CHAPITRE XV. — DE L'INTERRÈGNE DE 1707. 475 LIVRE II
manquerai pas aussi, dès que je les aurai recouverts et à quoi je travaille ac- 1707 tnellement, de faire des remontrances plus amples, lesquelles je me réserve expressément ici dans la confiance où ie suis, que vous ferez sur le tout ré* flexion, et les donnerez à connaître aux lieux où besoin sera, comme aussi que vous considérerez si de droit et de justice, et même suivant votre propre convenance, vous n*aurez pas sujet de préférer la maison de Fûrstemberg à tous les autres prétendants, d'autant que nos Etats et sujets se trouvent déjà situés tous proches des cantons suisses, avec lesquels nous vivons en bonne amitié et voisinage et dans une harmonie continuelle. Remettant le tout à votre prudence et jugement ; nous réservant encore une fois la déduction qui nous reste k faire de nos droits; et vous priant, Messieurs, très aflectueusement de coucher cette prétention sur votre Manuel on Registre, et m*en donner acte authentique. Par contre je demeure porté avec beaucoup de soin à vous rendre, de même qu'à tous les louables Trois Etats, les services qui vous pourraient faire plaisir, et suis véritablement,
Messieurs, votre très dévoué serviteur
FrOBUTI FbRDINAIID, GOMTB DB FURSTRlfBBRG,
tant au nom des princes et comtes, mes parents et absents, que du mien propre.
A Lindau ce 22 juillet 1707.
Le 26 août suivant, les princes ci-dessus nommés ayant été mieux informés de leur prétendu droit, envoyèrent une autre procuration au sieur avocat Meuron, en vertu de laquelle étant comparu, il déclara que les dits princes et comtes ayant reçu plusieurs éclaircissements sur ce sujet, avaient cru que leurs droits n*étaient pas encore ouverts, de sorte qu'étant animés d*un esprit de paix, ils n'avaient pas voulu augmenter les contestations qui étaient agitées sur cet Etat; et afin que Messieurs des Trois-Etats eussent une connaissance plus parfaite de leurs bonnes intentions, Tavocat priait très humblement que Ton fît le choix de la procuration que les dits seigneurs lui avaient envoyée; et il ajouta qu'il espérait que Mes dits sieurs des Trois-Etats regarderaient la démarche que cette illustre maison faisait, comme une nouvelle preuve de sa modération et de son équité, et que Ton ordonnerait qu'acte lui serait expédié de la diligence qu'il faisait présentement.
La procuration étant lue, le dit sieur Meuron persista en confor- on accorde k mité des fins d'icelle, que vu que les seigneurs ses constituants ne pri^J^e^Batrouvaient pas à propos de poursuivre présentement l'investiture de den et de la souveraineté qui avait été demandée de leur part sur le jour ^de*îeuf fatal, vu que leur droit n'était pas encore ouvert, il requérait qu'acte diiigrence et relui fût expédié de leur diligence et de leur réserve pour s'en ser- ^^^^ *'^* vir. C'est ce qui lui fut accordé.
XV. Le louable Canton cTUri se présenta aussi, demandant que 15. Le canton vu qu'il avait conservé ses droits sur Neuchâtel lorsque les onze ^'^^' cantons trouvèrent à propos de rendre le pays à Jeanne de Hochberg, il était fondé, présentement qu'il n'y avait plus de descen-
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1707 dance de la princesse, à requérir que cet Etat lai lût rendu, en conformité de ses réserves, n'ayant jamais consenti à ce qu*il fttt rendu. (V. les ans 1512, 1529.)
Cependant ce canton modéra un peu ses prétentions, car an lieu de demander la totalité des comtés de Neuchâtel et Valangin (*), voici quelles furent enfin ses conclusions (**). Par la première comparaissance sur le jour des six semaines, le sieur Jean-François de Berline, fondé de pouvoir du canton, présenta aux Trois-Elats la translation de sa procuration et le mémoire suivant :
Procuradon Translation de la procuration donnée à Baden le 21 juillei i707 par U$ dens
dé°uâSûcan! seigneurs députés du Canton d^Uri, à Jean^Framçois de Berline.
tond*UriàJ.-F. Nous les députés do louable Canton et de TEtat d'Uri, faisons savoir par la
de Berline, présente, comme nous avons appris que ceux qui ont des prétentions sor la
Ville et Comté de Neuchâtel, par le dt^cès de Madame la duchesse de Nemours,
sont tenus de les faire valoir, or nous, les dits députés du dit Canton et Etat,
par la charge spéciale que nous avons de nos seigneurs constituants, donnons
charge et pouvoir en la meilleure forme que faire se peut, en temps et lien,
de faire valoir le droit que notre dit Canton a sur la di|e Ville et Comté.
En foi de quoi nous avons signé la présente et apposé nos cachets, à Baden le 31 juiUet 1707. (Signé par les dits seigneurs députés avec cachet de leurs armes, au pied de l'original ci-produit.)
Voici maintenant Texposition que fit le fondé de pouvoir du canton:
Exposition du Magnifique et très honorés seigneurs,
procureur du Monseigneur le gouverneur et Messieurs des Trois Etats,
canton.
En vertu de la charge et pouvoir à moi donnée par les deux seigneurs députés de notre tooahle Canton d*Uri à Baden le 21 du présent mois, et munie du cachet de leurs armes ci-jointes avec un translat d'icelle en français, vous expose que les dits seigneurs députés ayant appris que, par le décès de Madame la duchesse de Nemours, le tréne de TEtat était vacant, et que le remplacement d'un souverain se devait faire sur le jour des six semaines après sa mort, ou qu*au moins tous ceux qui prétendent avoir quelque droit sur la Ville et Comté de Neuchfttel y devaient paraître ce jour là. Or comme le dit Canton d*Uri a des droits et des prétentions sur la dite Tille et Comté de Neuchâtel, je me présente de sa part devant Vos Seigneuries ponr protester en la meilleure forme et manière possible, que quoi qu'il se passe et fasse dans cette circonstance ne paisse en rien préjudicier aux droits et prétentions que le dit louable Canton d'Uri a et peut avoir sur la dite Ville et Comté de NcuchAtel, et ne lui puisse empêcher de fes faire vliloir en temps et lieu convenable sans forclusion ; lequel exposé et protestation il supplie Vos Seigneuries de faire rédiger sur le MttEiael des Etats, et qu'acte lui en soit expédié en bonne forme, pour servir ainsi que de droit.
Fait et remis à la Chancellerie ensuite de votre arrêt d'hier (^f J, à Neuchâtel le 27 juUlet 1707.
(Sig) JeoH'F^rmnçpi» de Berline.
(*) C'était avan| de paraître; car alors, comme on le voit ici, le canton , d'Uri se contenta de faire des protestes et ()es réserves.
(**} Il réduisit ses prétentions sur la douzième partie du comté, (t) Le conseil d*État s'ét&tt assemblé le 26 et avait ordonné que les prétendants inslnaeiaient leurs prétentions à la ^aaceUerie.