‹ AnnalesChapitre 60 sur 77 · J. LEMAIRE · texte numérisé non relu

J. LEMAIRE

C'est précisément parce qu'il manquait de fonctionnaires et d'agents que M. Lemaire a été obligé de s'adresser à des officiers qui ont agi, en qualité d'ingénieurs, avec beaucoup de modération.

M. Duboys Fresney. La tâche qu'on leur a confiée ne pouvait être mise en de meilleures mains.

M. le ministre. On n'a pas pu apporter contre eux un seul fait de violence, d'arbitraire ou d'abus de pouvoir. {Très bien! et applaudissements sur un grand nombre de bancs,)

M. de Casabianca. C'est parfait!

M.le ministre. Mais,messieurs, ce n'est pas le seid reproche que l'on adresse à l'honorable M. Lemaire ; on l'accuse d'avoir favorisé le patronat, et d'avoir mis à la disposition de ceux que l'honorable M. Knight appelait « les grands capitaHstes » de la maind'œuvre à bon marché. Il n'en est rien, et je vais vous le démontrer. On a lu tout à l'heure une décision prise par M. Lemaire, dans laquelle il était dit que les géreurs étaient billeteurs des secours, et l'on vous apportait une définition, d'après le dictionnaire, du mot billeteur. Il suffisait de lire l'article 3 de cette décision pour voir quels étaient ceux que M. Lemaire avait voulu charger de distribuer les secours :

Il disait, en effet, dans l'article 3 :

« Dans les communes autres que Fort-de- France, les bons seront établis et délivrés, sous la direction des présidents des comités locaux de secours, par le délégué du gouverneur qui sera dans cliaque localité le fonctionnaire du service des contributions le plus élevé en grade ou à défaut de fonctionnaire de ce service le directeur de l'école. Ces bons seront payés par les secrétahres municipaux constitués à cette occasion et sous la direction et la surveillance du percepteur de leur canton respectif, agents spéciaux des dépenses de la caisse des sinistrés. »

Je voulais, moi aussi, éclaircir l'accusation portée contre M. Lemah^ d'avoir fait payer par les géreurs les sinistrés qui avaient trouvé du travail. J'ai demandé des explications ; il m'a répondu en se reportant à la décision dont je viens de vous donner lecture. Ces secours étaient distribués dans les conditions de l'article 3 de cette décision ; et il ajoutait :

« C'est un fonctionnaire qui établit le bon de payement, mais ce bon est visé par le président du comité local de secours, et c'est le secrétaire de la mairie qui est le caissier payeur sous le contrôle du percepteur du canton.

« Jamais je n'ai chargé un géreur d'habitation de distribuer aux sinistrés, établis chez lui, des secours officiels.

« Ce qui a pu donner lieu à la critique dont Técho vous est parvenu, le voici :

« J*ai essayé de favoriser l'établissement des sinistrés, ouvriers agricoles, sur des; terres où on leur offrait travail et salaire; logement et jardin.

« Il est à noter, précisément, que du jour où ces familles sont placées sur les propriétés, le secours ne leur est pas continué. Je donne aux sinistrés une houe, un coutelass des planches de couchage ou de case^uci vêtement. J'ai continué, pendant deux semaines généralement, le secours ordinair&^ afin que le sinistré eût quelque monnaiesupplémentaire, non à titre tfindemiritéi

car cette classe de sinistrés h'à eh îY'alité rieii perdu, niais â titre d'ërtcouragentetit et t)our qu'elle {îuissfe se remettire au tra-

« D'autre part, j'ai admis que le pajrëment pouffait avoir lleli sUr Thabitatibn même^ où se transporteraient les agents administratifs.

« Je le répète, ce sont là des mesures essentlellënient temporaires, puisque Ifes sinistrés placés cessent d'être pâyéscommë siiiistréd, mais sont salariée pai: Témplojreur. »

Quel est le nbmbre des* sinistrés ainsi plafeés chez des employeurs? Sur 20,000 sinistréSi il y iBn a ft jieinê tin mlllîei';les i9,ÔtW auti-es ont reçu des cîis&s, des habitations, des terraihs et des mois dfe rlvres, pour Attendre qtië Ifes propriétés qu'on leur a données fussent mises en valeur, car, d^s le premier jour, là préoccupation de M. Lemaire — il fconsidérait que C'était, en ettët, plus digrie — à été que, si là métropole venait en aide aux sinistrés, les sinistrée devaient feoopérer à l'tËUvre de leur relèvement.

Dans le grand mouvement d'assistance et de solidarité dont la Martinique était l'objet, il voulait que les intétiBsséé eilxmèmës fissent preuve d'initiative, en cnristrûtsant leurs tasës et leurs rbUtes. {Trèn bien! if H Men!)

Eh bien ! eh beaucoup d'endroits, il a été obligé de les faire construh^é par des soldats!

On vous a parte de dations réduites: ft tous ceux qui ont voulu travailler, aux hommes valides, 11 a été donné des salaires plus élevés que la moyenne de ceu* de l'Ile ; â ceux qui déclaraient rie pas vouloir ti-availler, on à continué les secoure, ërt les réduisant légèrëhlenl et en les donnant eh nature.

Voici, à ce propos, ce que le gouverneur télégraphiait au maire de Schoelcher, IB 26 septembre 1902, ail sujet deS distinctions à établit* entre les sinistrés qiii travaillaient et ceiiic qui ne travaillaient pas :

« Agir sans distinction envers iceS catégories distinctes serait dilapider les fonds de secours. Je suis asstiré que vous rtl'aidefeî à accomplir un devoir de pfbbité, et que, par votre entretnise, l'ordre rife set^ pas tronblé. n y a entre mes maihs des bfrres de travail pour mille sinistrés. DoTinez-moi les noms de ceux qui veulent aller aii Lamentin, aui trbis-Ilets et ailleurs, et je leur assurerai dans Ces localités deS Salaires équitables, tandis qu'à Schiœlcher je vais supprimer les secours aux gens valides qui ne veulent pas s'aider eux-mêmes. ».

Voilà ce qu'il disait, et voyei maintenant «?omoient II était secondé :

{Un.«att^ maire, telui de Câse-l^ilote, avait etoeyé i*^ constit\iipr dans ce pays un centre de ^Ofvaeflbn ; Il avait Invité leS sinistrée à aider 1 4a ^nStructlôh de leurs cases et leur avialt ôAwé des salaires. Or, 000 de ces siûlstréSs'abandtthàjant ce travail, s'en ëtaîéht iiUéb, tfaè pas p^t-êtte H'6ux-m)&mes. mais

A>'5ALteS DU ?^ÉNAT

Sous une influence extérieure, et le 17 septembre, M. Lemaire adressait le télégrarinne Siiivàht au maire de t]ase-Pilote :

« J'ai l'honnelir de vblls faire connaître que je i^çois Information portant que sinistrée, au nombre de 200 environ, occupés â travaux rbtlte sur territoire t^ase-PÎlote, ont refhsé de travailler à conditions suivantes : 1 fr. 75 otivrlers spéciaux, i it 50 manœuvt^iBS, i fr. femmes. Je vous prie ihtervehlr pour faire cbmprendi-e au* intéressés impossibilité de recevoir indéflnlnleht assistance gratuite, et nécessité collaborer à conditions très acceptables â des travaux ayaht pout but de leuh teridre situation stable. Je vous prie vous rtiëltre ëh rapport avefe ttlaire Catbet, car ce sbnt Ses administrée qui soht prlhclpalehient en cause. »

C'est le 17 septembre qu'il adressait la dépêche que je vierts de voUfe lire aU mAlH de CaSe-Pilote, et Voici la répbnse que Itll fait le ma^strat municipal :

« J'ai l'honneur de vous prier de vouloir bien accepter ma démission de président dU comité local de secours aux sinistfi^s.

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