‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 181 sur 264 · LIVRE H. 334 chapitre xiv. — marib d'okléans · texte numérisé non relu

LIVRE H. 334 chapitre xiv. — marib d'okléans

1699 entre autres choses et principalement vous nous faites l'honneur de nous dire que le Roi vous ayant permis de demander justice, suivant les us et coutumes du pays, vous souhaitez de savoir si nous voulons entrer dans le jugement qui pourra se rendre là-dessus; sur quoi vous demandez que nons y répondtoas positivement. De sorte qu'après avoir fait les plus sérieuses réflexions avec . toute l'attention et toute l'application que mérita Timportaoce du fait, nous avons trouvé que pour agir conformément à nos droits et à notre devoir, nous pouvions dire à V. A. S. que lorsque les Trois-Etats seront légitimement convoqués, nous nommerons et députerons nos juges pour y composer le tiers-état, suivant le droit incontestable que nous en avons de temps immémorial; bien entendu qu'en cela il n'y ait rien qui puisse préjudioier aux loix H constit«tioiia fondamentales de l'Ëtat en général, comme aussi aux droits, franchiaea et libertés de la ville de Neufchâtel en particulier. Et comme. Monseigneur, riea ne peut échapper à vos lumières et à votre pénétration, et qu'en particulier vous êtes sans doute parfaitement instruit de tout ce qui regarde les affaires de ce pays, de nos loix et coutumes, et surtout de la manière en laquelle le aonverain tribunal se convoque et s'assemble, V. A. S» verra bien que, de notre côté, c'est là tout ce que nous pouvions et deviona foire* De sorte que connaisfant d'ailleurs combien vous êtes juste et équitable, vous sere» très -satisfait ée notre réponse.

Au reste. Monseigneur, nous avons appris avec beaucoup de déplaisir les plaintes que V. A. S. fait à l'égard des menaces et violences dont on l'a informé que l'on usait envers ceux qui disent ^que si vous avec raison, il Cant vous rendre justice." Nous pouvons vous assurer que nous n'y avons aucune part et que même nous n'en avons aucune connaissance. Nous avons mésM l'honneur de vous protester que nous contribuerons toHJours, selon notre pouvoir, à empêcher qu'il soit rien fait ou dit contre le profond respect qui voua est dû, d'autant plus que nous savons très-bien que l'auguste sang dont vous êtes sorti est en V. A. S. accompagné de toutes les vertus éclatantes el de toutes les qualités héroïques qui font les plus grands princes.

Enfin, Monseigneur, nous supplions tr^-humblement V. A. S. de nous accorder l'honneur de ses bonnes grâces et de vouloir bien agréer la liberté que nous prenons de vous assurer que noua sommes avec un très-profond respect et toute la vénération qui vous est due,

Monseigneur, de Votre Altesse Sérénissime les très-humbles et très-obéissanta servitenri. Le* Quëire-MinUirauXy Comeil ei communauté de la rntte de NeufchâteL

Le 28 février (style ancien) 1699.

Mandements ^^ ^ janvier, OR fit publier on mandement dans toutes les églises qui défendent ia pays par lequel on défendit de semer aucun bruit et de ne rien lA^nt^^cTdedîr^ ni faire qui fût préjudiciable et contraire aux droits de S. A. 1694. Madame la duchesse de Nemours, à la sentence rendue le 8 mars 1694, et à la compétence des Trois-Etats et droits de judicature qui leur appartiennent en semblable cas, à peine d'être punis comme séditieux et perturbateurs du repos public. On défendait encore à toutes sortes de personnes d'avoir ni entretenir aucune correspondance ni commerce, directement ou indirectement, par lettres ou autrement, avec ceux qui entreprennent de faire courir des bruits

Goc5gIe

et de tenir des discours tels qu'il est dît ci-dessus^ et ce sous les 1699 peines ci-dessus énoncées, etc.

Madame la duchesse de Nemours voyant que M. le prince de mm. de Ne- Conti avait pris les devants pour venir à Neuchâlel, alla aussi de- ^^^^^de^^^eô}, mander congé an roi pour se rendre en Suisse, afin d*y défendre en suisse. ses droits contre ce prince ; c'est ce que le roi lui accorda, à con- q„?e^iîf ^^^met dition qu'elle permettrait que la justice se fit entre le prince et elle d'observer. et qu'elle laisserait à la justice un, cours libre; qu'il serait permis à chacun de se déterminer pour l'un ou pour l'autre partie qu'elle ne destituerait ni ne punirait personne pour cela, et qu'elle n'userait d'aucun ressentiment contre les partisans du prince. C'est ce qu'elle promit au roi, mais elle l'observa bien mal, comme on le verra dans la suite.

La prittcesae ayant obtenu ht permission qu'eUe avait demandée, se mit en chemin. Pendant sa route, elle écrivît des lettres an pays, savoûr à la compagnie des pasteurs, an conseil de ville et à la bourgeoisie de Valangin, datées du courant de février, par lesquelles elle leur témoigne sa reconnaissance à cause de l'attachement qu'ils avaient pour elle, etc.

Madame de Nemours étant arrivée à Pontarlier, y resta quelques vœadeMad. jours pour se délasser des fatigues du voyage et pour y faire ses ^eNemonrsà dévotions, et en se prosternant devant l'image de la Ste-Vierge Marie dont elle portait le nom, elle lui promit par un vœu que si elle lui faisait gagner son procès, elle lui donnerait une somme d'argent. Il ne faut pas douter qu'elle n'ait tenu parole.

Enfin elle arriva le 13 mars par un temps très fftcheux de neige son arrivée à et de vents. Il est vrai qu'elle était portée sur une chaise. On ne Neuchâtei. put par ce temps si déplorable lui rendre tous les honneurs qu'on Les hoimenrs aurait souhaité et qui lui étaient dus ; cependant le conseil d'Eftal ^^'^^ ^^^ ^'^^' et pbsieurs du conseil de ville hii allèrent au devant; il y eut aussi 500 hommes sous les armes et on fil plusieurs décharges d'artillerie et de mousqueterie. Les Quatre-Ministraux la complknenlèrent à l'entrée de la ville et lui en présentèrent les clefs. Le lendemain les Quatre-Ministraux avec le conseil de ville allèrent complimenter la princesse au château.

Plusieurs parents de Madame de Nemours et prétendants à la suc-« piasieu» de cession (nonobstant le démembrement qu'elle avait fait de Neoehâtel "f* v^^^^ ar-

. , I. , /^ -s rivent avec elle.

en faveur du chevalier de Soissons) vinrent aussi à Neuehfttel, entre autres Jean-FVanQois-Paul de Bone de Crequî, duc de Lesdiguières, qui était accompagné de M. Louis-Nieoks de Neufville, duc de Villeroi, son cousin et son héritier présomptif. Jacques, comte de Matignon et de Torigny, arriva avec la princesse ; il était dans . une chtàêfi de poste, mais il la quitta à la porte de la viUe el monta à cbevat, marchaat à côté de la chaise de ta princesse jusqu'au château, oii

fom" £^?r^ïe8 ^^ ^^' ^^^^^ 4^'^' ^^^ ^ craindra que celte aflhire ne causât ^ tmf es ' ^ trooble en Suisse et appN»iant qu'il y avait 30,000 honmes chns

Page 1