‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 209 sur 264 · LIVRE n. 416 CHAPITRE XIV. — MARIE d'ORLÉANS · texte numérisé non relu

LIVRE n. 416 CHAPITRE XIV. — MARIE d'ORLÉANS

1699 dit qu'à la vérité on avait une fois rétabli un mimstre suivant la volonté de Madame de Longuevilie, mais que ce ne fut qu'à la considération des grâces qu'elle fit à la Classe, etc. La Diète Les quatre députés de Neuchâtel s'étant retirés, les autres res*

se sépAre sans t, «v.» • % a r\ « m r»^^ «^

donner aucun tarent. Cette Diète se tmt le 19 septembre 1699. Et elle passa en-

conteotement , ....

au roi. core sans donner aucun contentement au roi. On faitnntroi- Au mois d'août 1699 on établit à Neuohfliel un troisième ministre, ^^^*^^ parce que cette église devenait trop nombreuse, et que deux pason ne rétebiit teurs 6t uu diacro ne suffisaient pas pour faire le service divin, les pas M. Girard, proches, Ics prièrcs et la conduite de régliae. C'était là une beiie occasion toute naturelle de rétablir M. Girard sans faire sortir M. Ostervald. On apporta pour lors du changement au gage des ministres; pour établir la pension de ce troisième, on leur retrancha à chacun un muid de froment et un nuiid de vin, en considéraiioR que leur peine serait diminuée, et oa apprécia les sept moids de vin restants à six crulz le pot.

Le ministre Au mois de septembre, des députés de Berne arrivèrent à Neo- ^'îo^l*** châtel au sujet de l'affaire de M. Girard , lequel ne put pas encore être rétabli, M. Ostervald qui occupait sa place étant soutenu par la seigneurie, par la Classe et par le conseil de ville.

H. l'ambassadeur écrivit aux députés de Berne qui étaient à Neuchâtel une nouvelle lettre, dont voici la teneur:

Magnifiques Seigneurs,

Lettre de l'am- Comme les ordres que vous avex de voire louable Canton pour exanHner los

bassadeor difficultés qui sont i Neuchâtel sur le rétablissement du ministre Girard, vow

^'^Bm "*^i ^* ™c*'f<wit en état de ne rien ignorer de tout ce qui sera nécessaire et qui se

étaient à Nen- ^^^^ passé à cet égard, et que j'ai reçu de nouveaux ordres du Roi sur cette

chàtel. affaire, j*ai cru vous en devoir informer.

S. M. me fait l'honneur de me marquer, par sa dépêche du 11 de ce mois, qu'ayant tons les éclaircissements nécessaires sur tout ce qui s'est passé i c«t ^ard, il est non-seulement inutile de lui en donner de noaveaax, mais que s'S m'en était proposé, tant de la part du gouvernement que de la part de la ville de Neuchâtel, Elle me défendait de lui en envoyer aucun. S. M. ijoote qu'ils ne doivent pas croire que les paroles les justifient dans son esprit lorsque les effets sont contraires; ses résolutions étant prises là-dessns et ayant décidé ce qu'Elle avait à fhire, s'ils ne corrigeaient pas par un prompt repentir leur co«dmte précédente, ils ne doivent pas attendre que S. M. les avertisse per des menaces de ce qu'Elle croira à propos de faire à leur égard.

Je ne sais pas le temps ni les moyens dont Elle se servira: les effets de son ressentiment peuvent être éloignés et peut-être sont-ils très prochains; aussi je n'ai d'autre souhait à faire en leur faveur que de désirer qu'ils sachent les détourner en prenant des résolutions conformes à tout ce que je leur ai déjà . mandé de la part de S. M., qui n'a d'autres vues que de maintenir la paix et la tranquillité dans leur ville. Je ne doute pas que vos exhortations ne leur soyent utiles, et je le souhaite de tout mon cœur.

Je prie Dieu qu'il vous maintienne, Manignifiques Seigneurs.

Votre affectionné à vous servir Du 20 septembre 1699. Pdtsibvlx.

DUCHESSE DE NEMOURS. 4l7 LIVRE U.

I M. rambassadeur appréhendant que H. Girard ne fttt sollicité par 1699

ces députés ou autres à faire un accommodement et à consentir à f prendre une cure à la campagne, fit écrire à M. Merveilleux, maire

} de la Brevine, par un de ses secrétaires la lettre suivante:

L'on apprend ici, Monsieur, que l'on travaille à Neocbàtel à inciter le ministre Lettre du seoré- Girard à s'aecommoder sur ton rétablissement. Il doit être si peu le mettre de .^^[f,^* ^'Tiûi cela, que Ton aurait lieu de s'étonner s'il entrait en aucune manière en com- Merveilleux position, d'anlant que cela ne doit pas dépendre de lui, qu'en le contentant pour empêcher «omme l'on publie qne l'on prétend de faire, ce n'est pas pour satisfaire le roi, que M. Girard parce que la satisfaction ne réside pas en la personne de M. Girard, et qu'en ^^^^ ^^ contentant S. M., il ne saurait manquer de l'être. Ainsi j'estime, Monsieur, qu'il |^ giemie. est i propos qne tous ses parents, amis et bien intentionnés pour le repos de la patrie l'empêchent d'entendre à aucun autre accommodement qu'à son rétablissement pur et simple et sans aucune condition, parce que, la cbose étant autrenaent, il y a lien de douter que Messieurs de Neucbàtel soyent k couvert d'un ressentiment de S. M.

J'ai cm vous devoir donner cet avis, afin que l'on en profite, pour éviter le danger que l'on court si les choses ne se font pas suivant que le roi l'a prescrit.

Je profite avec plaisir de cette occasion pour vous assurer que je suis toujours très parfaitement Monsieur, etc.

Soleure le 23 septembre 1S99.

P. DS RoiTTi.

P, & Son Excellence s'est assez bien expliquée à Messieurs les députés des cantons protestants, et elle l'a fait assez haut et publiquement pour que personne ne l'ignort.

Les amis de M. Girard ayant vu cette lettre, Tempéchèrent d'accepter une des meilleures cures de TEtat que les députés des cantons lui offraient y et il n'osa pas en agréer une autre que la sienne.

Le gouvernement de Neuchâtel, désiraii d'être sotHenn dans l'a^ Le eronvemefaire de H. Girard , envoya des officiers à toutes les communautés ^^^rvl^ pour les solliciter de soutemr la destitution. C'est ce que firent une descommunaupartie des communautés de l'Etal; la raison n'était pas qu'il eût eu ^^®^'^^' «a enfant iUégitinei chacun savait qne c'était une pure calomnie; mais on tfîsail aix conmuniantés, pour les inciter oomlre H. (xirard, qu'il avait signé qu'U était du sentiment qu'on fU Justice à M. le prince de Conti, ce qu'on regardait alors comme un crime d'Etat.

Les trois semaines de terme que le roi avait données à Mad. de Le roi renvoyé Nemours pour faire rétablir M. Girard étant écoulées sans que rien eût ^^"^emSInf été exécuté, S. H. lui envoya faire de nouvelles menaces, et si Fortes que cela l'obligea à écrire une nouvelle lettre i son conseil d'Etat de Neuchâtel, dans laquelle il y avait entr^autres ce qui suit:

Pour kl ville et les ainires de Girard elles ont changé et aoni cent fois kouyeUe lettre

pires qu'elles n'étaient. M. de Torcy me vint trouver hier de la part do Roi *® ^^^' ^^^^

mours au con»

pour me dire que S. M. voulait absolument que le dit Girard fdt rétabli. Je lui ^^ (i*£tat sur

répondis que je ne demandais pas mieux, puisque le Roi le souhaitait ; que j'a- raflisire du mlvais fait tout mon possible et que je le ferais encore; que si l'aAiire avait dé- nistre Girard, pendu de moi, il y aurait longtemps que cela serait fait; mais que je n'avais A19NALB8 DB BOYVE. TOME fV. 27

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