LIVRE n. 50 CHAPITRE X. — DE HENRI II, DUC DE LONGCEVILLE
1643 et leurs défenses, il fut prononcé : 1. que la paix serait entre les dew^artita^ parties, etc. ; 2. que la dite dame Anne de Watteville ayant disposé de nommés par plus de bieus qu*elle n'en possédait et que les fiefis ne pouvant être *® ^^^®"' chargés au préjudice du souverain et des agnats, le susdit testament ne pouvait subsister. Les arbitres déterminèrent après cela la manière en laquelle les parties devaient se faire raison de leurs prétentions réciproques.
Henri II, piéni- Henri II, duc de Longueville, s'était rendu, en qualité de preoonfô^ce8*de ^^^ plénipotentiaire de France, à Munster en Westphalie, en vertu Munster, y du pouvoir quo lui en donna Louis XIII par ses patentes du 30 sepj^ftioTTe^frë timbre 1643 (♦) où Henri est quaUfié de prince souverain de Neude prince sou- châtel (supremus princeps Novi Castri) auquel titre de prince sou- ^*^âtei.^^" verain aucune puissance de l'Europe n'apporta aucune opposition. Les ambassadeurs mêmes de l'empereur y donnèrent leur consentement par leur silence, ce qu'ils n'auraient pas fait s'ils avaient cru que l'empereur eût encore quelque droit sur le comté de Neuchâtel. Mais comme la paix ne se fit pas alors et qu'elle ne fut conclue qu'en l'an 1648, Henri II fit à diverses fois le voyage de Munster à Paris et de Paris à Munster.
Abondante Au mois de mai il fit plusieurs gelées qui enlevèrent le firuit
'"^^^''J^®* ^" des arbres; mais on eut une moisson abondante, des vendanges
PrizdeUyente. médiocres et d'excellent vin contre toute apparence. La vente du
vin se fit à Neuchâtel 120 livres le muid.
Le roi de France ayant créé le capitaine Jacques Guy colonel
d'un régiment de Neuchâtel, il écrivit pour ce sujet à son ambassadeur résidant à Soleure, M. de Caumartin, la lettre suivante :
Lettre de Louis ^ Ayant mis eu considération les bons et fidèles services que ceux du Comté
bassadeur en' n^^ Neufchâtel en Suisse, sujets de mon cousin le duc de Longueville, ont
levé^qtflïvoï- » ^^^^^ ""* ^^^ ™^^ prédécesseurs et à moi dans les occasions des guerres,
lait fUre à „ j'ai résolu de composer un régiment de dix compagnies de capitaines et gens
„ du dit Comté. Et parce qu'il y a présentement dans les régiments suisses que
Le roi voulait „ j'entretiens six compagnies et une demie dont les capitaines, officiers et sol- Joindre les com- " •*, . ^ . , . . .».!..•.. ui i j-.
pagnios de n ^"^ c» sont origmaires, je veux pour cet effet faire joindre ensemble les dites
é^rat^dél£!°à » compagnies qui sont sur pied, dont Tune étant sous le commandement du sieur son service avec „ Guy, capitaine au régiment de Mollondin et lieutenant d'une compagnie au vée et en fiiire ^ régiment de nos gardes, homme d'expérience et bonne conduite, je l'ai choisi un régiment ^ ^^^^ |y- jo^ner la charge de colonel du dit régiment, pour lequel rendre „ complet de dix compagnies, j'ai trouvé bon, outre les six et demie que j'ai „ déjà sur pied, d'en faire lever deux et demie ou jusqu'au nombre de trois dans „ le dit Comté , en conséquence de la permission et des ordres que mon dit „ cousin le duc de Longueville a donnés à ces officiers sur ce sujet, et de pins n de faire mettre une antre compagnie sur pied à Genève, par un capitaine de „ ce quartier-là nommé Michaèli; lesquelles compagnies de Neufchâtel, dénouer) II y a une erreur dans à la date de cette patente, car Louis XIII était mort le 14 mai 1643, et son fils Louis XIY était né le 5 septembre 1638.
nvelle levée, se devront rendre à Nantaa dans le 15 dn mois prochain; à quel 1644
„ effet les routes et ordres nécessaires seront mis en mains des capitaines des
„ dites compagnies ou envoyés avant ce temps-là sur les lieux par le commis-
^saire qui en fera la revue et leur fera prêter le serment. Sur quoi je vous
^ écris la présente, par l'avis de la Reine régente Mme ma mère (*) , pour vous
„ donner avis de mon intention et pour vous dire qu'elle n'est pas que vous
„ fassiez aucune instance aux Cantons touchant la dite levée ; au contraire je
„veux que vous n'en fassiez savoir aucune chose; mais au cas qu'il s'y ren-
„ contra quelque difficulté ou obstacles que je n'ai pu prévoir à cause que cela
^ dépend de mon cousin le duc de Longueville, vous aurez à les surmonter par
„ votre prudence et adresse, en sorte que la dite levée soit effectuée ; et pour
„ y parvenir vous favoriserez en mon nom , en tout ce qui dépendra de vous,
„ ceux qui s'y employeront et dans le temps que vous verrez être à propos. Vous
„ aurez à demander aux avoyers des cantons de Berne et de Frybourg le passage
„ sur leurs terres, lequel, ce me semble, ils ne peuvent refuser; et, s'il y avait de
„ l'empêchement de l'un des deux, l'autre n'y en fera point et l'on pourra les
„ faire passer par les terres qui sont en commun aux dits deux cantons. Il est
„ aussi néœssaire que vous fassiez connaître que cette levée n'est qu'une recrue,
„ et pour fortifier le corps de celles de Neufchâtel , vous n'omettrez aucun soin,
„ office et instance pour la rendre bonne. Quant à celle qui se lèvera à Genève
„ j'ai fait remettre une lettre à Michaéli pour la ville de Genève, pour s'en servir
„ en cas qu'il soit nécessaire ;^et s'il a recours à vous pour l'effet de sa levée,
„je vous ordonne de l'assister, en tout ce qui sera de votre pouvoir, comme
„ aussi d'avoir un soin très particulier que ce que dessus succède ainsi que le
„ requiert le bien de mon service. C'est ce que je me promets de votre affection
„ et prie sur ce Dieu qu'il vous ait. Monsieur de Caumartin, en sa sainte garde.
„ Ecrit à Paris le 4 janvier 1644, signé Louis et plus bas De lomcitte."
Les capitaines de ces six compagnies et demie qui étaient déjà Quels étaient au service du roi, étaient Pierre Meuron, Henri Hory, Abraham Pury, ^^éïïfentdSà Adalbert Pury, J. RoUin, N. Bergeon, N. Michaëli, etc., ils devinrent les «u service de capitaines du nouveau régiment de Guy. Le gouverneur et Conseil ^^^*^^' d'état ayant appris qu'on voulait les faire marcher et entrer dans des pays où les autres corps et régiments suisses, en vertu de leurs alliances, ne doivent point aller en guerre, ce qui aurait pu les séparer du Corps helvétique, avec lequel le comté est uni, on envoya La setgnerie au colonel Guy un mandement de la part de la seigneurie pour lui qoe'^co^ défendre, aussi bien qu'aux susdits capitaines, de se rendre dans ^^teiob?' les lieux oh l'alliance helvétique ne permet pas que les troupes en^^ene^Luis suisses fassent la guerre, sous peine de la perte de leur bourgeoisie t^npw^BuiBBeà et de la confiscation de leurs corps et de biens. Ce mandement était ''employées. daté du château de Neuchfitel le 9 mai 1644. On le leur envoya par capiâînes^
auraient en*
un messager qui en devait laisser copie et en prendre un récépissé. couras.
Les capitaines de ce régiment de Neuchâtel ayant reçu ce man- Bé«oiation to dément, prirent entr'eux la résolution suivante, qu'ayant rédigée par nés c^jj^* écrit, ils signèrent et scellèrent de leur sceau : la seigneurie.
„ Nous soussignés , capitaines aux régiments de Messieurs les ^colonels de nMoIlondin, de Wattenville, de Praroman et de Rolle, savoir faisons qu'ayant
(*) Louis XIV était alors ftgé de dnq ans et demi sous la régence de la reine sa mère.