‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 246 sur 264 · PREMIÈRE PROPOSITION · texte numérisé non relu

PREMIÈRE PROPOSITION

Que Neufehdiel était un fief de Chàlom et dépendant de VEmfirt. On n'a pu voir sans surprise, que non seulement des avocats des prétendus successeurs do Madame de Nemours ayent osé avancer que ce Comté depuis longtemps avait été libéré et purifié de tonte sujétion féodale, mais que dans nn Mémoire, produit depuis peu ponr M. le prince de Conti, on ail vouin dire „qu*il éfait faux que Neufchâtel dans son origine, ni dans aucun temps aH él4 un fief do l'Empire et qu'il lui ait jamais rendu hommage; que ce fut uniquement pour se procurer la protection de l'Empereur et de la maison de Châlons que ll^odolphe de Nenfcbâtel le remit l'an 1288 à l'empereur Rodolphe de Habs-

CBAPITRE XV. — DE L'iNTERRÈGNE DE 1707. 481 LIVRE U.

\!ouTg et celui-ci à Jean de Châlons, mais qu'avant ces actes là, le comté de 1707 NeufchAtel était indépendant et ne relevait de personne.'^ (*)

Pour détruire ces erronées insinuations, il suffit de faire observer:

Primo, Que par Tacte de concession faite du Comté de Neufchâtel par cet Empereur à Jean de Châlons, du mois de septembre 1288, il est porté par exprès, que ce Comté et toutes ses dépendances avaient déjà été tenus en fief de l'Empereur et de l'Empire par Rollin et Amédée, son père ^NohUis mr Hofiniis, Dominut N<m Castri, filiut guondatn Amadei Domini de Novo Ctuiro, cattrum gttod lUcilur de Novo Castro et viUam ipsiuê $uper lacum tiiam, cum aUcdiU, fendis, reiro fendis, pedagiis, jnrisdictionibns , ac rebns alOs qnocnmgne nomine censeanhir, qnas iidem (c'est-à-dire Rollin et Amédée) a nobis ei imperio tene^ hant in fendnm, in manns nostras Uherè resignavit,**

Secnndo. Que par l'acte de reconnaissance que fit ce même Rollin à Jean de Cbâions du château et de la ville de Neufchâtel avec ses dépendances, dans le même mois de septembre 1288, il est formellement énoncé, que Rollin, Amédée son père, el ses prédécesseurs avaient tenu toutes ces choses jusqu'alors de l'Empire romain: „PrœdicU$ omnia et singnla Amadens , pater Ao^mi et ipsins prœdecessores ab Imperio romano haclenns tennerunt,^

On a de la peine à concevoir comment l'auteur du mémoire pour M. le prince de Conti n'a pas craint de se commettre, en posant pour certains des faits aussi contraires à renonciation précise de ces actes, dont il marque avoir eu connaissance.

Si on voulait remonter jusqu'aux temps qui ont précédé ces actes de 1388, et s'enfoncer dans des recherches historiques sur le comté de Bourgogne et lea anciens comtes de Châlons et de Neufchâtel, on pourrait découvrir plusieurs vestiges assez bien marqués, de l'originaire sujétion des comtes de Neufchâtel à ceux de Châlons (**); mais cela ne pourrait conduire qu'à une trop grande prolixité, laquelle on a dessein d'éviter dans cet écrit.

On se contente donc de jeter les premiers fondements de la directe des princes de Châlons, à l'égard de Neufchâtel, sur cette concession qu'ils en reçurent de l'Empereur l'an 1288 et sur celle qu'ils en firent en même temps à Rollin de Neufchâtel.

Ces actes étant confirmés et soutenus par une longue suite d'autres, comme sont diverses lettres patentes des empereurs, jusques vers le milieu du seizième siècle, de plusieurs hommages, reprises de fief, reconnaissances et autres titres de cette nature de 1311, 1349, 1357, 1397, 1406, 1407, 1453, 1458, etc. On peut s'assurer d'avoir une preuve plus que suffisante que Neufchâtel était véritablement un fief de la maison de Châlons dépendant de l'Empire. C'est la première proposition qu'on s'est engagé de prouver. (***)

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