LETTRE A LA VÉNÉRABLE CLASSE
A nos chêTM et awûM Uê wUmstres tt pasiemra deâ Comtés soHvtrmns de Ntufehâlel
€t VaUengin.
Chera et bien aimés,
J'ai cru deroir vous apprendre que le Roi a jugé (*) que la propriété de la ionveraineté du Comté de Neuchâtel et Vallengin appartient à M. le duo de LongvevUle, mon fils, et i moi radministration, en qualité de curatrice, par favii de son Conseil, où les choses ont passé tout d'une voix, comme aux Trois^ Etats à Neufchâtel* Votre Compagnie, nonobstant les intrigues de quelques par-» ticnKers, étant demeurée dans son devoir, je ne doute point qu'elle ne reçoive cette nouvelle d'une manière qui réponde à sa conduite passée et qu'elle ne fasse connaître aux peuples la grâce que Dteu leur a faite en mamtenant leur légitime souverain et en écartant les orages qui semblaient oneiiacer leur patrie de divisions funestes, qui auraient pu la rédhiire dans une entière désolaltoo, si je n'eusse très humblement supplié S. M. de prendre connaissance de cette atftrire, en quoi j'ai préféré le salut de l'Etat aux intérêts de mon fils» que j'ai mieux aimé soumettre au Roi, quoiqu'ils fassent dé^jà jugés, que d'exposer ses Etats à de si funestes désordres. Ceux qui ont manqué à leur devoir se doivent conduire d'une manière qui ne les rende pas indignes de la grâce que je veux faire à mes si^ets en donnant une amnistie générale pour les raisons que vous y verrez. S'ils en abusaient, je serais obligée contre mon inclination d'user d'autant de sévérité que j'ai usé de douceur jusqu'à présent*
Conmie je suis satisfaite de votre conduite, je vous donnerai des nuirques du Promesse de ressentiment que j'en ai dans toutes les occasions qui s'en présenteront, et vous m a in ten ir la pouvex Wen juger que si je vous ai fait rétablir par feu M. de LonguevUle, ^••se dans ses mon fils, dans vos anciennes usences pour la présentation d!un seul ministre, qoe je ne permettrai pas qu'on touche à l'avenir à vos usances, ni qu'on fasse aucune nouveauté. Lorsque j'ai fait remettre les choses dans leur premier état, je ne l'ai fait que par un esprit de justice, mais à l'avenir je les ttiàifiiiendrai aussi par des mouvements de reconnaissance; j'y serai d'ailleurs portée par la considération du zèle ardent qu'ont témoigné ceux de votre corps qui oat le plus contribué à ce rétablissement, voyant par les preuves signalées qu'ils ont données de leur fidélité inébranlable dans les occasions périlleuses qu'ils n*ont pas eu moins de chaleur pour leur souverain, qu'ils eo avaient fait paraître auparavant pour votre Compagnie.
Et sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, chers et bien aimés, en sa sainte garde.
Ecrit à Paris le 22 avril 1674.
(Signé) [ Annb-Gbicbvièvb de BovaBoir.
Madame de Longueville ayant fort à cœur de remédier aux désor- Madame de dres qu'il y avait dans les comtés de Neuchâtel el Valangin qui ^^^^ augmentaient plutôt que de diminuer, envoya M. Des Monceaux à médieràranar- Neuchâtel, pour travailler à y rétablir la paix et le caUne. Cette prin- ^^^e*^2S2* cesse le chargea en outre de deux autres lettres, dont Tune élait £nToi de m. ' adressée au conseU d'Etal et l'autre au conseil de ville. Voici le ^j^n^^JSl^ contenu de la première:
A nos amés et féaux conseiUers, le goutemeur et gens êentmts mon conseil d:Etat à NeufohâUl.
(*) Preuve que cette lettre a été écrite après le Jugement du roi.
LIVBE n. 212 ^ CHAHTBS xni. — l'abbé d'obléans
1674 ^^ ^^^^ ^^ féaux,
Lettre de 8. A. Le sieur de Hontmollin, mon cfaanoeKer, s'en retooinanl à présenl qoe k an conseil difBcalté pour la souveraineté de Neufcbâtel et Vallengin pour laquelle je Tarais d*Etat ^.j ^^^.^ .ç. ^j heureusement (♦) terminée, vous fera connaître avec combien de soin j'ai agi pour la conservation des droits de M. le duc de Lonfueville, mon fils, et pour maintenir les franchises et coutumes de l'Etat. Je conttnoerai de m'y appliquer de ki même manière à l'avenir, et j'tspère que voua ne seconderez pour rendre le pays plus fleurissant et mes sujets plus heureux. Pour y réussir, je veux qu'on récompense ceux qui feront bien leur devoir; Biais que l'on châtie ceux qui s'en écarteront. Je n'entends pas qu'on opprime personne, et je souhaite même qu'on soulage ceux qui seront tombés par aecidenl dans quelque malheur ; mais le bien de l'Etat et la sûreté des gens de bien demande qu'on punisse à l'avenir ceux qui pécheront par malice et qui, abusant de la douceur passée, retomberont dans de nouvelles fautes, et surtout eeax qui troubleront la tranquillité publique ou qui seront coupables de meurtres, auxquels je ne donnerai plus de grâce, si ce n'est pour des aoddeols dignes de compassion et de miséricorde, voyant que la fecilité avec laquelle on (es a oetroyées ci-devant a rendu ces crimes plus fréquents, et comme il y a de l'abus en la justice criminelle et qu'on n'y observe pas tout l'ordre qu'on suit en d'autres lieux, je vous ordonne, pour y reaiédier, qu'on faase un règlement, et particulièrement de ne pas précipiter les jugements criminels pour épargner des frais qui ne doivent pas être considérés lorsqu'il s'agit de la vie. Je déaire aussi qu'on pourvoye aux véritables pauvres en avisant aux moyens de les Caire sub- Laprlneesse sister; mais d'un autre côté qu'on remédie aux abus des gueux volontaires m Teut qu'on éta- établissant une discipline et quelques manufactures pour les occuper au travail ^Une^^aiiel- ®^ bannir l'oisiveté de l'Etat, qui ne peut que lui être très pernicieuse. Eu ques mannikc- général je vous charge de faire toutes les choses qui pourront servir à l'admitores. nistration d'une bonne et briève justice et à la conservation du bonheur et de On ne doit point la tranquillité de l'Etat. Je ne prétend pas, sous prétexte d'avancer mes droits, ^^ito^dês' qu'on touche à ceux de mes sujets que vous devex maintenir de même que les •^«*»' mieus.
Elle envoyé M. J'envoye à Neufcbâtel le sieur De Monceaux pour vous aider à remettre de MoncMoz à foutes choses en bon état, et comme elles doivent être. Il vous informera plus ^^ particulièrement avec mon chancelier de mes intentions.
Je finirai la présente après vous avoir assuré que je vous domerai dans toutes les occasions qui s'en présenteront des marques de ma bonne volonté et du ressentiment des services que vous m'avez rendus dans les troubles de l'Etat. Je ne doute pas que vous ne continuiez avec la même chaleur et fermeté lorsqu'il s'agira d'y maintenir le calme que j'y ai rétabli par mes soins.
Et sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, Nos amés et féaux, en sa sainte et digne garde.
A Paris, le 25 avril 1674.
(Signé) Ahitb-Gerbvièvb na BovnBOii.
Et plus bas: Damd,
La princesse écrivit aiujsi aux Quatre-Ministraux et conseil de ville la lettre qui suit :
Lettre de la A nos chers et bien aimés les Quaire-Ministraux et Conseil de ma bonne tiSU princesse aux de Neufchâtel.
nistraoz et eôn- Chers et bien aimés, je suis satisfaite de votre fidélité comme je vous l'ai seU de ville, fait connaître par ma dernière lettre ; mais vous n'avez pas moins sujet d'être
(*) Antre preuve que le roi avait prononce.