ vous donnerez « aux curés le moyen de vous nuire.... L'année ne se passera pas, je « l'espère, ajoutait*il, sans que vous arriviez à Rome enfin affranclûe « du joug odieux des prêtres. »

« Permettez-moi de terminer ce tableau répugnant par les manifestations contenues dans les documents de la Grande- Vente, saisies il y a quelques années par la police romaine : « L'objet de notre ambition, « disaient les directeurs de cette société secrète, ce n'est pas une révolu- « tion dans tel ou tel pays, chose qu'on obtient toujours quand on le « veut. Pour en finir sûrement avec le vieux monde, nous croyons qu'il « est nécessaire d'extirper tout germe catholique et chrétien. Nos aspi- « rations doivent donc se diriger seulement contre Rome. L'Italie, à « cause de Rome, et Rome, à cause du Pontificat, doivent être le but « de tous nos efiTorts. Nous sommes venus à bout d'établir la désorga- « nisation partout ; tout se prépare à passer sous le niveau qui doit « être imposé à Tespèce humaine. C'est pourquoi les deux bases de « l'ordre social, le Pontifimt et la Monarchie^ qui ont résisté au fer et au « feu, doivent tomber minées par la corruption. Ne nous fatiguons « donc pas de corrompre ; popularisons le vice dans la multitude, de « sorte qu'elle le respire par les cinq sens, de sorte qu'elle le boive^ de « sorte qu'elle en soit saturée, etc. »

€ Voilà, mes frères et mes fils très-chers, quelques-uns des traits de la révolution peinte par elle-même; noué ne l'avons pas calomniée, nous n'avons fait que la montrer telle qu'elle se manifeste. Ce qu'elle a dans son cœur^ c'est la haine contre Dieu, la haine contre la religion et l'Égliae de Jésus-Christ, la haine contre la société, et elle proclame la corruption des mœurs dans la multitude comme le moyen légitime de détruire les deux bases sur lesquelles s'appuie l'édifice social, la

noTembre.] LE HONITfiDR FRANÇAIS ET LE JOURNAL DE ROME. 471

Monarcbie et le Pontificat. Si ce monstre parvenait à dominer dans le inonde, ce serait l'enfer qui serait transporté à la surface de ]a terre, et nous aurions à dire que sont arrivés les temps apocalyptiques et que s'est révélé Fhomme de péché, le fils de perdition, comme l'appelle saint Paul dans sa deuxième épltre aux Thessaloniciens.

« Pour arriver à son but, guidée par un instinct sûi\ la Révolution dirige ses plus grands efforts contre le Pontificat; elle cherchée anéantir dans ses petits Etats le pouvoir temporel du Pape, qui est la garantie du libre exercice de son pouvoir spirituel, espérant de cette manière anéantir aussi celui-ci, faire disparaître du monde le Chef de la société chrétienne et détruire l'Église de Jésus-Christ. Telles sont les vues insensées d'une révolution désordonnée : anéantir le pouvoir temporel du Pape pour anéantir son pouvoir spirituel et détruire la religion chrétienne : tel est son but, qui sera celui de l'Antéchrist. »

Après avoir montré l'importance de la question romaine, M^ Garcia Cuesta indique les quatre principaux devoirs des chrétiens vis-à-vis d'elle, savoir : la confession haute et ferme de leur foi, la prière de plus en plus fervente, l'aumône au Saint-Père par le Denier de Saint-Pierre, enfin, pour quelques-uns, l'oflrande même de leur personne par Tenrôlement dans l'armée pontificale.

2i. '^ Le Moniteur du soir apprécie ainsi, dans son Bulletin politique, la circulaire de M. Ricasoli en ce qui concerne la question romaine :

« Les derniers actes du gouvernement italien témoignent, à l'égard du Saint-Siège, de dispositions conciliantes et de la ferme intention de se conformer à la lettre et à l'esprit de l'acte du 15 septembre. 11 y a quelques jours, une décision du roi Victor-Emmanuel avait autorisé les évéques éloignés de leurs diocèses, pour motifs politiques, à reprendre possession de leurs sièges épiscopaux; mais quelques restrictions avaient été apportées à cette mesure, qui n'était pas applicable aux prélats réfugiés à Rome. Une nouvelle circulaire, signée le 15 novembre par le baron Ricasoli, fait disparaître cette exception, et tous les évoques indistinctement ont désormais la faculté de retourner dans leurs diocèses.

« Le ministre saisit cette occasion pour rendre hommage à l'attitude actuelle du clergé italien, et il déclare que le gouvernement, confiant dans sa force et assuré des destinées de la patrie, doit prendre une généreuse initiative en vue d'un rapprochement aussi utile à la religion qu'à la politique. Ainsi se trouve réglée, à la satisfaction du Saint-Siège, une des principales difficultés qui, dans le courant de l'année dernière, avaient fait Tobjet de la mission de M. Vegezzi à Rome. 11 y a lieu de mentionner aussi, comme un heureux symptôme, la tournure favorable

que semble prendre la négociation relative à la part de la dette pontificale qui doit incombera l'Italie, en vertu de la convention da 45 septembre.

« Cet acte diplomatique, ainsi que M. Rîcasoli vient de le constater en s'adressant à tous les préfets du royaume, place la souveraineté du Pape dans les conditions de toutes les autres souverainetés, et l'Italie, qui a promis à la France et à TEurope de ne point s'interposer entre le Pape et ses sujets, maintient nettement cet engagement formel.

« Le cabinet de Florence reproduit aujourd*hui les idées si souvent émises par le Gouvernement de TEmpereur, dont les efforts ont toujours tendu à concilier les aspirations nationales et les sentiments religieux de la Péninsule. En présence de cette disposition, le Saint-Père peut envisager Tavenir avec confiance, et Ton a toute raison d*espérer que les partis extrêmes ne prévaudront pas et que la cour de Rome se montrera inaccessible à des influences qui, sous le masque d'un faux zèle, cacheraient des intentions nuisibles à la sécurité et à la dignité du trône pontifical. »

Z9, — On lit dans le Journal de Rome :

« Nous avons appris hier que le Bulletin du Moniteur du soir du 21, parlant des derniers actes du gouvernement italien, dit qu'en présence de CCS dispositions le Saint-Père peut attendre l'avenir avec confiance, et il ajoute qu'il y a toute raison de croire que les partis extrêmes ne prévaudront pas et que la cour de Rome se montrera inaccessible à ces influences qui, sous le masque d'un faux zèle, cachent des intentions préjudiciables pour la sûreté et la dignité du trône pontifical.

« Les partis extrêmes dont fait mention ce Bulletin du Moniteur, en affirmant qu'ils ne prévaudront pas, sont précisément ceux que la circulaire Ricasoli encourage spécialement, alors qu'elle prétend que le pontificat civil est en contradiction avec les progrès de la civilisation^ et qu'elle annonce que son gouvernement est prêt à donner les garanties nécessaires pour la liberté et l'indépendance du chef de TÉglise, garanties destinées à devenir ainsi une substitution au pouvoir temporel et à constituer un seul État en Italie. Aussi le Saint-Siège a bien raison de se tenir sur ses gardes, étant précisément forcé de repousser le faux zèle avec lequel on lui adresse de tous côtés certaines assurances vraiment filles de l'hypocrisie et du mensonge. »

%é. — Les officiers de la légion romaine adressent de Yiterbe au rédacteur de Y Opinion nationale la réclamation suivante :

« Monsieur, les officiers français du corps de la légion romaine, justement émus de l'atteinte portée à leur considération, à leur dignité, à leur honneur même, par l'article sur la légion que vous avez inséré le 8 novembre dernier dans votre journal, sous la foi de votre corres-

novembre.] H'' HANNING PRÉSIDE LE BANQUET DE LONDRES. AU

pondant de Viterbe, s'adressent à votre loyauté pour donner à cet article le plus complet démenti.

« Nous nous faisons un devoir de déclarer et d'affirmer (pour qne nos camarades de l'armée française, pour que la France et le monde catholique le sachent bien) que la cérémonie de la remise du drapeau à. la légion s*est faite avec pompe, avec dignité, dans un ordre parfait ; qu'il ne s'est rien passé enfin de contraire aux règles de la discipline, au devoir militaire, à Thon neur.

« Après tout ce qui a été écrit de faux sur la légion^ ce n'est pas trop exiger de votre impartialité, monsieur le Rédacteur, que de vous prier de vouloir bien insérer cette protestation dans votre prochain numéro»

« Recevez, monsieur le Rédacteur, l'assurance de notre considération très-distinguée.

« Pour le corps d'ofOciers de la légion romaine :

0 Le plus ancien sous-lieutenant,

LÂVERGNE DE CERVAL;

« Le plus ancien lieutenant,

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