‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 179 sur 264 · LIVRE n. 330 CHAPITRE XIT. — MARIE D^ORLÂANS · texte numérisé non relu

LIVRE n. 330 CHAPITRE XIT. — MARIE D^ORLÂANS

1698 nénie temps il donna secrètement de Targent pour le faire cooduire à Solenre, teUeneirt que Tenfant ne fut point rendu. Cette circonstance souleva Tindignation publique contre le gouverneur, qui déjà n'était pas fort considéré.

Chiens enracé*. Cette année fut remarquable par plusieurs chiens enragés qui parcoururent les comtés, en attaquant gens etbétes. Plusieurs personnes en furent dangereusement malades. On ordonna en conséqueiice de tuer tous les chiens dès qu'on apercevrait la moindre apparence de rage, ce qui fit cesser ce grand mal, qui diminua beaucoiq) les voyageurs par la crainte de rencontrer de ces bêtes féroces. Long hiver. L'année fut extrêmement froide, l'hiver n'ayant cessé qu'à la fin du mois de mai et la neige ayant duré jusqu'au 18 du dit mois ; il en tomba même les deux premiers jours du mois de juin. Le foin en devint si rare que des paysans du Val-de-Ruz furent obligés d'en Disette de foin, acheter au-delà du lac et encore du mauvais foin. Les moissons des ^'^'^'^J^'**"" Montagnes n'étaient pas achevées à la St-Martin; on recuellit encore des grains pour lors et même chargés sur des traîneaux. Vente du vin On out Cependant encore assez de vin. La vente se fit 72 livres et abri. |g muid. Mais le grain renchérit beaucoup; le froment, qui ne se vendait que 10 balz l'émine, valut dans peu de temps un écu blanc; l'abri du froment fut fait à 21 batz l'émine, de l'orge à 14 batz, et de Tavoine à 8 batz.

Le prince de Au Commencement de l'année 1699, le prince de Conti obtint wTifc^pwnnta^ ^" ^^^ '* pemiission de se rendre en Suisse , pour soutenir ses sion de se droits sur la principauté de Neuchâtel qu'il i^'avait pu faire valoir "°*^ftfei^®"" auparavant parce que le testament de Tabbé d'Orléans, fait en sa faveur, n'avait pas encore été dédaré valable en l'an 1694, comme il l'avait été en 1698.

Son arrivée. Le prince arriva à Neuchâtel, par un très beau temps, le 29 janses largesses. ^.^^^ ^ggg ^ ^^^ arrivée, il fit jeter beaucoup d'argent parmi le peuple, tant dehors que dans la ville. 11 alla Ic^er dans la maison de feu H. le maire Bergeon, qui était autrefois celle des barons de Gorgien Six coups de canon furent tirés pendant qu'il était en chemin et proche de la ville.

Le conseil II écrivit au couseil d'Etat une lettre du 29 janvier; mais elle lui ^^"ifune* fut rendue sans que le conseil d'Etal voulût hii . répondre , ensuite lettre quMi lai d'uu arrêt roudu le môme jour. Il avait aussi écrit la lettre suivante ^^^^' aux Quatre-Hinistraux et conseil de ville, pour leur déclarer ses prétentions :

A Paris, le 14 janvier 1699.

Messieurs, Lettre du La voix publique vous aura déjà appris que j'ai gagné mon procès contre

^■^^d*^?*"" ''■^*"'® '* duchesse de Nemours. L'arrêt solennel que le Parlement de Par» m rendu m'adjuge la succession de feu M. le duc de Longueville, mon oousin,

DUCHESSE BE NEMOURS. à31 LIVRE II.

verain des comtés de Neufchfttel et Valanp'n. J'espère que Ta jastice de mes Jggg droits vous étant connue, vos rntéréts, vos libertés, vos droits et franchises se trouveront non seulement conservés, mais encore augmentés et affermis. Toutes ces vues faciliteront l'exécntion du dessein que j'ai formé, en observant les formalités nécessaires, de recevoir Tinvestiture et de me mettre en possession de cet Etat, où je serai à la fin de ce mois.

J'envoie sur les lieux le chevalier d'Anf^ouléme, premier gentifhomme de ma chambre, et le sieur Mars, Tun de mes secrétaires, qui vous expliqueront mes intentions et les dispositions où je suis sur ce qui vous concerne, tant en général qu'en particulier. Je vous prie de donner une entière créance à tout ce qu'ils vous diront de ma part, et de croire que personne n'aura plus de joie d'avoir occasion de vous témoigner que je suis véritablement,

Messieurs, Votre très-affectionné à vous servir.

(Sign.) Frakçois - Louis db Bourboh.

A Meimeurs les QwUre-lIKtMiranx , ComeU et Communaittè de la mile de Neufchdtel.

En même temps que M. d'Angoulême remit cette lettre à MM. les Ouatre-M inistraux, il leur remit aussi le mémoire suivant :

Suivant le pouvoir que S. A. S. Monseigneur le prince de Conti m'a donné, Mémoire du énoncé en la lettre que j'ai l'honneur de vous présenter, et en attendant que prince présenté je vous communique les expéditions en forme du testament de feu Monseigneur ^'^ Q,n*t re-Mile duc de Longueville, souverain de cet Etat, fait au profit de Monseigneur le ^^

prince de Conti le 1er octobre 1666, de la sentence rendue aux Requêtes du Palais à Paris contre Madame la duchesse de Nemours le 1er août 1697, qui ordonne l'exécution du dit testament, de l'arrêt du Parlement de Paris du 13 décembre confirmatif de la dite sentence et de la commission rogatoire pour les biens des pays étrangers, scellé du grand sceau de la Chancellerie de France du 9 janvier 1699, et que je vous informe plus particulièrement du droit de S. A. S., je vous dirai. Messieurs, que la conjoncture présente vous acquérant légitimement et irrévocablement beaucoup d'avantages, aux termes des actes passés entre les comtes de Neufchâtel et Messieurs vos prédécesseurs, S. A. S. étant en outre dans le dessein d'obvier à toutes difficultés, même de dissiper tous les injustes sujets de crainte qui se répandent et de donner des marques réelles, effectives et actuelles de son affection et de sa bénéficence, Elle a lieu ' d'espérer plus favorablement la justice qui lui est due.

Les Quatre-Ministraux firent la réponse suivante à la lettre du prince de Conti, et la remirent d'abord par écrit à M. le chevalier d^Angoulême, puis ensuite au prince lui-même le 4 février:

Les Quatre-Ministraux, conseil et communauté de la ville de NeufcliAtel ont Réponse

reçu avec un très-profond respect la lettre qu'il a plu à S. A. S. Monseigneur ^•» Qnatre-MI-

le prince de Conti de leur faire l'honneur de leur écrire de Paris le 14 janvier . J^'î*r;*'**i

), avec le mémoire que M. le chevalier d'Angoulême remit en même temps.

Aussi ils n'auraient pas mangue d'y faire aussitôt réponse, si S, A. S. n'était pas arrivée en cette ville le lendemain du jour que M. le chevalier d'Angouféne eut présenté cette lettre et ce mémoire aux dits Quatre-Ministraux et le même jour qu'ils furent produits et lus en conseil de ville.

Cependant M. le chevalier d'Angoulême ayant depuis, savoir lundi et mardi dernier tant seulement, requis et demandé qu'il y fût fait réponse, et la chose

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