‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 230 sur 264 · LIVRE n · texte numérisé non relu

LIVRE n

CBAPITRE XV. — DE L'ilH-fiRBÈGNE DE 1707.

1707 ^® Prnife et Noos, et runitîé qa'il a toujours entretenae mrtc les Rois bm prédécessears, fait que dous preDons ODe part toute eutière à ses nUéréls. Ayasi donc appris la mort de la duchesse de Nemojirs, Nous ayons cru que aovs ne pouvions pas nous dispenser de vous écrire en faveur de S. M. Prussienne, afin qn'ea vertu de son droit sur la ville et comté de Neucbâtel, tant à titre héréditaire que par la cession du feu roi de la Grande-Bretagne, Guillaume III, notre frère, vous venUlez bien le reconnaître et recevoir poor votre légitime souverain, nous espérons que vous le ferez d'autant plus volootiers, que ce Prmce non seulement se trouve uni avec vous par le lien sacré de la religioa réfor^ mée, dont loi et vous faites également profession, mais qu il a encore témoigné jusques à présent pour vos intérêts le même soin et la même affectiou qn*il a toujours fait paraître pour le bien et l'avantage de ses propres sujets.

Je ne doute pas qu'attentifs comme vous êtes à votre bien et à celui de votre patrie, et ayant autant de prudence comme vous en aves, tous ne vous donnies bien de garde de choisir pour votre prince une personne qui, étant siyette et entièrement soumise à la domination de la France, vous devra être pour cette raison autant suspecte qu'elle Nous le serait, et à tous nos autres alliés. C'est ce qui me persuade en même temps que vous accorderez sans aucun retardeosent k S. M. Prussienne la juste demande qu'elle vous fait. Et comme cela nons donnera un singulier plaisir, nous serons aussi de notre côté toujours disposée k vous faire ressentir des effets de notre amitié.

Au reste nous vous recommandons de tout notre cœur à la toute puissante protection de notre grand Dieu.

Donné à St-James dans notre Palais royal le 25 juin 1797. Votre bonne amie.

Abri, Reine, et plus bas Suniarlmni.

Lettreaneon- Celle adressée à Messieurs les Onatre-^Iinistraiiz et consefllers seu de viue. j^ jg yjiig ^ Neuchfltel , contenait ce qui suit :

AmiB. etc.

L'alliance et l'amitié qui nous unisient si écroitement avec le sérénissime et très puissant Roi de Prusse, nous engagent à proenrer ses avantages comm les nôtres propres. Nous ne pouvons nous dispenser, à l'occasion de la mort de Madame la duchesse de Nemours, de vous recommander très instamment les droits de ce Prince sur la ville et comté de Neufchâtel, en qualité de siiccessetcr ie^ Itme de feu notre frère Guillaume HI, Roi de la Grande-Bretagne, et de ses ancêtres, et de vous prier de le reconnaître pour votre légitime souverain. Cela tournera sans doute entièrement k votre avantage, puisque, par un effet de la clémence et de la bienveillance qu'il a pour se» siyets, il ne manquera pas d'augmenter vos immunités et privilèges. C'est par là que vous ferez non seulement une chose très agréable à ce Prince, mais même vous nous engagerez à vous rendre dans toutes les occasions qui se pourront présenter les bons offices qui dépendront de nous. Nous vous recommandons de tout notre ccenr à ta protection divine.

Donné en notre Palais de St-James le 25 juin de l'an de grâce 1707 et de notre règne le sixième.

Votre bonne amie

Amhk, Reine, et plus bas SmtderlmmJL

Les stats-Oé- Les Etals Généraux de Hollande écrivirent aussi quatre lettres sur "qnatoeiM^^^ ^°j^^* ^ assorent qu'ils sont engagés avec les autres alliés à

CHAPITIE XV. — DE L*IIfTERRÈGIIE DE 1707. 459 LIVRE H.

soutenir le roi de Prusse dans ses justes prétentions. L*une de ces 1707 lettres était adressée: Au Corps Hehéiique et à ses AUiés , ta^J^^"^J*Jî deuxième: A Messieurs les gouverneur et conseillers (FEtat; laauiésàsoatMitr troisième: A Messieurs les doyen et pasteurs des églises de fa Sou-*®"**** ^™*^veraineté de Neufchdtel et Valangin et la quatrième: A Messieurs les Quaire^Mimstraux el Conseillers de la fritte de Neufchdtel. Ces quatre lettres sont datées de la Haye du 15 juin et signées: Par ordre des Etats Généraux F. Fagel.

Quoique le roi de Suède, Charles XII, ne fût pas dans cetteLeroideSnède guerre au nombre des alliés, il prit également un intérêt particulier ^^"^g^^" à la cause du roi de Prusse. H adressa au canton de Berne une veur du roi de lettre en langue latine dont voici la traduction: PniMe.

A la RéfmhUque de Beme, CiARLss, par la grâce de Dieu, etc.

Comme nous avons appris qu'après la mort de la duchesse de Nemours il est survenu diverses contestations au sujet du Comté de Neuchâtel, dont elle avait été en possession, et que le Roi de Prusse nous a fait connaître d*une manière convaincante que ce Comté lui appartient par un droit d*hérédité, clair et incontestable; nous témoi|niBDt en même temps que pour faciliter le succès de sa juste prétention, il souhaitait que nous employassions nos bon» offices envers votre République, qui est dans de très étroites alliances avec l'Ëtat et la ville de Neuchâtel, et qui par conséquent ne manque pas de crédit auprès d'eux, Nons avona cm qu'encore que nous soyons parfaitement persuadé que, conformément à votre ancienne probité et votre inté^ité, vous prendrez sur cela vos mesures, et dirigeres vos conseils en faveur du dit Etat, votre allié, de la manière qui lui sera la plus salutaire et en même temps la plus juste et la plus équitable ; nous ne pouvions pas néanmoins nous dispenser de déférer aux désirs d'un Roi, notre «imi, et avec lequel nous avons les liaisons les plus étroites, et de vous faire savoir qu'ayant véritablement k cœur les intérêts de ce monarque, c'est surtout par rapport à ce que cela mettra la religion en plus grand sûreté dans vos quartiers que nous verrons avec extrêmement de joie l'heureux succès de sa prétention. Pour Nous qui avons pour vous et votre République toute la bienveillance possible, nons pouvons vous assurer que ce nous sera une chose très agréable, si nous avons lieu de croire que notre recommandation envers vous ait été de quelque poids et de quelque efficace en faveur de la juste cause du Roi de Prusse.

Sur quoi Nous vous recommandons à la protection divine.

Donné en notre camp d'Alt-Ranstadt le 15/25 août 1707.

(Sig.) Charles, et plus bas Piper.

Il n*y eut pas jusqu'au pape qui ne voulut intervenir au sujet des intervention du prétentions du roi de Prusse, mais c'était dans un autre goût. Ce^|J^^^^J*^ saint Père était alarmé de ce qu'on publiait qu'un prince hérétique queNenoUUei serait préféré à des prétendants catholiques. Le nonce apostolique J*^JJ['^{j^J^ à Luceme adressa des plaintes sur ce sujet à S. £. M. le comte de rétiqne. Trautmansdorf, ambassadeur extraordinaire de S. M. I. en Suisse. Voici la traduction de sa lettre qui était en latin:

UVRB U. 460 CHAriTRE xv. — de l'inteiuiè«iœ de 1707.

1707 Trè« illustre et très excellent teignear ei très hoaoré patron,

Lettre qnll Notre très Saint Seigneur a eu Téritablement le cœur pénétré d'anertuBie par éerit à ee si^et la nouvelle qui s'est répandue jusques dans Rome qu'il s'est fait on traité secrel *^/*™^V**' entre V. E. au nom de S. M. I. et les Bernois, par lequel il a été convenu qu'à perear. '" ^^^^ ^® Madame la duchesse de Nemours la Principauté de Neufchâtel leur parviendra, soit à un autre pnnce hérétique, tellement que l'espéraDce d'y succéder étant 6tée à un prince catholique, l'occasion d'y avancer notre très sainte religion se trouve en même temps enlevée ; ce qui a fait que Sa Sainteté a bien voulu me charger de faire connaître à V. £. la vive douleur qu'elle en ressent, et de lui marquer qu'on ne saurait lui faire plus de plaisir qu'en rompant ce traité, s'il y en a un, quel qu'il soit, et en remettant les choses dans leur entier en l'état où elles étaient anciennement, puisqu'il en arriverait trop de préjudice et aux cantons catholiques et à notre orthodoxe reltgioB, à l'avancement de laquelle V. E. doit être portée tant par son xèle que par le très religieux caraotère de ministre de l'Empereur qu'elle remplit si dignement en ces lieux.

Je prie V. E. d'excuser la nouvelle incommodité que je lui donne, et de croire que rien ne me sera jamais plus agréable que de lui rendre mes offices dans toutes les occasions qui s'en présenteront, comme étant avec un singulier attachement de V. E.

Le très humble et très obéissant serviteur

L'ÀRCBavEoni m Raonaa.

Baden en Suisse, 8 janvier 1703. (*)

La réponse que Tainbassadeur fit au nonce du pape mérite d'être ici rapportée traduite du tetin, telle qu'elle a été imprimée:

Béponse de Très ilhistre, très révérend seigneur et très vénérable patron,

rambassadenr j'^j j.^^ pendant l'atteinte d'une nouvelle et flicheuse maladie, la lettre qne au onoe. ^^^^ m'aves écrite le 2 de ce mois, par laquelle j'ai appris avec étonnement qu'il ait couru un bruit à Rome, comme s'il y avait quelque secrète entreprise concertée entre S. M. I. et les Bernois pour décider de la succession de Neufchltel. Il est certain que ce n'est qu'un bruit en l*atr et qui ne mérite aucune fol; car non seulement le très auguste Empereur n'a envoyé personne A Nenfchitel quand on a jugé ci-devant de cette affaire; mais suivant la grandeur d'âme qui est naturelle à la Maison d'Autriche, rien ne loi a paru de tout temps être plus important que de conserver à un chacun, par conséquent aux Nenfchâtelois et au légitime prétendant, leurs droits sains et entiers. Mais je vois bien d'où vient cette fausse nouvelle, sur laquelle j'ai fait si peu d'attention que je n'ai seulement pas daigné répondre à ceux qui m'en ont parlé, non pas néme à mes plus familiers amis. C'est l'envie démesurée que les Français ont de régner qui a fait nattre ce bruit. Ils ont cru, pour surprendre plus facilement l'esprit dea simples, qu'il n'y avait qu'à colorer la chose énfn'élexted€lareligioH(*)y nonobstant qu'ils ne cherchent qu'à faire leur proie de ce pays-là, comme les loupa affamés cherchent les brebis. C'est pourquoi, très illustre et très révérend seigneur, je vous prie instamment, au nom du très auguste Empereur , de vous appliquer soigaeosement en ces lieux à Caire en sorte qne comme Rome na cesse do dire qu'il faut rendre i chacun le sien, les cantons suisses qui sont de la rehgion calhoUqaa entrent sérieusement dans la connaissance des droits de la sérénissirae Maison d'Autriche sur la monarchie d'Espagne, lesquels ont été rois au jour non seule*

(*) tM prétendants fhmçals auraient sans doute mieux fiilt dans leur intérêt de prier le aoooe du pape de ne pas se mêler de oette affaice.

(**) Voila conunent les princes abusent de la religion pour parvenir à leurs fins.

(Brst« 4e J.-P. ItTTe.)

cflAPiTRS XT. — BE l'interrégnb DE 1707. 461 LIVRE n.

meni p«r imi phime, ma» encore par celle de plasieurs doctes personnes, ei 1707 sont soutenus par des raisons très évidentes. Qu'ils apprennent (ees mêmes cantons), puisqu'ils y sont sollicités, ce que c'est que la justice, et que dans cette cruelle guerre entre les princes de l'Europe, ils ne témoignent pas une partialité inconsidérée. C'est là ce que le St-Siège apostolique devrait avoir le plus à cœur, et à quoi il devrait donner ses soins les plus empressés, d'autant plus que les renoncilitions aix Royaumes d 'Espagne et aux paya qui en dépendent ont été faites solennellement par serment et ont été confirmées par Vatt^oriié du PonHf^, si bien que c'est h lui à réprimer la licence de pécher avec impunité et à reprendre ceux qui errent; autrement il serait à craindre que l'envie d'attaquer le Capitôle ne s'emparât de nouveau du cœur des Français, que cette licence a déjà en porléf ci-devant à une pareifle férocité; et que, s'il n'y avait personne qui, en imitant la vif ilance des oiea de ce Capitole , défendit la puiastnce pontiicnile qui est en péril et que les Français ont tant de fois témérairement violée, il ne restât au St-Siège que le déplorable avantage de Polyphème. (*)

C'est là, très révérend et très illustre seigneur, ce que la foi germanique et l'amour de la liberté obligent à vous écrire, celui qui se recommande fort à voua et qui sera tonte sa vie

De votre révérendfssime et illnstriflsime seigneurie

Le trèa humble et très obéissant serviteur

FrAKÇOIS RoifORÉ COMTB DU TRAVTMAimSDORy.

Les prétendants au comté de Neuchâtel étaient au nombre de Lesprétendants quinze. Les uns tiraient communément leurs droits de la maison Sîto2iOTU*'*** suzeraine de Châlons, et demandaient la réunion du domaine utile droits, au domaine direct. Tels étaient: 1. S. M. le roi de Prusse; 2. S. A. M. le comte de Montbéliard; 3. Madame la marquise de Mailly; 4. M. te marquis d'Allègre ; 5. M. lè comte de Nassau , petit fils d*AIbertine de Nassau; 6. Madame Julianne-Calherine Damont, dame de Sergis

Les autres tiraient leurs prétentions d.e la maison d*Orléans-LongueviHe. De ce nombre étaient: 7. Madame la duchesse de Lesdiguières; 8. M. le comte de Matignon; 9. M. le prince de Carignan, tous trois comme héritiers ab intestat de feu Madame la duchesse de Nemours; 10. S. A. S. Monseigneur !e prince de Conti, héritier testamentaire de ffeu le duc de Longueville, abbé d'Orléans; 11. Madame de Neuchâtel , douairière de Louis-Henri , légitimé de Bourbon, chevalier de Sotssons, donataire entre vifs du comté par Madame la duchesse de Nemotu^s.

Le 12*"'' prétendant était S. A. le marquis de Baden-Dourlacfa, comme donataire du comté par le margrave Philippe de Hochberg. Le 13*~ était S. A. le prince de Furstenberg, de la maison des comtes de Frîbourg. 14. Le baron de Monjoye, comme descendu des comtes de Neuchâtel. 15. Et enfin le canton d'Uri , qui se fondait sur certaine réserve qu'il avait faite quand les douze cantons

(*) Polyphème était flla de Keptone et était un Qjrolope du rnoot Etna, n maswea quatre des compa^rnons d'Ulysse, mais Ulysse lui creva le seul œil qu*il eut et qui étaU placé an milieu du front

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