‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 210 sur 264 · LIVRE IL 418 CHAPITRE XIV. — marie D*0RLÉAN · texte numérisé non relu

LIVRE IL 418 CHAPITRE XIV. — marie D*0RLÉAN

1699 P" Texécoter. 11 me dit que si je ne le pouvaû, le Roi mettrait un gouverneur à Neuchâtel, et qu'il me donnerait ses troupes qui le leur feraient bien faire. Je pleurais beaucoup avec lui, et lui dis que j*étais bien malheureuse que Ton t*en prît à moi de ce que je ne pouvais pas ; que je ferais encore tout mon possible. Or, vous voyez où vous êtes réduits, et moi aussi, si le malheureux n'est rétabli. Lisez ma lettre au conseil d'Etat, au conseil de ville et à la classe, pour leur faire voir que leur perte est entière et la mienne aussi s'ils n'y remédient; que quoique je doive demander à Meuchâtel, que je le leur demande cette grâce, et que s'il y a quelque chose en cela qu'ils ne trouvent pas de ma compétence, qu'ils passent par dessus pour ne pas aigrir le Roi, et causer leur entière destroctioo et la mienne.

Voyez où vous vous mettez et où je suis réduite, puisque je remets tout ce que je puis avoir contre cet homme; remettez lui aussi pour le salut de votre patrie et pour votre souveraine. Si vous avez de l'affection pour moi, vous le devez le témoigner dans cette occasion.

M. le prince de Conti est ravi de votre résistance, et je ne doute point qu'il n'y contribue sous main pour se plaindre de moi. M. de Torcy me dit aussi qu'on avait dit au Roi que j'avais mis dans le conseil d'Etat, en la place de celui qui est mort, un qui est ennemi du Roi. Et faut que vous sachiez que je n'ai dit à personne du monde qui j'y voulais mettre, et que même je n'y ai guère pensé. Dites que M. le prince de Conti ne perd point d'occasions pour ma nuire, et si Dieu ne m'avait assistée, voyez où j'étais réduite.

Cette lettre est encore plus pour Neuchâtel que pour vous; faites votre possible, et n'oubliez rien pour faire rétablir cet homme, etc.

(Sig.) Marie.

La princesse n'ayant pas pu obtenir le rétablissement de M. Girard par cette lettre, parce qu'on savait bien à Neuchâtel qu'elle ne le souhaitait pas et qu'on se flattait que le roi n'exécuterait pas ses menaces contre un si petit Etat indigne de la colère d'un si grand Le roi veut que monarque, le roi lui envoya dire qu'il lui ordonnait de destituer le ^ destitoc g^^vemeur et qu'elle n'en devait point rétablir d'autre que par son leffouTemeor Consentement. Elle donna alors le congé à M. de Montet, qui fut de Montet. Q^Ug^ Je quitter son gouvernement

Elle écrivit bientôt après une autre lettre au conseil d'Etat et

une au conseil de ville, datée du 30 octobre (nouveau style), par

laquelle elle leur marquait qu'elle avait chotsi pour gouverneur de

EUe étabut M. Neuchâtel M. François Henri de Stavay Mollondin, qui fut installé le

^uvOTew^ 12 novembre. D était auparavant lieutenant de gouverneur. Elle

le flis de M. de marquait en outre au conseil d'Etait qu'elle avait été obligée à son

JîSdego^. grand regret de destituer M. de Montet; ma», pour le récompenser,

nenr. elle établit Laurent de Montet, son fils, lieutenant de gouverneur,

lequel fut aussi installé le susdit jour 12 novembre.

Le roi obligea la princesse de congédier M. de Montet, parceque,

pour se disculper, elle avait jeté toute la faute sur lui dans l'affaire

de M. Girard.

i^M^tona Les députés des cantons qui avaient été à Neuchâtel, étant de

c^l^Mde^ retour chez eux, portèrent les cantons protestants à écrire une

roi. lettre au roi, datée du 10/20 octobre, pour lui recommander les

DDGHEgSE DE NEMOURS. 419 LIVRE IL

gens de Neuchàlel, qai s'opposaient toujours au rétablissement de 1699 H. Girard.

Voici la réponse que Louis XIV fit aux cantons:

Aux louables Cantons de Zurich, Berne, Bâle ei Schaffhouse,

Louis, par la grâce de Dieu, roi de France et de Navarre. Très chers, grands amis, alliés et confédérés,

Si vous aviea été aussi sensibles, comme vous nous le marquez par votre lettre Réponse de du 10 d'octobre, h la résolution que nous prîmes le printemps dernier pour pa- ^^ ^^Jm^ cifier les troubles de Neuchâtel, la joie que vous en ressentiez alors doit être ^^^^ une raison pressante pour vous porter à prévenir tous les incidents capables de faire naître de semblables troubles. Nous les avions apaisés, autant qu'il dépendait cle nous de le faire, en rappelant les prétendants à cette Principauté, à la condition que nous leur imposions de n'inquiéter désormais personne sous prétexte d'avoir été dans l'un des différents partis. C'était la voie la plus assurée que l'on pût prendre pour empêcher que la tranquillité que nous rendions à cette ville ne fût interrompue. Si cette condition avait été promptement observée, vous ne seriez pas dans l'embarras de justifier auprès de nous la conduite de ceux de Nenchàtel; et nous sommes persuadé qu'il est impossible que vous l'approuviex dans lé temps même que vous intercédez pour eux. Nous avons vu clairement que la destitution du ministre Girard était le pur effet d'une vengeance , qu'il n'est plus permis d'exercer après la parole que nons avons reçue qu'il ne serait fait ni de recherches ni de poursuites contre personne.

Nons ne pouvons douter que le motif de la religion que vous professez et que ceux de Neuchfttel vous allèguent , ne soit un vain prétexte dont ils prétendent se servir, peur déguiser ce que l'aniroosité particutière a produit au préjudice de l'intérêt général de cette ville. Ainsi nous atons lieu d'attendre qu'après avoir pénétré la vérité, vous reconnaîtrez enfin qu'il est plus à propos, pour l'intérêt même de ceux de Neuchâtel, de les porter par vos conseils â nous donner la juste satisfaction qu'ils n'ont que trop retardée, plutêt que d'employer auprès de nous des offices que nons voyons à regret que vous interposez inutilement.

Vous êtes vous-mêmes trop équitables, pour ne pas juger, qu'après avoir rappelé les prétendants sur le fondement de la parole donnée qu'aucun de ceux qui avaient favorisé leurs intérêts à Neuchâtel ne seraient inquiétés, la justice que nous devons également â tous ne nous permettait pas de leur refuser la permission de recommencer la poursuite de leurs droits, si quelqu'un d'eux la nons demandait présentement, voyant que la parole donnée n'est point accomplie. Nous ne doutons pas que vous ne fassiez snr cette aflhire toutes les réflexions que votre sagesse et votre prudence vous dicteront; et vous devez être persuadés du véritable désir que nous avons de vous donner en toutes occasions des marques de notre affection et de notre attention à la perpétuelle observation des anciennes alliances avec le Corps Helvétique.

Sur ce nous prions Dieu qu'il vous ait, très chers, grands amis, alliés et confédés, en sa sainte garde. .

Ecrit à Marly le 5 novembre 1699.

(Sig.) Louis, et pins bas Colbert,

M. Tambassadeur envoya cette lettre aux cantons protestants et Lettre de m. il leur écrivit en même temps ce qui suit: ra^^SmtwM!'

n a pin au Roi de me fsire l'honneur de m'adresser la réponse à la lettre que vous avez écrite à S. M. au siyet des affaires de Neuchfttel. Bile a eu lien de croire que l'opiniâtreté des gens de Nenchfttel trouverait moins d'appni que

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