LIVRE II 332 CHAPITRE XIV. — marie d' ORLÉANS
1699 ayant été portée et mise en délibération en conseil de ville, il a été arrêté qno Ton donnerait pour réponse à la dite lettre de S. A. S. Monseigneur le prince de Conti :
„Que les Quatre-Ministraux, conseil et communauté de la ville de Neuchâtel ,,n*ont ni n'auront jamais plus à cœur que de contribuer de tout leur pouvoir, ^toutes les fois que leur devoir les y appellera, à ce qu'il soit rendu à chacun „ce qui lui appartient dans toutes les règles de la plus exacte justice, selon ce „à quoi leur devoir envers Dieu, leur conscience et leur patrie les engagent^ „comme aussi conformément aux lois fondameptales de l'Etat en général, aussi „bien qu'aux droits, franchises et libertés de la dite ville de Neufch&tel en «particulier.**
Du reste, ils supplient très-humblement S. A. S. Monseigneur le prince de Conti de vouloir bien être persuadé qu^ils ont pour sa personne tout le respect et toute la vénération qui sont dûs à un si grand prince, et ils prennent la liberté de se recommander à l'honneur de sa bienveillance, comme aussi de lui réitérer de leurs très-humbles respects et services.
Le prince de Conti écrivit à HM. les Quatre^-^Mimstraiix one s^» conde lettre ainsi conçue:
Messieari, Seconde lettre J'ai appris avec plaisir que vous avee reçu fia lettre du 14 jav^ier derjûtr du prince ans ^yç^ „„ mémoire concernant mes prétentions sur le comté de Neufchâtel, qni /^^*' '^. vous a été présenté de ma part par M. le chevalier d'Angpuléme, auquel vous il désire quel- ^^^^ ^aît réponse verbale par vos députés, qui lui ont laissé copie non signée que chose de du résultat que vous avez rendu là dessus.
précis. Quoique votre demande soit très-officieuse, cependant comme mon affaire est
très-sérieuse, vous me ferez plaisir, et je vous prie de me faire la réponse que vous jugerez à propos par une lettre que vous m'adresserez en réponse des miennes, et de faire en ce rencontre à mon égard ce que vous avez pratiqué envers d'autres.
J'ai remarqué que la réponse verbale que vous avez faite, quoique d'ailleurs bien digérée dans sa construction, est un peu vague et indéterminée, je la souhaiterais plus précise.
Le roi ro'ayant permis de demander justice suivant les us et coutumes du pays, ce qui vous est connu, je vous prie instamment de me faire savoir par la même lettre que vous voudrez bien ro'écrire, si vous voulez entrer dans le jugement qui pourra se rendre là-dessus.
Comme vous êtes absolument attachés à la conservation de vos droits et franchises, je présume que vous vous expliquerez sur cet article par oui ou non, crainte qu'une réponse susceptible d'un double sens ne s'entende peut-être oeotre votre intention, sans que par là j'entende vous donner aucun avis ; uchant que vous agissez avec prudence et que d'aiileara il dépené de vo«a de foire telle réponse qu'il vous plait.
Le prince met Pour vous mettre en état de la faire, j'ai donné ordre qu'en vous donnant eo avant ses |es présentes, l'on vous communique les originaux du testament de feu BL le duc de Longueville qui en ordonne l'exécution, de l'arrêt confirmatif du 13 décembre 1698 et de la commission rogatoire du 9 janvier 1699. L'on vous communiquera encore la copie des ordres que Madame de Nemours envoya à M. d*Affry, gouverneur, de sortir du château et des réponses qui furent faites pour lors, ensemble les diligences et protestations faites en mon nom le 18 mars suivant, jour des six semaines après le décès de M. le duc de Longueville, sur lesquels titres je fonde ma prétention; et je vous prie de me les rendre après que vous les aurez examinés.
titres.
DtJCHBSSE DE NEMOURS. 333 LIVRE U.
Si je vous semble agir avec quelque empressement, ne vous en étonnez pas: 1699 j*ai envie de profiter de la permission que le Roi m*a accordée de rechercher la justice qui m'est due, et, comme je suis assuré de la réussite, par la connaissance que j*ai de mon droit, je suis dans l'impatience de voir arriver le moment qui me procurera reccasion de ponvohr effectuer les promesses que je vous ai déjà faites et dont vous ne ddvex pas douter, tant pour le spiritueY que pour le temporel, nonobstant les discours pernicieux de quelques mal intentionnés.
Je vous prie d*eii être bien persuadés et d*en persuader vos bons patriotes.
Quoique je n'emploie que des voies douces et naturelles pour insinuer mes raisons, et que la plupart de ceux qui en sont pénétrés n'en parlent que dans la modératioii qui leur est permise en disant que si j'ai raison il faut me rendre justice, j'apprendf néanmoins avec déplaisir qu'on use envers eux de menaces et de violences pour les contraindre de parler et d'agir contre leur volonté, ce qui va à détruire les franchises et libertés du pays et en même temps les moyens de trouver la justice que to Roi m'a permis de demander; je ne pois m'empèeher dé vo«s ^re en bonne intention qu'il est de la pnntence et du devohr de ceux qui exercent la juridiction de tenir une balance égule aana aucune partialité, et que «i l'oa continue d'en agir de la manière, je prendrai sotu ma protection ceux que l'on voudra inquiéter mal à propos lorsque, ne s'écartant pas de leur devoir envers la patrie, ils parleront suivant leur connaissance et conscience du droit qui leur paraîtra le meilleur dans cette conjoncture. Il est trèspossible qu'en parlant d'une aflTaire aussi importante, je me serve de quelques termes qm voua paraîtront un peu durs, mais il en faut attribuer la cause à la nécessité de traiter une telle matière, car je vous assure que mes intentions pour la patrie en général et en particulier sont également bonnes et sincères, et qu'au prenier moment qu'il me sera permis à*en donner des marques, je n'y manquerai pas.
Je tnis, MoMieurs,
Votre aff^tionné i vous servir.
(Sig.) Fltàiiçoi8*Louis ^s Beunawr.
U ^4/ii février 109».
Messieurs tes Onatre-Hinistraiix et Conseil de ville firent à S. A. la réponse suivante :
Monseigneur,
Noua avons reçu avec un très-profond respect les deux lettres qu'il a plu à NouveUe lettre Y. A. S. de nous faire l'honneur de nous écrire, Tune datée de Paris du 14 du conseil de janvier, et Tautre du 24 février (style nouveau). Nous n'aurions pas manqué je^Oontl ^ de vous écrire et de prendre la liberté de vous envoyer une réponse à la première de ces lettres, si V. A. S. n'était pas arrivée en cette ville le lendemain du jour qu'elle fut Temise aux Qnalre-Hinistraux et le mèoie jour qu'eHa fut produite et lue en notre Conseil. Cependant, jUoaaeigiieur, nous avions oru p^Mr voir nous flatter que la réponse que nous fîmes faire li-dessus et remettre par écrit à M. le chevalier d'AngouIénie, lorsque nous en fumes requis, aurait pu suffire; mais puisque V. A. S. la trouve un peu vague et indéterminée et qu'elle en demande une plus précise qui soit même contenue dans une lettre, ainti qn'eUe a'en est eneore expliquée i cenx qui eureol rhonneor de vous pwtcr notre seconde repense lundi dernier, noua avens cru devoir £Hre paralV-e en #0Ue rencontre combien nous sommes disposés à vous agréer en tout ce qui nous est possible.
C'est donc pour cela, Monseigneur, que nous nous sommes assemblés en trois fois consécutives pour délibérer sur' lu seconde lettre de V. A. S., dans laquelle