‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 207 sur 264 · LIVRE n. 412 CHAPITIOÏ XIT. — MAIIB D*0ftLBAN · texte numérisé non relu

LIVRE n. 412 CHAPITIOÏ XIT. — MAIIB D*0ftLBAN

1699 M* de Puysieulx, ambassadeur de France, ayant reça ordre da

roi d^agîr vigoureusement ponr faire rétablir M. Girard, écrivît aussi à ce sujet au conseil de ville une lettre ainsi conçue:

Messlenre, Lettre de M. ^^'^ écrit, il y a quelque temps, par ordre du Roi, au conseil d*Etat de la rambassadeor ville de Neucbâtel au sujet de la destitution àm sieur Girard, et pour lui faire de FrMce au connaître le siyet qu'a S. M. de se plaindre de ce qu'au préjudice de la parole ^^snr le même ^"' '"' "^^'^ ^^^ donnée par Madame de Nemours de ne permettre aucun cbaasiUet. gement, tant dans la ville que dans la seigneurie, à ce qui était établi avant son démêlé avec Mgr. le prince de Conti, mais d'ordonner le rétablissement des officiers qui ont été destitués, on n'a pas laissé de continuer la procédure intentée contre le dit sieur Girard, quoique commencée immédiatement dans le tenps que les contestations d'entre Mgr. le prince de Conti et Madame de Ffemoars étaient les plus échauffées.

Comme le Roi est dans les sentiments de n'admettre aucune des choses contenues dans tons les mémoires qui lui ont été présentés sur cela, et qu'il semble que les offieiers de la seigneurie se disculpent sur ce que leur autorité ne s'étend pas jusqu'à réformer ce qui a été fait contre le dit sieur Girard, cela a fait juger à S. M. que cela devait vous regarder.

Elle m'ordonne de vous faire savoir que vous ne devez pas perdre la mémoire de ce qu'elle a bien voulu faire chez vous ponr rétablir la tranqniliité dont vous jouissez présentement, et qu'elle vous a procuré en rappelant tous les prétendants ; que vous ne devez pas perdre le souvenir de la principale condition qu'elle a prescrite, lorsqu'elle a voulu bien terminer les différends de votre ville par le retour des prétendants à la souveraineté; que suivant cette condition toutes les poursuites devaient cesser et les animosilés particulières des différents partis n'avoir aucune suite.

Raisons que le H paraît peu, par tout ce qui s'est fait contre le dit sieur Girard et ploaieurs roi avait, autres, que cette condition soit accomplie, et il est certain que S. M. voyant intenter des accusations contre ceux qu'on regarde comme suspects au gouververnement présent, il lui est facile de reconnaître en tout cela le peu de déférence et de reconnaissance que l'on a pour les soins qu'elle a bien voulu prendre dans ce rencontre. Elle n'a pas laissé, aussitôt qu'elle a été instruite des procédures faites contre le dit sieur Girard, d'avertir Madame de Nemours que son intention était qu'elle les fit cesser. Mais comme cette princesse prétend qu'elle n'y a pas l'autorité, S. M. m'a ordonné de vous écrire, pour savoir si c'est à vous (j'entends à la Ville), qu'elle doit se prendre de la contravention apportée présentement à ce qu'elle avait eu la volonté de régler pour votre propre repos et rétablissement de la tranquillité publique.

Sur quoi j'ai ordre d'attendre votre réponse, pour avoir l'honneur de lui en rendre compte. Mais elle me recommande en même temps d'ajouter que vous ne devez pas compter que de pareilles excuses puissent la satisfaire; qu'en qui que ce soit, l'autorité ou de Madame de Nemours ou de votre ville ou de qui que ce puisse être, elle saura faire ressentir A ceux qui y auront part les effela de son juste ressentiment, si les contraventions apportées à ce qu'elle a réglé, ne sont incessamment réparées; et qu'en conséquence le ministre Girard ne soil rétabli, et que les procédures faites contre loi bu contre d'iutres en haine de ce qui s'est passé, ne soyent entièrement supprimées.

Je satisfais en cela k ce qu'il a plu au Roi de m'ordonner, en vous priant de me mettre bientôt en état d'en rendre compte à S. M.

La connaissance que j'ai de votre prudence* me donne lieu d'espérer que par votre réponse favorable et conforme aux intentions du Roi, vous me des*

occflBSfiB DB iiraiouiis. 413 UYBB U.

Beres lien d'adoucir son ressenthneot pur let oCBces que je posmi tous rendre J609 de na part les plus efficaces , ayant ejOrémement à coMir de vous marquer dans cette occasion et en d'autres le désir que j*ai de vous témoigner mon affectioo, et qne je suis votre très affectionné à vous servir

A Soleure le 2 août 1699. Putsibulx.

Le conseil de Tille n*flyant pas donné à M. rambassadeur la sa- La réponse du lisfaction qu'il attendait, par un mémoire que le consefl lui avait ^"J^^^^^^ envoyé en date du 5/14 août, ce dont S. E. avait donné avis à S. M., M.ramiM8Sft- Je monarque n'en étant pas content, lui ordonna d'écrire encore une ^^^' fois à ce conseil^ ce que H. Tambassadeur fit en ces termes:

Messieurs,

Le Roi me fait Tbonneur de me mander qu'il a fait dire de nouveau à Ma- Seconde lettre dame de Nemours que si elle n'était pas assez autorisée dans votre ville pour ^® ^- Tambasfaire incessamment rétablir le ministre Girard, S. M. lui donnera des troupes -i^^d^TmeT' pour se faire obéir, et qu'Elle lui nommera un gouverneur qui saura faire exécuter les ordres que cette Princesse doit donner comme souveraine, si M. de Montet ne suffit pas pour cela ; mais qu'il était absolument nécessaire qu'elle acceptât l'une ou l'autre de ces deux propositions, si on refusait encore dans votre ville d'annuler tout ce qui a été fait contre le ministre Girard et les procédures qui ont été faites contre lui, parce qu'ayant été plusieurs fois rebattues, il est inutile de les répéter, m'ordonnant même pour l'avenir de ne lui en plus rendre compte. C'est pourquoi il est à propos que vous me fassiez, s'il vous plaît, une réponse positive sans aucun retardement, pour me mettre en état d'informer Sa dite Majesté de votre intention.

Je suis, Messieurs, votre très affectionné serviteur.

Le 23 août 1699. Putsueulx.

Le conseil de ville ayant oommimiqué cette lettre au canton de Le conseu de Berne, LL. EE. prirent la résolution d*envoyer des députés * Nen- ^^ceSeT^ châtel, pour y prendre des informations au sujet de l'affaire du dit àBeme. sieur Girard. Ils en écrivirent aussi aux cantons protestants, qui s'assemblèrent à Arau pour délibérer sur cette difficulté.

M. Girard voyant que la dernière lettre de l'ambassadeur ne pro- , dnisait aucun effet, et qu'il était toujours suspendu, désira ^^'«ivoir ' ^^^^ ^^ ^^^^ un témoignage authentique de la déclaration sermentale qu'avait faite powoes^tet. Madeleine Loup et de la faire imprimer, quoiqu'à la confusion des magistrats qui avaient malvjersé dans cette affaire, il envoya pour cet effet à PontarKer M. Favargier, procureur de Valangin, son parent, qui y obtint le certificat suivant, lequel fut imprimé et rendu public, ce qui consterna ses ennemis, d'autant plus que par cette publication ils ne purent plus en imposer à qui que ce fût, et qu'ils n'osaient même plus en parler.

Cerlificat obtenu par M. D. Girard. Les bruits qu'on a répandus contre le sieur Girard, ministre de Neuchàtel, et But que M. 01les fausses accusations dont il a été chargé, obligent de donner au public la rards^est prosentence justificative que le juge de Pontarlier a prononcée sur la non grossesse ^^^'^' de Madeleine Loup, qui avait été subornée et induite à accuser le dit sieur Girard d'être grosse de ses œuvres. Cette pièce sera bientôt suivie des prooédurea

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