LIVRE U. 410 CHAPITRSXIV. — habis d'obléans
1699 en consistoire, oulre qu'elle n'était ponit groMe (*). C'est pooripioi il priait qu'on la visitât; ee qu'on loi accorda. Il demande quo On conduîsit essuite Madeleine Locp chez un partieuber e«K«u Lo^t^if vbi- ^^ ^' (Sirard, où on la fit garder aux dépens de la seigneurie. tée. M. Girard alla le même jour prier H. le maire de la ville qu'elle fût incessamment visitée; qu'il désirait de se justifier, et qu'il appréhendait qu'on ne la fît évader. Cependant on ne voulut pas le lui accorder le même jour. Le lendemain elle se trouva éclipsée; on L'aocii8atric6 Tavait Conduite autre part pendant la nuit On accusa H. Girard de 'Gte^'ertac?' l'avoir fait évader, mais il offrit de se déclarer par serment, lui et coBé de ravoir tous SCS parents et amis, qu'ils n'y avaient en rien contribué ; ce
fait évader. ,.i c \ ui- » • .•
qu ils firent publiquement en justice.
La Classe con- La vénérable Classe ayant appris l'accusation que Madeleine Loup raiS^de Mphîs ®^**'^ portée coutre M. Girard, sans attendre le succès de cette accuprêcher. sation, lui envoya dire par M. le diacre de Yalangin qu'elle lui conseillait de ne plus exercer les fonctions de son ministère jusqu'à ce qu'il se fût justifié; ce que M. Girard regarda comme une défense de prêcher, et ce qu'il observa aussi exactement jusqu'à ce qu'on eut levé ce conseil. La Classe défendit en oulre à tous les minisires du pays de le laisser prêcher.
Pré^ngé légri- M. Girard, qui avait pour lors soixante-sept ans, exerçait le mi-
*deV Giwd"*^ "'^^^^^ **^P"'^^"^^**"^®~^^"^ ^"^ (y- 1708); el on peut bien juger
qu'à cet âge, et surtout un ministre qui avait vécu d*une manière
exemplaire, on ne peut guère être sujet à se livrer à une vie aussi
inllBIme que d'entretenir un commerce avec une créature comme était
son accusatrice.
Madeleine Quelques jours après l'évasion de cette malheureuse, savoir le
^n^F^L^^*^ 27 juillet, elle se trouva au Russey dans la Franche-Comté, où un
Comté, oiL on homme du Locle et une fiUe nommée Lucrèce Frasse la conduisirent,
I avaitconduite. ^ ^^ plusieurs pcrsonucs du Locle qu'il n'est pas nécessaire de
nommer, se trouvèrent le lendemain de la part du gouverneur de
Elle est soiii- Moutot poitr la soUicitor à y confirmer l'accusation qu'elle avait faite
mer^on^^Mcn- ^ntre M. Girard et ce en la présence du procureur d'office de ee
sation. Ueu-là, auquel les dits du Locle promirent (**^ quinze pîstçles pour
avoir de hii un certificat de la confimation de cette accusation. La
dite Lucrèce Frasse devait la conduire sur les terres de Hontbéliard
dans la maison d'une sienne tante, po«r y être cachée, afin que
M. Girard étant accusé, sans qu'on pût la trouver pour TobUfer à
ae rétracter de ses fausses accusations, il fût par ee «oyen hors
d'élat de se justifier.
(^) Comme en effet on remarqua qu'elle s'était Tait un ventre postiche, les linges qu'elle avait plies et mis sous ses habits, étant tombés dans l'antichambre do consistoire. — (Note de Fauteur.)
(♦•) Ce qai fut fWl.
J>UG0B88S DE NBMOITRS. . 411 LIVRE IL
I Mais M. Girard ayani 99fti8 qu'on avait eondoH Madeleine Loup 1699
daa9 ce liett-là, y envoya prompiemetit un homme, qui obliirt qu'elle apjîin^*5ù'tue I fût mise en arréi el conduite à Pontarlier. Là elle fut assermentée, f^^f^^ett^
, interrogée par le magistrat et visitée par des médecins et des / PoûSâter
i matrones. Elle y déclara qu'elle n'était point grosse, qu'elle avait ®i}?eî|o"Î^St
^ fait tort à M. Girard, et découvrit tout le complot qui avait été tramé p«""' enceinte.
; à Neuchâtel contre lui. Le procès-verbal qui y fut fait les 12, 13
f et 18 du mois d'août nomme plusieurs personnes considérables qui
, avaient trempé dans une action aussi noire et aussi honteuse, dont
on a eu et vu les originaux, et que l'auteur de cette histoire a supprimés, quoiqu'il les ait eus en mains.
M. de Béâmes, gouverneur de Pontarlier, fit conduire cette mal- Eiieesttnms- I heureuse dans les prisons du Château de Joux, où elle fut jusqu'au «ÎÎJ^^JSS.
\ mois de juin de l'année suivante. Ayant fait foire deux copies du teaudeJoux.
[ susdit procès-verbal, le gouverneur de Pontarlier en envoya une au
roi et Fautre à M. Girard.
t M. Girard présenta la sienne au doyen de la compagnie des pas- m. oirard en
f teurs à Neuchâtel, comme étant un acte authentique de sa justifica- ^J^^a^end!^
tion; mais le doyen ne voulut pas la recevoir, parce que cela était la classe, qui ne hors des mains de la Classe. S'étant ensuite adressé à la compagnie, ^^"*JS"|^ '^*' f M. Girard fut renvoyé en consistoire, parce que, dit-on, l'accusation La classe le
f y avait été portée. M. Girard y ayant comparu, on lui répondit qu'on comSirerqui
r laissait les choses où elles étaient; et par ce moyen il Ait obligé i&iMeieschoses
t de continuer à s^abstenir d'exercer son ministère, ensuite du con- *°*quo'
I seil qui lui en avait été donné par le consistoire.
S. A. S. le prince de Conti ayant appris la destitution de ML Gi- sur la dé-
rard, en alla informer le roi, qui ordonna à Madame de Nemours p^^^^^^^^^,
qu^ensuite de la promesse qu'elle lui avait faite de ne destituer per- le roi demande
sonne, elle devait rétablir Girard. C'est pourquoi elle écrivit au con- mônî» de^rSa-
9eil d'Etat une lettre , datée du 30 juillet et dont voici la teneur : bwr m. Girard.
Chers et amés!
Nous aurions cru que vous déféreriez à ce que le sieur de Monlek vous di- Lettre de Mad.
sait de notre part pour faire rétablir le sieur Girard suivant les ordres du Roi. *** ^^^î? *" r. j . XI • u conseUd'EUt
Cependant nous apprenons que vous vous en éloignei beaucoup ; ce qui nous ^^^ gQi^ ^^ ^^
fait une extrême peine, et nous oblige de vous écrire celle-ci pour vous mar- ministre, quer combien nous souhaitons ce rétablissement, combien nous avons intérêt qu*il se fasse pour ne pas déplaire à S. M., qui croit qu'il dépend de nous; ou au moins que voua vous conformerez à nos sentiments, pour ôter à M. le prince de Conti le préteite dont il se sert pour nous rendre toutes sortes de mauvais offices auprès de S. M. Vous avez trop d'affection pour nous, pour ne pas prévenir toutes les fâcheuses affaires que cela nous pourrait attirer.
Nous espérons donc que vous nous en donnerez des marques dans cette occasion, en vous conformant aux intentions du Roi et aux nôtres.
Nous prions Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.
Votre bonne amie MAaii.