‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 189 sur 264 · UVRE II. 360 CBAPITRE XIV · texte numérisé non relu

UVRE II. 360 CBAPITRE XIV

1699 tesUtions qu'elle faites et les assurances qu'elle offre pour jastifter la oonlraire par des effets bien opposés aux craintes que l'on veut donner de sa condaiie et de ses intentions.

Réponse an Les héritiers présomptifs de la souveraineté, après la mort de princê'^e conti Madame la duchesse de Nemours, firent une réponse la plus resde u part des pectueusc au prince.

som^^^de ^'^ déclarent hautement, ainsi s'exprime leur réponse, qu'ils seraient iocoa- Mad. de Ne- solables si on pouvait leur reprocher d'avoir manqué même dans la pensée à monrs. ce qu'ils doivent à S. A. S. Ils ont dans le cœur et dans la bouehe tout ce qn'ua profond respect peut imprimer, et en cela ils répondent aux intentions de leva ils nient d'être constituants. Hais ils défient hardiment toute la terre de pouvoir leur marquer les anteois 'des Q^e occasion où ils y ayent manqué. On s'assure même que s'il lui plaît de omlti calom- youloir pénétrer la vérité, il trouvera que tout ce qu'on lui a dit de désavantageux contre eux est purement l'ouvrage d'une calomoie flatteuse, qui sera suivie de son indignation.

Le manifeste de S. A. S. ne raisonne pas sur ses droits; il n'a poar objet que de désabuser les peuples et les cantons sur les bruits qui se sont répandus et de donner des assurances des grands avantages dont Elle veut favoriser le public et les particuliers, et assurer la liberté spirituelle. «> Les agents de Madame la duchesse de Lesdiguières et de Madame la maré-

chale de Villeroi n'ont en rien contribué à tous ces bruits qui font le siûet des plaintes de S. A. Ils sont persuadés que M. le prince de Conti a l'inclination bienfaisante et qu'il n'entreprendra jamais rien qui ne réponde à la générosité d'un grand prince. Mais ils ne peuvent taire qu'il y a quelque apparence qoe Reproches ceux qui lui rapportent ces bruits en sont les auteurs dans Ja vue de donner qu'on &it sur lieu aux plaintes publiques qu'on voit aujourd'hui et qui donnent occasion à

ces bmits. ^^ offres si spécieuses, etc.

Les offres du Les grandes offres qu'U fait ne sont pas des raisons pour établir on droit ;

prince de Conti elles ont leur temps naturel ; le devancer en cette occasion, c'est se méfier de

sence^de droit ** prétention et vouloir gagner les cœurs par une prévention qui supplée k ce

qui manque à la justice. Il n'y a personne qui ne fit toutes ces offres pour

gagner une souveraineté, etc. ; mais le titre de la libérahté peut^il effacer celui

de la nature et du sang?

La réponse que Madame de Nemours fit au Manifeste du prince et qui est intitulée: Réflexions sur un écrit intitulé: j, Manifeste de S. A. S. Monseigneur le prince de Conti^ est montée sur un autre ton:

Réponse Rien, dit-on, n'est plus recherché que le prétexte de ce manifeste; lesbmita

de Mad. de Ne- qi i^g lettres dont on y fait mention ne sont qu'une occasion affeotée de p»-

fMto'de' M. le ^^^^^ ^^ offres et des promesses pour éblouir les esprits, de méaie que des in-

princedeOontL vectives pour rendre odieux le gouvernement présent et pour faciliter par toutes

ces voies différentes quelque ouverture anx prétenti<ms de M. le prince de

Conti, dans un cas où il n'y en a point pour lui.

On aurait juste sujet de se récrier ici sur l'argent répandu et sur les autres pratiques qu'on a mises en usage dans la même vue; mais pour s'arrêter -à celles qu'on a employées dans ce manifeste, on ne peut s'empêcher de remarquer que ces voies sentent si fort la séduction qu'on croirait faire iiyure à M. le prinoe de Conti de les lui attribuer, et aux Etats du pays de les soupçonner capables de s'y laisser surprendre et de mettre leur fidélité i rencbère.

On les croit encore moins susceptibles des mauvaises impressions que l'auteur du manifeste a tflché de leur donner contre S. A. S. Madame la duchesse

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de Nemours, leur légitime Hmveniiiie; et l'on s'assure que la passion qu'on a 1699 fait paraître contre elle dans cet écrit et dans d'autres (*) produira un eiEet tout contraire à celui qu'on s'était proposé.

Pour entrer dans le détail de ce manifeste, on ne s'arrêtera pas A ce que dit son auteur au si^et des lettres sans nom dont il parle, puisqu'il avoue lui-même qu'elles ne méritent pas d'être relevées. On abandonne donc à ses conjectures et à ses menaces le fabricateur de ces lettres; et l'on y avait fait si peu d'at* tention qu'on s'étonnerait de les voir tirer de la suppression et de l'oubli où elles étaient depuis si longtemps, si on ne remarquait pas l'affectation qu'on a eue de s'en servir tant pour le dessein général du manifeste que pour prendre occasion d'animer les esprits contre S. A. S. Madame sur le prétendu refus de l'abri.

L'auteur vient après ce préliminaire à la discnssion de trois prétextes qui font la matière de son manifeste; ils roulent 1. sur les francbises, 2. sur les charges, et 3. sur la religion.

Il suppose d'abord qu'on est prévenu sur ces trois articles contre M. le prince de Conti; il fait auteurs de cette prévention des personnes de caractère sans les nonamer, il prétend que ce sont des gens assex connus, et lA dessus il fait une tirade d'offres et promesses à perte de vœ sous couleur de prévenir le public. Il fait parler M. le prince de Conti comme s'il était souverain de Neucbtftel, et ce qui n'est pas moins étonnant, il le lait parler en plusieurs endroits contre ce qui est de notoriété publique, surtout quand il peut s'en prendre A S. A. S. Madame. C'est ce qu'on va voir' dans la première des offres qu'on a faites.

Elle consiste dans le serment qu'il dit que le prince s'engage de faire, tel que les souverains de iVeuchâtel le prêtent ordinairement. |Mais il n'en est pas encore là ; une offre si anticipée surprendrait même si elle était faite pour éter la défianee qu'on pourrait avoir que M. le prince répugnerait A faire ce serment; mais ce n'est pas là le vrai but de l'auteur, il sait trop bien qu'une pareille défiance est imaginaire et qu'elle ne tomba jamais dans l'esprit de personne. Voici donc pourquoi il parle de ce serment; c'est pour reprocher à S. A. S. Madame gu*etU a refiué de le faire en fS9à et pour la rendre, odieuse et sus^ pecte A ses peuples. Mais Fauteur s'est trompéf il s'est couvert lui-même de la haine publique dont il a voulu charger la princesse ; car comment ose-t-il affir^ mer si hardiment un fait qui n'est point? Et à qui se propose-t-il d'en faire croire, si ce n'est peut-être à des étrangers, puisque tous les gens du pays savent le contraire de ce qu'il avance?

De cette supposition, l'auteur passe A uue autre , il dit que Madame de Nemours a plw fait dans cinq années contre les libertés spirituelles et temforeUes quUUe accuse M, le f^nce de Conti de wmloir violer, qu'il n'en avait été fait defuis un sièele.

Mais ce reproche n*est pas moins contraire A la vérité que plein de malignité ; car outre qu'on charge S. A. S. Madame d'une accusation contre ce prince qu'elle n'a pas faite, on ne peut sans injustice disconvenir qu'Eue n'a rien eu plus à cœur que de s'éloigner de toutes innovations odieuses et de toutes entreprises sur les libertés spirituelles et temporelles de ses peuples. Au contraire

*) CTest sans doute un écrit qoi a ùAt beaaooup de bruit, est qui est intitulé: GoalbrattiM été réOnisiH tant sur la isnaUsa «ne le eoBtitt de maria«e 4e M. le ebevaller 4e Soissois. H débute -ainsi: „Oeux qui parlent an nom de M. de Nemours soutiennent ce qu*elle désapnprouve et condamnent ce qu'elle a étabU." Cet écrit est très Ibrt, tourne en ridicule Mad. de Nemonis et ses partisans et les fait tomber en contradiction , Jusqu'à soutenir de conséquences de conséquences qu'elle n'est point souveraine du pays, n est trop long et trop mordant pour llnaérer loi au long. (^me de l.-F. Bope^

LIVRB n.

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