LIVRE n. 420 CHAPITRE XIY. — MARIE D*0RLÉAIf
1699 ^® ^' ^'^ contena dans ]«s rqirésenUitloiM qve vous faites à S. M. en hnreiir de gens qui ne se conduisent que par entêtement et par caprice, et que voua donnerez seulement votre attention à denteler ce qui regarde effectivenent la religion d*aYec ce qui n'est que le pur effet de cet entêtement Et il y avait peu d'apparence que ceux de vos louables Cantons, qui n'ont aucun intérêt dans les affaires de NeacUitel, ni aocnne alliance avec l'Etat et la vill«, vouhiasent néanmoins aussi s'en mêler.
Je prie Dieu qu'il vous maintienne dans la prospérité et ce qui vous peut être le plus avantageux.
Magnifiques Seigneurs,
Votre affectionné à vous servir
PUTSIKULX.
A Soleure le 16 novembre 1699.
Irritation du roi Le FOI ayant appris que Mad. de Nemoim avait rétabli un gon-
NwSoMs^ê ce verneur et un lieutenant de gouverneur sans sa participation dans
qii*eUeaftdtM.les présentes circonstances, en fut fort irrité; il lui envoya M. de
%w^e^ Torcy pour se plaindre de sa conduite et pour lui enjoindre de leur
donner encore leur congé. Ce mimfitre n*ayant pas trouvé la
princesse dans son hdtel» lui écrivit la lettre suivante de la part
du roi:
Madame,
Lettre de M. Voua étiez partie ce matin, lorsque j'ai été par ordre du Roi pour voua fiiire
de Torcy, qui eonnattre les inteottona de S. M. snr les diapositiona qne vous venes de faire
prin^scTréyo- ^ *^^ ^^''^ ^^^ '^ gowernenoot de Neuchâtel. Aussi, Madan^, j'aurai FImb-
qaeleanomina- b^** ^^ ^^"^ eipUquer par cette lettre ce qu'elle m'avait cemmaBdé de vow
ttonsqu'eOea dire.
S. M. ne doutait point qu'après vous avoir témoigné le juste mécontentement qu'elle avait de la conduite du sieur de Montet dans l'affaire du ministre Girard, après la destitution que vous avea faîte de ce gouverneur, pour marquer votre soumission aux volontés du Roi, vous ne voulussiez encore. Madame, lui faire la même soumission dans le dioix que v»us feriez d'ua nouveau gouverneur à Neuchfttel. S. M. s'attendait que voua voudrieu savoir d'elle-même si la conduite de ceux sur qui vous jetiez les yeux pour cet emploi ne lui serait point désagréable, avant que de vous déterminer, et elle était bien éloignée de croire que les premières nouvelles du cboix que vous auriez fait lui viendraient àes paya étrange»*
Jugez, s*U vous plait. Madame, de ce qu'Elle a pensé lorsqu'elle a su que vous aviez nommé un gouverneur k Neucbfttel sans sa participation, mais que de plus elle a vu par le choix que vous venez de faire , qu'il semble que vous ayez plutêt songé à récompenser le sieur de Montet et ceux qui ont empêché que vos ordres ne fussent exécutés dans l'affaire du ministre Girard, qu'à leur témoigner votre juste indignation. Le gouvernement donné au parent et à l'ami du sieur de Montet, la lieutenance conférée à son flb, ne peuvent être regardés comme des preuves que vous ayez désapprouvé la conduite qu'ils ont tenue.
Ainsi, Madame, si vous voulez que le roi soit perauadé que vous avez fidèlement exécuté ce que j'ai en l'honneur de vous demander de la part de S. M., en vertu de la parole que vons lui avez donnée, il est abaolument nécessaire de révoquer les nouvelles nominations que vous avez faites dans le gouvernement de NendiâteL S. M. m'avait commandé de vous le dire, et c'est aussi par son ordre que vous l'écris.
DDCHESBE DE NBHOURS. 421 LIYRB H.
Vous éles trop éclairée pour ne pas juger que ce serait un mauvais parti à 1699 prendre que de vouloir la tromper par un détour tel que de remettre sous d'autres noms le sieur Montet dans )a môme autorité et dans la même considération qu'il avait dans Neuchàtel avant que d'être destitué. Vous ne suivrez pas d'autres mauvais conseils, et je suis persuadé que vous ne voudrez pas perdre le mérite de la soumission que vous avez présentement témoignée, en tenant une conduite opposée. Le roi ne prétend point, Madame, de nommer un gouverneur i Neuchfltel; Sa Majesté vous laisse la liberté d'exercer le droit que vous en avez; mais vous ne devez pas non plus faire un choix qui lui soit désagréable. Elle attend donc, Madame, qu'après avoir révoqué les nominations que vous avez faites du gouverneur et du lieutenant au gouvernement de Ncuchâtel, vous lui donnera part des sujets que vous croyez capables de remplir ces postes; il y en a tant dans les cantons qu'il ne vous sera pas difficile d'en trouver qui vous conviennent ; et je prends la liberté de vous témoigner par avance la joie que j'aurai de voir par cette conduite que vous fassiez oublier à S. M. le mécontentement qu'Elle a présentement de la nomination que vous venez de faire. Et je suis. Madame, ete.
Du 18 novembre 16d9. Dk Toecy.
Dès qu'on eut appris à Néiichàtel le dernier ordre que le roi Les commaavail donné à la princesse de destituer M. de Uollondin, on eut de ^^^^^^' nouveau recours aux coBvnunautés du pays , estimant que dès qu'elles Nemoa». Miraient déclaré qu'elles voulaient soutenir M. de HoUondin dans le gouvernement, ainsi qu'elles le firent, le roi de France, apprenant leur résolution, ne manquerait pas de se relâcher.
Mad. de Nemours voyant qu'elle était soutenue par les peuples Mad. de Nedu Ckunté fut par là encouraffée à résister au roi, ce qu'elle fit. ™^^ '^^
* ^ ^ âu roi pour les
Elle lui écrivit une lettre très forte par laquelle elle lui raaripmit nominations. entr'autres: „qu'étant souveraine elle pouvait faire ce que bon lui ^semblait; que sa souveraineté ne relevait que de Dieu, et qu'ainsi «elle ne pouvait faire ce qu'il lui avait demandé.^
Le roi, offensé de cette lettre^ relégua k princesse dans La princesse sa terre de Golommiers qui est (dans la Brie, et lui ayant défendu ^ '^^^^ ^ d'en sortir que par ses ordres, elle (ut obligée de s'y rendre promptement, ce qui arriva à la fin de novembre. Par ce moyen le roi fut en quelque façon satisfait à l'égard de Taffaire de M. Girard, tant par la démission du gouverneur de Montet que par l'exfl de la princesse. Mais ce qui fit surtout que le roi renonça à suivre cette affaire qu'il avait tant à cœur, fut la prochaine mort du roi d'Espagne, qui donnait au roi et à ses ministres des occupations et des négociations de la dernière importance. Voilà comment il arriva que les ennemis de M. Girard vainquirent un monarque qui avait souvent fait trembler toute l'Europe. M. de MoUondin subsista dans son gouvernement, M. de Montet fils dans sa charge de lieutenant de gouverneur; mais M. Girard, quoique parfaitement justifié, n'en demeura pas moins suspendu.
Au reste rhistoire du pasteur Girard, quoique tragi-cOmique, Lema^i^ni n'est pas extraordinaire dans les républiques. On ne doit pas même ^îSomvt^^