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LIVRE n. 214 CTAPiTHE xni

1674 BHns de Madame de Nemours, ce qu'elle promit d'abord, et Tenyop à Neuchâtel. Cette amnistie est conçue en ces termes:

Tenenrde l'acte Arnb-Crnevièyr db BorRBOii, duchesse de Longueville et d^EstoutevilIe, comd'Amnistie, i^ggg souveraine de Neufchâtel et Vallengin en Suisse, de Dunois, Cbaumont, St-Pol, Tancanille, etc., etc. mère et curatrice de Mr. Jean-Louis-Charles d'Orléaps, duc de Longueville, son 6Is, etc.

A tous présents et à venir, salut.

Les différends qui ont causé tant de troubles dans le comté de Neufrhâtel n*ayant pu être* sitôt terminés, comme nous l'aurions souhaité, le Roi a bien voulu enfin les terminer sur la très humble supplication que nous lui en avoni faite, et nous ayant ensuite témoigné qu*il voulait que l'amnistie fût générale Cette Amnistie et que le sieur de Mollondin y fût compris, ensemble tous les auteurs de la mort comprend ^^ St-Micault, Nous avons cru que l'obligation que nous en avons avec toot m^xîbiersde ^*^*"* ^^ Neufchâtel à Sa Majesté et le respect que nous lui devons, ne nooi Bt-MicAolt. permettait pas de rien omettre de tout ce qui lui serait agréable et que nom devions suivre l'intention qu'Elle en avait que les plus coupables mêmes profitassent de la tranquillité qu'Elle a rendue i cet Etat.

A ces causes Nous avons de notre grâce spéciale, pleine puissance et autorité souveraine, dit et déclaré, disons et déclarons par ces présentes signées de notre propre main, que nous entendons que la mémoire de tout ce qui est arrivé depuis le 22 juin 1672 en ces derniers mouvements demeure éteinte et abolie, comme nous éteignons et abolissons par ces présentes même ce qui s*est passé à la mort de St-Micault et tout ce qui a été fait par le sieur de Mollondin sans qu'il en puisse être fait aucune recherche, à la charge que tous ceux qai ont manqué à leur devoir se contiendront dans les bornes de respect qu'ils nous doivent et s'acquitteront du devoir de bons et fidèles sujets ; et moyennant ce nous leur avons fait levée, et permis au sieur de Mollondin de demeurer dans nos dits Etats aux mêmes droits et honneurs qu'il avait le 12 juin 1672. Imposant sur ce tout silence perpétuel à notre gouverneur et à tous nos officiers présents et avenir, afin que tous nos sujets puissent désormais vivre en bonne paix, union et bonne intelligence sous notre obéissance sans qu'ils se fassent les uns aux autres aucun reproche pour raisons des choses passées. Et ordonnons et mandons k notre gouverneur et lieutenant-général aux dites Comtés, le sieur d'Affry, et à dos amés et féaux les conseillers d'Etat que ces présentes ils ayent à faire lire, publier et enregistrer, et à les faire garder et observer selon leur forme et teneur ; car telle est notre intention, dont nous avons fait apposer notre scel à ces présentes.

Donné à Paria, le 9/19 (*) avril 1674. (Signé) Amrs-GiiiBTikvB db Boubboii, el pks b80 Damdf scellé d'un grand sceau en cire rouge en placard.

La sentence du roi et Tamnistie ci-dessus furent lues publiquement par les t)asteurs dans toutes les églises des deux comtés, le

(*) Oette Amnistie ne peat pas être de 1a date du 9 1 19 Avril , cat 1) les lettres de BaiIs de 1a princesse n^AOCusent jAmAis les deux stylos; 2) le roi ninsinoA pAS à MAd. de Longueville de pArdonner M. de Mollondin AVAot que d'Avoir renda sa sentence; ainsi si cette sentence était du K Avril comme il est dit ci-devAnt , U n*est pas vraisembUble que TAmniatle ftit da 19, c'est à dire sept Jours AVAnt 1a sentence. Et d'Ailleurs quelle AppArenee qoe l'Amnistie soit dn 19 pendAot que la lettre à 1a Classe est du 29, celle an goavemenr et celle ^ AUX QuAtre-Ministraux et conseil de ville sont du 25 du dit mois d'Avril, dAns lesquelles

n n'est PAS dit on mot de M. de Mollondin ni d'one Amniatle ? lyAUlenrs il est dit c&-dea«s que MAdAme de Longueville envojA cette Amnistie à Neucbfttel et non qu'eUe ftat incluse dAns lA lettre au gouvernement (Vote de JacqaeA-Françoifl Boyre.)

CURATKLLl DB MADAMS DE tONGnvaLLE. 215 UVRB IL

dinanefae 29 avril style anoieii (*), avec an mandement de gonver- 1674 nem* et conseil d*Etat en date du 25 avril (^), sig^é d'Afifry, portant commandement et ordre aux maires et châtelains de faire pu- L^anmi^e Wier, le dimanche suivant 29 avril, tant le jugement arbitral rendu ^i^^^^ par S. M. T. C. que l'amnistie accordée par la princesse, ce qui fut exécutée La seignemrie ordomia de s'y conformer, sous peine aux contrevenants d'être châtiés exemplairement. Tout cela calma un peu Torage au dehors, mais la division subsista toujours dans les cœurs.

Le roi Louis XIV se saisit. Tan 1674, de la Franche-Comté en conqnéte de u Bourgogne, qui était sous la domination de Charles H, roi d'Eq)agne, ^'^j^^^^ avec qui il était en guerre; et elle lui est restée par le traité de paix conclu à Nimègue aux années 1678 et 1679. filais coamo les Suisses en conçurent de Tombrage et que ce changement de voisin les mettait dans quelque appréhension, dès que le roi Teut appris, il écrivit la lettre qui suit à M. de 3t-Romain, son ambassadeur è Soleure, pour l'envoyer aux cantons, afin de calmer les esprits, en leur déclarant qu'il se proposait d'être un bon voisin à leur égard^; et c'est ce qui regardait aussi Neuchâtel et Valangin, qui sont situés sur les frontières de la province conquise, tellement que les pro* messes que S. H. fait au Corps helvétique conviennent aussi aux dits comtés.

LETTRE DU ROI AUX CANTONS. LettwquH

Louis, par la grâce de Dieu roi de France et de Navarre. ^^ "** ^^

•ODS 8lirO6tt0

Très chers et grands amis, alliés et confédérés, oonqnête.

Vous aviex va par le plein-pouvoir que nous avions envoyé an sieur do St- Romain, noire ambassadeur, la disposition dans laquelle nous éfcioas de conserver par une neutralité la tranquillité et le repos dans votre voisinage; voua ayet connu de même combien TEmpereur et la Reine catholique y ont feit paraître d'éloifmement, et vous n'aurez pas douté assurément qu'il» n'ont différé si Icmgtemps à répondre aux instances que vous leur aviez faites sur ce sHJeC que dans le dessein de se servir de la Franche-Comté que pour porter la guerre dans notre Royaume. La connaissance que vous avez eue de leurs intentions et l'intérêt si juste de fermer cette entrée à nos ennonis lorsque nous savions que leurs années se préparaient à passer dans la comté de Bourgogne pour nous attaquer, nous ont obligé à les prévenir. C'est pour ce siget que nous nous sommes portés à la tête de notre armée en cette Province.

Hais parce que nous sommes bien aise de vous marquer en toutes occasions Le xoi par la

quelle est notre affection pour vous et combien nous désirons de contribuer à P^^ de la

tout ce qui peut raffermir davantage les alliances si anciennes qui nous mussent, ^^i^<^he-Comté WT ' , * *•. « «. .se propose, olt-

Mous avons jugé à ptopos de vous faire part, non seulenent des justes raisons n, d'entretenir

qui nous ont engagé dans oette entreprise, mais de vous témoigner aussi que une amitié plus

les places dont nous pourrions nous emparer dans la Franche-Comté, ne servi- étroite avec les

ront qu'à nous donner plus de lieu d'entretenir une amitié et [une correspon-

(*) Ce qui revient au 9 mai.

(**) Ce qui revient au 5 mai.

UVWK IL 216 cBAvmiE xnu — l'amik DOiLtM»

f674 àBïHQe ëlroHè avec tous; ^ue now inaiiitieiidroM non seulentBt, mais ^ae noui augmenterons, 8*il te peut, les commodité» que vous «vex tirées jusqu'à cette heure de la comté de Bourgogne, et que nous n'oublierons rien pour faire que le voisinage des lieux qui pourraient être occupés par nos armées vous soit encore plus avantageux qu*il ne Taurait été entre les mains de nos ennemis. Outre les assurances que nous vouions bien vous lionner nous-mêmes de la e^inutitea et de la certitude de notre amHié en ce rencontre, Noas ckargeons le sieur de St-Romain, notre ambassadeur, de vous en donner encore dos témoignages plus exprès; et comme nous ne doutons poiat que vous n*ajoutiex une créance entière à tout ce qu'il vous dira de. notre part, nous ne Ferons la présente plus lon^rue que pour prier Dieu qu'il vous ait, très chers et grands anjs, ftUiés et confédérés, en sa sainte et digne garde.

Ecrit à Auxerre, le 24 avril 1674. Signé Louis, et plus bas Àmêvld, Peu de temps après que Louis XIV eut subjugué la Franche- Comté, il arrira que le sieur Théodore Chevah'er, ancien receveur du Landeron, et qai était un des partisan de Madame de Nemours, s'étant rencontré à Montbéliard, et un nommé N. Grangier, marchand de ce lieu, lui ayant déclaré qu'il avait appris à Fauconnay, petite tîllc de la Franche-Comté, que lorsque le roi Tavait prise M. le duc de Longuevifle y avait été tué, le dit sieur Chevalier le prïa de se bien informer de cette affaire, d'en prendre des alteslations et de les envoyer avec une lettre à Messieurs les Ouatre-Ministraux à Neuchâlel. C'est ce que Grangier fit; étant allé à Fauconnay, il obtint du père gardien du couvent des capucins Tattestation suivante:

▲MestMionparé^ Je, Eustache d'Arbois, gardien du couvent des capucins de Fauconnay, atteste taiidoe de Is avoir vu mort un gentilhomme que les gardes appelaient M. de St-Pol, ayant "d^d Lo ^^^ *"^ pendant qu'on donnait l'assaut, curieux qu'il fût de voir comme on s'y ^eviUe. comportait. Deux officiers des gardes l'apportèrent blessé à la tête et à la poitrine; on l'enterra dans notre égKse avec beaucoup de cérémonies, quoique bien peu pour une personne de qualité, et qu'un chacun de ces troupes royales regrettait, les uns disant qu'on avait plus perdu en le perdant que ne peut valoir la Comté et qu'Us ne savaient comment le marquis de Retél en pourrait porter fa nouvelle au Roi qu'ils disaient être son cousin, personne ne doute de cela, car puisqu'on voyait une telle consternation de cette mort aux officiers et qu'enxmêmes disaient que c'était le fils de féu Monseigneur le duc de Longoeville et frère de M. le comte de St^Pol qui a été tué en Hollande. Voilà toutes les as* «nranoes que j'ai de sa mort, outre ce qu'en disent plusieurs qui l'ont vu mort, le connaissant pour l'avoir vu autrefois. Je fus marri de ce qu'on n'exécuta pas ce que quelques officiers voulaient qu'on fit, de mettre une plaque de plomb pour y graver son nota en l'enterrant; car nous pourrions en avoir d'autres connaissances puisque le corps est dans notre église, et c'est le seul pour le* quel on fit quantité de décharges lorsqu'on le mit en terre, où 11 y avait deux de nos Pères^ avec deux ecclésiastiques ; l'on jetait les autres en terre sans bruîl, mais pour loi on en fit beaucoup, quoique ce fAt un temps anquel on n'avait pas beaucoup de loisir de faire des obsèques. On en pourra savoir quelque diose du révérend père d'Epinal, où l'on dit que M. de Soubise dit à un gardien, la larme à l'œil, que M. de St-Pol, fils de Mgr. le duc de Longueville, était mort et qu'il était enterré aux capucins de Fauconnay.

CSîgné) Eutêa^ iTArhoU

CURATfilXB DE MADAME DE LONOUEVILLE. 217 LIVRE H.

Cirangîer^ mardMMd de Mdntbéliard, envoya cette alfestttton à 1674 H. Chevalier, avec une lettre dans laquelle était incluse une autre ®/*^^'^®i;" attestation éa 10 septembre 1674 qu'il donnait lui-même sur cette yaiier les deux mort du duc de Long^eville, où il en . marquait un grand nombre »ttestRtioiw. de ciroonstanoes qu'il en avait apprises, comme il l'assurait, de ptusieurs personnes dignes de foi et qu'il nommait. L'attestation était «Mme de sa sigaalure.

Ces deux attestations furent délivrées par des personnes inconnues sniesAODtdôà Cerlier (♦) pour être portées à Neucbâtel et remises à Messieurs ""^^^^u^r. ^" les Quatre-Ministraux auxquels on les adressait.

n y eut plusieurs personnes qui, voyant ces attestations, crurent Enquête» an que cette mort était certaine; mais le magistrat, étant persuadé du ^ptè^!^ contraire, fit d'abord faire des enquêtes pour découvrir Tautem* de ces nouvelles et qui les avait fait venir dans le pays. Il donna ordre de faire punir exemplairement tous ceux qui parleraient de cette On défend de

1 mort, comme étant des perturbateurs du repos public. Plusieurs p"^®^^^®****

affidés de Madame de Nemours qui en étaient convaincus, s'évadèrent Fnfte <^^e4 se retirèrent à la Neuvcville ; d^autres s'en allèrent à Paris au- de Madame le près de la princesse. Moïse Qottu de Comaux, justicier de St-Blaise, Moïse ciottn fut conduit dans les prisons de Boudry, d'où ayant eu le bonheur ™^s'éTal<?**^° de se sauver, il se réfugia dans le canton de Berne. Ces exilés étant en grand nombre et plusieurs d'entre eux étant des princ^ales femiiles de Neuchâtel, cela fit qu'on s'anima davantage tes uns contre

^ les autres.

, La seigneurie n'étant pas contente de voir tant de personnes La seigneurie

exilées de leur patne, prit la résolution de les poursuivre encore ^att^wredes

■^ ' ■ poursuites

f dans les Etats voisins. Elle envoya pour cet effet des députés à contre les éva-

' Porrentruy pour obtenir de Mr. l'évêque que ceux qui s'étaient ^^^^^

' retirés à la Neuveville en fussent chassés, ce qu'il accorda. Ceux-

, ci se retirèrent à Cerlier, où ils habitèrent en sûreté, LL. EE. les ll. ee. de

1 ayant reçus sous leur protection. On les accusait d'avoir des cor- ^®^'®^'^J^

respondances avec plusieurs personnes du comté et d'entretenir par protection. ' ce moyen la division. Une partie de ces exilés mourut hors de

l'Etat; les autres y restèrent jusqu'à la mort de Madame de Longueville, où ils purent retourner chez eux.

I On établit cette année 1674 un ministre allemand à Neuchâtel. Le Ministre aiie-

i conseil de ville augmenta le gage du chantre, et joignit ces deux S^diâtS^atw

charges, tellement que ce nouveau ministre a été obligé dès lors rofBcede d'être aussi le chantre de l'église. On en demanda un à LL. EE. ^^^^^' I de Zurich, qui accordèrent M. Michel.

Le chancelier de Montmollin fut de retour de Paris à Neuchâtel ^«tourduciian-,

i« o w.«: Ao^A cellerdeMont-

le 2 mai 1674. „,oUin.

(*) Il est probable que ce fîit Chevalier lui-même qui se servit de cette voie, pour ne pas se compromettre.

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