‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 19 sur 264 · LIVRE n. 40 CBAPITRE 1. — DE flEIflU H, DUC DS LONGUEVILLE · texte numérisé non relu

LIVRE n. 40 CBAPITRE 1. — DE flEIflU H, DUC DS LONGUEVILLE

1639 les oreilles, lui arrachèrent les yeux et firent des^choses que ta

pudeur ne permet pas de dire; enfin ils lui coupèrent la tête. Le duc

vengreance que Bernard de Weimar ayant appris cette action barbare en prit vengeance

tinrent st^ les d^uuo manière terrible. Quoiqu'il n'y eut que très peu de personnes

Bourrii^noii». coupables, cependant il y en eut un très grand nombre qui en

soufirirent; il avait d'ailleurs aussi des raisons de croire que sa fille

qui était morte trois ans auparavant, avait été empoisonnée par les

Bourguignons. Ce duc étant donc entré dans la Franche-Comté avec

son armée, brûla Hortaux et tous les villages et lieux voisins où

cette barbarie avait été commise. Pontarlier eut le même sort et fut

brûlée le 24 janvier 1639.

Les pauvres Bourguignons se réfugièrent dans les Etats voisins ; mais la fureur des Suédois était si grande qu'ils les y poursuivirent et dès qu'ils pouvaient en attrapper quelques-uns dans les comtés, n'osant pas les y tuer, ils les attachaient à la queue de leurs che-> vaux et les traînaient jusqu'en Bourgogne oii ils les faisaient passer par les armes sans faire grâce à qui que ce fût i>|partd^8ué- Aprôs Cette expédition les Suédois s'en retournèrent dans TAl- Briagau. gace et daus le Brisgau. On fut obligé de continuer à faii*e les tinuetu ^ïï' gardes sur les frontières des comtés de Neuchâtel et Valangin. comtés.^ Le 12 février 1639 le conseil d'Etat fit un arrêt ordonnant:

Diverses ordon- ^ ^ , . • , ,..,... * . ».t

nances da coii« 1. Que les tanneurs qui refusent un batz qn ils doivent à chaque foif qu ils

Tan en ^ exposent leur cuir à vendre sur un ban publiquement, seront contraints au payement par gagements et poursuites, sauf à les entendre dans leurs raisons Notaires. d'opposition. 2. Que les notaires seront sommés de rapporter les relations formellement ensuite de leur serment, et s'ils refusent, il y sera avisé plus outre. Abonnisse- 3. Que la dernière déclaration de S. A. sur les difficultés de l'abonnisteAieni Le recer'eur ^^ observée régulièrement. 4. Après Tan et jour expiré le receveur se mettra en^oss^on ®" possession réelle et actuelle des pièces taxées selon les formes usitées, et

, apr 8 Tan et subhastées à défaut de payement de censés, comme de bons acquis et dévolus, jour des pièces *^ *

l!^**b**^' Le dernier vendredi du mois de mars les Bourguignons vinrent guignons brû-' brûler le village de Renan au Val de St-Imier. Ce fut sans doute par lentEenan. i^^[j^Q contre la religion.

B6ie et Roche- La communauté de Bôle, qui allait faire sa dévotion avec les chent'de Bou- '^^^S®^^® ^® Boudry daus le temple de Pontareuse, s'accorda avec dryetobtien- |a communauté de Rochefort pour n'avoir qu'un même pasteur, '^^ur leurs "^Roct^cfort était avant ceci l'annexe du ministre de Boudry, ce qui églises, était fort incommode, les malades élaiil le plus souvent privés de consolation à cause de l'éloignement de leur pasteur, outre qu'ils n'avaient que peu d'exercices de piété. Ces communautés souhaitant donc d'avoir un pasteur et de se détacher de l'église de Boudry, elles en obtinrent, au commencement de cette année, le consentement de S. A. qui môme y contribua de quelque rente pour la Premier pcn^îon du ministre. On élut ensuite pour premier ministre de Bôle pasteur à Bôle. OU plutôt pour diacre de Boudry Samuel Ffory, qui fut installé pas-

nmcE DB 1IBUC0ATBL. 41 LIVRE n«

(eur des églises (le Bôle et de Rochefort le 5 mai 1639* Ul com- 1639 munaulé de Bdle bâtit pour lors son temple sur le four du village Tempie de et une maiscm de cure. Bôiebati.

Le prince Henri II, qui avait été envoyé en Piémont et qui Exploits du commandait l'armée du roi, forle de 12,000 hommes d'infanterie et P'^nwfm^t" de 4000 de cavalerie, y fit d'abord une heureuse expédition qui aurait été suivie d'autres iwrogrès, si le roi ne l'eût rappelé dès le "oSîV3mm!ïïfmois d'août, pour aller prendre le commandement de l'armée du guldouTeS dic de Weimar qui était mort à Brisach. ^^*wetaw?^*

Ce prince arriva à Colombier le 14 août, il s'y était rendu en npsMeàOobateau depuis Grandson. Personne ne sut son arrivée que le pro* lombier. cureur^général David Favargier, qui lui alla au devant, et comme S. A. avait pris beaucoup d'aOection pour lui, il hii conféra l'état ^^^}^ de noblesse et lui donna même un fief (*). maire Fav»r-

Quoique la peste fut fort échauffée à Colombier, le prince ne Libérantes du laissa pas que d'y séjourner jusqu'au 17 du dit mois d'août qu'il f^^^'^^^rfe en partit pour se rendre en Allemagne, après avoir fait de grandes de colombier, libéralités aux pestiférés du lieu. Il passa à Bâle où on lui fit de grands honneurs.

Louise d'Achey, épouse de François -Antoine de Neuchâtel, Mort de Louise, baron de Gorgier, mourut le 2 septembre et fut inhumée à Cressier. ^^^^l^ Elle était de la maison de Scey, une des phis anciennes de la d'Achey. Franche-Comté, et son père était baron de Maillot.

Le prince ayant l'année précédente accordé au trésorier Abra- FaTcnraccorham Chambrier le fief Grand-Jacques sous une condition onéreuse, J^ P^^îf

, /Vf * j P'*"^^ * Abra-

enleva cette réserve par un acte de cette année, a la requôle du homChamdit Chambrier, auquel S. A. promit qu'au cas de réunion du dit fief " '^"'• à son domaine, on restituerait le prix de l'achat au possesseur.

Le roi Louis XIII permît à Henri II de faire citer lé prince Le prince de Frédéric-Henri de Nassau par devant le grand-conseU de Paris pour ^^^*]^®y voir décider de la succession de la maison de Chftlons, touchant conseu de Pales biens qui dépendaient de la couronne de France, comme étaient ^^^{J^*^ la principauté d'Orange, les quatre baronnies qui relevaient du son de u prin- Daupfainé et les autres biens que la dite maison possédait dans le ^^^t^q^^ duché de Bourgogne. Ce prince était bien fondé à requérir que baronnies da cette succession fiit décidée en France, puisque les biens étaient ^***p^*^** sKJets k la juridiction souveraine du royaume. Il consentait, k la vérité, que les biens et les terres que cette maison (tosédait et qui étaient dépendantes de la maison d'Autriche, comme étaient celles de la Flandre et de la Franche-Comté^ fussent du ressoit du grandconseil de Malines où l'empereur avait renvoyé cette fameuse querelle entre les prétendants à cette importante. succession; mais lou*

(*) Sa noe a éié éteiote par la mort du mattre-bowrgeoîs Jean-Baptiste Favargier son petit-fils mort eu J 761.

LIVÎRE n. 42 CHAPITRE X. — DE HENRI II, E€C DE LONGUEVILLE ,

1639 jours sootenait-il qu'il n'était point de la compétence de ce dernier conseil de s'immiscer dans les questions de féodalité du royaume de France et de l'investiture des successions qui y étaient ouvertes. Droits dndac Et d^aiUeurs, quant au fond, de quel droit la maison de Nassau tw^^TOo&Bs-* s'arrogeait-t-elle la succession de Châlons puisque le duc de LongnesiondeChâions. vffle était desccudu d'Alix de Châlons, fille aînée de Jean de Châlons IV. (Y. les ans t416 et 1417.) D s'envisageait conséquemment comme le seul et légitime héritier des biens de la dite maison de Châlons et soutenait que Philibert de Châlons, dernier mftte de la maison, n'avait pas pu tester à son préjudice. Telle était l'opinion du prince Henri. C'est là une matière que les prétendants français à ia souveraineté de Neuchâtel (comme Mme la duchesse de Lesdiguières et H. le comte de Matignon descendus de la maison de Longueville) ont fortement agitée l'an 1707 pour soutenir leurs prétentions à la pleine souveraineté de cet Etat, et que M. le comte de Mettemicb, ambassadeur de S. M. le roi de Prusse, réfuta par les difiérents mémoires qu'il publia à cette époque. (V. l'an 1707.) Les sept cantons catholiques firent tous leur efforts pour rétablir Jean-Henri de Hochstein, évêque de Porrentruy, leur allié, dans son évéché, d'où, après avoir été chassé par les Suédois, il s'était retiré dans les châteaux de Bechbourg et de Dorneck. Us vinrent Traité pour le enfin à bout de faire un traité avec le duc de Weimar, peu avant dt^?é^u"Te ^^ ™^^' P^^ lequel cet évêque fut rétabli et rentra dans ses états Bàie. le 12 décembre. Le duc retint seulement, par cet accord, les forges et mines de fer de l'Evéché, pour avoir de quoi entretenir la garnison de Brisach. Il fit un testament par lequel il légua au roi Louis Xin toutes les villes qu'il avait conquises en Allemagne. Phénomène 80- Le 4 avril 1639, par un jour de jeûne, le soleil à son lever n^. ' ^ montra pâle et presque sans lumière ni rayons; il était couvert d'un voile de couleur incarnate et qui paraissait tourner avec rapidité autour de son centre; de derrière ce voile il sortait une nuée bleue qui, «près être devenue rouge comme du sang, tout autour du soleil, prenait une teinte jaune. Ce fut trois jours après la pleine lune que le soleil prit cet aspect. Il ne se trouva aucun astronome ni physicien qui pût donner quelque raison de ce phénomène. Vignes flreiées Huit jours après toutes les vignes gelèrent à la veille du grand âu moted'avru. vendredi, qui était le 12 avril, et après la gelée les bourgeons qui Cherté, étaient déjà avancés séchèrent. U y eut une grande cherté el une Contagion sar pesto dans toule la Suisse; la contagion attaqua les bêles comme le bétau. 1^^ hommes. L'été fut fort pluvieux ce qui nuisit aux fruits de hi terre.

Vente dn vin La vente du vin se fit à Neuchâtel 200 livres le muid, 40 livres fbrt élevée, ig g^^jg q^ ^^ vendit dans ia suite jusqu'à 230 livres le muid.

PR1NC& DE NEVCHATBL. * 43 LIVRE IL

Le 3Ô janvier 1640, Frédéric -Henri de Nassau fit son testa- 1640 ment par lequel il instituait pour son héritier son fils Guillaume, ses p^^cêTe^Na*enfants et descendants légitimes, et à leur défaut il leur substitua san d'où le roi Louise, sa fille aînée. Cesl sur ce testament que s'est fondé S. M. le thi^g^tou à roi de Prusse, pour prétendre, comme il l'a fait l'an 1707, à la i« souveraineté succession des biens de la maison de Nassau, Chftlons - Orange. *®^®"^*^*- Comme la maison de Nassau avait succédé à celle de Châlons par un testament du 3 mai 1520, de même la maison de Brandebourg a succédé à celle de Nassau par le susdit testament du 30 janvier 1640, S. M. le roi de Prusse étant descendu de la susdite Louise de Nassau, après que la postérité ou les descendants mftles de Frédéric-Henri de Nassau, testateur, eurent été entièrement éteints par la mort du roi GuQlaume son petit-fils. (Y. les ans 1584, 1618 et 1702.)

On chercha à établir cette année 1640 le canal d'Entreroche ^^^'^ d'Entreau Pays de Vaud. Des marchands hollandais, avec M. Turretin dep^yj^de vwid. Genève, en furent les entrepreneurs. Ce canal doit joindre les deux rivières de la Venoge et de la Thielle, et par ce moyen réunir aussi les deux lacs de Genève et de Neuchâtel^ dont le premier décharge ses eaux dans la mer Méditerranée et le second dans la mer Océane.

Par une sentence des Trois Etats du 6 juin 1640, il fui arrêté ^^^ que ceux qui se transporteraient sur des pièces taxées ou 8ubha«^ sentence tées pour juste dû, 'sans qu'il fût survenu aucune interposition ^«•^^*^<^^« légitime, et desquelles taxes et subhastations il y aurait lettres judi- ^^^oa^»^ ciaii'es dressées après défense faite de TafiGcier de ce faire, ou qui p*^* ^^ p**" s'empareraient de meubles et effets taxés comme dessin, devraient être mis en prison trois jours et trois nuits et payeraient un ban accou- ohfttiment. tumé pour la première fois; et la seconde ils subiraient le double et la troisième fois un châtiment exemplaire suivant l'ezigefice du cas* suppliant M. le gouverneur de faire émaner un mandement aux ot-* ficiers d'y tenir la main à peine de repréhension, et de les filtre afficher et publier aux lieux requis.

Et sur les abus remarqués aux poursuites des sieurs receveurs, Leareoevean il est supplié de leur ordonner d'user des formalités requises et ^^^i subhMtT* usitées d'ancienneté, avec désignation des sommes pour lesquelles ^*<»« dotrent elles se font, et qu'il lui plaise d'ordonner que pour cette fois et aomme^due. sans préjudice des droits de S. A. ses sujets soient reçus à feire réemption en quelque temps que ce soit durant l'an et jours, en rendant principal, intérêts et dépens raisonnables, et qu'aussi ils soient reçus en opposition sur dites subhastations. Par extrait des registres et manuel des Etats^ signé par le secrétaire des Etats, Nicolas Tribolet.

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