‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 219 sur 264 · LIVRE n. 440 CHAPITRE XIY. — HABIB D^ORLÉAlfS · texte numérisé non relu

LIVRE n. 440 CHAPITRE XIY. — HABIB D^ORLÉAlfS

1703 le roi de Prusse lui avait adressée pour lui notifier ses préteatiom à la souveraineté. Voici cette réponse signée par H. le gouverneur.

Sire,

Réponse du Nous avons reçu la leUre dont il a plu à Votre Majesté de nous honorer,

conseil d'Etat datée du 13 février, et vu avec une parfaite et respedaense recoanaissaice les

au roi de sentiments favorables qu'elle veut bien avoir pour cet £tat et pour notre Corpe PmBse. .. ,.

en particulier.

Dieu ayant appelé sur le trône de cette souveraineté S. A. S. Madame la duchesse de Nemours, à qui nous espérons que le ciel, suivant nos souhaits et nos VŒUX, et pour notre bonheur, accordera encore une longue vie, nous avons tâché de lui donner jusqu'ici des preuves de notre fidélité inviolable ei de notre parfait attachement à son service, aussi bien que de notre sèle pour la conservation des droits et privilèges de cet Etat. Nous persisterons toujours dans ces sentiments, et nous tâcherons en toutes occasions de satisfaire aux devoirs q«e la justice et la conscience prescrivent* Nous nous estimons henrenx, Sire, de ce qu'en faisant notre devoir envers notre princesse souveraine et TEtal, noos avons pu nous attirer Thonneur de l'approbation de Y. M.

Novs la supplions très humblement de vonWr nous continner sa hienveiUanoe royale, et nous prions Dieu de tout notre c<Bor qu'il veuille bénir et faire prospérer j^on règne. Nous sommes avec une profonde vénération. Sire, De Votre Majesté,

Les très humbles et très obéissants serviteurs

Le Gouvertieur et les gens du Conseil d'Etal élabUs en la souveraineté de fieufchâtel et Valangin, d'Est A VA T-MoLLon»iii.

En Conseil au Château de Neufchâtel le 28 avril 1703.

De leur côté MM. les Quatre-Ministraux , conseil et communauté de la ville de Neuchâtel, firent également une réponse à la lettre de S. M. le roi de Prusse, datée du même jour que celle du conseil d'Etat. En voici la teneur:

Sire, Béponse da Nous avons reçu avec un très profond respect la lettre dont Votre Majesté conseil de ville a bien voulu nous honorer, par laquelle il lui a plu de nous donner avis qu*Elle uf i^ttr^^^^ ^ a des droits sur la souveraineté de Neufchâtel. C'est un honneur auquel nous de Pmsse. sommes très sensibles , et nous vous supplions très humblement, Sire, d'être persuadé que comme nous avons le droit de composer le tiers état au souverain tribunal de ce pays, notre principale intention sera de contribuer antani qa'il dépendra de nous à ce qu'en son temps la justice soit rendue à qui il appartiendra, et de faire en sorte que les lois et constitutions de l'Etat, et nos franchises et libertés tant spirituelles que temporelles, soyent conservées en leur entier et de plus en plus affermies, afin de les transmettre à la postérité. C'est là le but que nous nous sommes toujours constamment proposé, et que neus nous proposons encore aiyourd'hui, dans l'espérance que nous avons que Dieu voudra y répandre sa bénédiction.

Nous nous estimons heureux. Sire, de ce que la conduite que nous avons eue jusqu'à présent a pu mériter l'approbation de Votre Majesté, qui nous a donné des assurances de sa bienveillance royale et de la bonté avec laquelle Elle veut bien • s'intéresser à notre tranquillité. Ce sont là. Sire, de puitumts motif» qui nous engagent à redoubler les vœux sincères que noos adressant à

DUGHE88B DE NEMOURS. 441 LIYRB IL

Dieu pour la prospérité du glorieux règne de Votre Majesté et pour la reine 17(3 son épouse, du prince royal et de toute son auguste Maison.

Nous vous supplions très humblement de nous continuer l'honneur de votre bienveillance, et d'agréer la parfaite vénération et le très profond respect avec lequel nous prenons la liberté de vous assurer que nous sommes, Sire, De Votre Majesté,

Les très humbles et très obéissants serviteurs

Les Quatre-Ministraux, comeil et communauté de la ville de Neufchâtel, A Neufchâtel le 28 avril 1703.

S. M. prussienne était très attentive à ce qni se passait à Neo- Le roi de chfttel, et comme elle fut sans doute informée qu'on avait envoyé ^JJlî2s2nce de Paris à Neuchâtel un traité assez complet (dont il a été parlé du manifeste du au commencement de celle année) et par lequel le prince de Conli, pj^^îe^^ pour écarter tous les prétendants héritiers présomptifs de la princesse, soutenait que le ûef de Neuchâtel avait pris fin par la maison de Hochberg et de Longueville , et que par là le comté avait repris sa première liberté , ainsi qu'il était avant Tinféodation de l'empereur en 1288, et d'où il prenait occasion d'établir la patrimonialité du comté, comme fief de Bourgogne, les personnes qui ménageaient les intérêts du roi trouvèrent alors à propos de répandre un mémoire qui apprit aux grands et aux petits, aux peuples et sujets de cet Etat, quels étaient les droits dont le roi d'Angleterre avait déjà donné connaissance au roi de France, aux ducs de Longueville, à Madame de Nemours et à toute l'Europe , droits qui par la mort de roi, arrivée l'année précédente, étaient échus à S. M. prussienne.

Le roi de Prusse écrivit une lettre à M. de Bondeli , son envoyé Lettre du roi auprès de LL. EE. de Berne et son conseiller d'Etat, auquel il^^^^^I^". avait donné l'indigénat de Prusse, et qui était un de ceux qui préparaient les voies pour faire réussir ses prétentions. Cette lettre est datée de Rosenthal le 14 mai. Ce grand prince lui marquait que le sieur Dupuy lui ayant témoigné que pour dresser la déduction de ses droits sur Neuchâtel, il était nécessaire d'avoir une copie de l'acte par lequel l'empereur Charles V confirmait les tuteurs donnés par Guillaume I, prince d'Orange, à ses enfants, il avait fait venir cet acte de Hollande et le lui envoyait; il lui marquait encore que ne pouvant avoir des nouvelles de France en droiture, il devait tâcher de faire en telle sorte qu'il pût être promptement averti de la mort de Madame de Nemours lorsque cela arriverait, et qu'il devait pour cet effet se servir d'un certain Martine, agent de Genève, qui était à Paris etc. etc. La lettre est signée Frédéric.

Ce fut d'abord après cette lettre qu'il parut un premier mémoire Mémoire aor de S. M. Prussienne sur ses prétentions à la souveraineté de cet*^ du^^^"* Et^t. Ce n'est qu'une ébauche des grands mémoires qui ont été dePmsse. imprimés dans la suite. En voici un extrait, qui est plus que suffi-

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