‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 44 sur 264 · VOYAGE ET SÉJOUR DU PRINCE HENRI II DANS LE COMTÉ · texte numérisé non relu

VOYAGE ET SÉJOUR DU PRINCE HENRI II DANS LE COMTÉ

vo™?e"du ^® ^^^ ^® LongueviUe ayant entrepris le voyage de NeucUtel,

&*8l*"étoS ®^ ^^"* ®" chemin, il fit savoir sa venue au gouverneur de Mol*

<*«^eu^âtei, londin sur la fin du mois de juin 1657, ce qu'ayant appris, cekiHCî

qu'u y lit. fit lever promptement deux régiments, de chacun dix compagnies

en8on7omœa^de 70 hommcs, l'un de Neuchâtel, commandé par le capitaine Sigis-

mond Tribolet, et l'autre de Valangin, sous -la conduite du capitaine

Jean-Jacques Tribolet, tous deux intendants de la nulice.

Après que le gouverneur eut donné ses ordres, il alla au devant

du prince jusqu'auprès de Salins, et le conseil d'Etat jusqu'à la

Verrière de Joux. Le duc de LongueviUe, qui venait pour la troi-

Le train du gjème fois à Neuchfttel, était accompagné de vingt-six gentilshommes,

^ ^' aumônier, médecin, chirurgiens et plusieurs autres jusqu'au nombre

de deux cents chevaux. D avait deux trompettes avec des casaques

de velours rouge chamarrées de galons d'argent, et aux pendants

des trompettes étaient les armes du prince richement brodées en or

et en argent. 11 y avait douze gardes du corps en habits d'écarlate,

garnis de flammes et de deux croix d*argent, qui portaient cliacun

uile carabine.

Arrivée du Le princo arriva, le mercredi 1*' juillet, avec ce train magnifique

S^îe\ jiSî"t ^"^ '®* frontières du comté, où le chancelier Henri Hory lui fit un

Béponse du compliment auquel le prince répondit en ces termes : „Messieur8, je

pJteittirqid^îuî »v^"s P***^ ^^ croire que je ne suis venu ici que pour voir encore

est fait. „une fols mes bons sujets de ces lieux et vous témoigner combien

„je vous aime, quoique je sois dans ma soixante-troisième année

„climatérique et dangereuse. J'ai tâché jusqu'à présent de vous eon-

„server dans vos franchises et libertés, môme dans votre refigion,

„et je le ferai toute ma vie, afin de vous rendre un peuple heureux,

„et lorsque Dieu m'appellera à soi, je vous recommanderai à mes

„enfants.^

Deuxrégiments Lcg Jeux régiments de. Neuchâtel et Valangin, composés de vingt

du pays se . . » \ i* / i

trouvent sur la Compagnies, tous mousquetaires, se trouvèrent a rentrée du pays firontière. et se rangèrent au lieu appelé la Combette-Mijoux, qui sert de limites entre la Franche-Comté et le comté de Neuchâtel, où ils firent plusieurs salves au prince, nonobstant la pluie qui tes incommodait

^^iurifflu' f^^^' ®' ^'^ l'accompagnèrent de là jusqu'à Neuchâtel. La milice des

'^«gjsururoutj Verrières se mit aussi sous les armes, et fit plusieurs décharges châtei. depuis les hauteurs où elle s'était placée.

u couche il Mo- Le prince logea cette nuit à Môtiers, chez M. de Stavay-Lully, capitaine et châtelain du Val-de-Travers, frère de M. le gouverneur. En descendant depuis les Verrières, il avait rencontré entre Fleurier et St-Sulpice six cents hommes du Val-de-Travers qui lui firent aussi plusieurs salves.

tiers.

Le lendemain 12 juillet, par un jeudi, en passant par Travers, 1657 cent vingt hommes du lieu firent aussi quelques décharges de mousqueterie. En passant par le pré des Cloutres, il rencontra un bataillon de trois cents hommes de Boudry, de St-Aubin, de Bevaix et de Cortaillod qui, par la bouche de David Merveilleux, châtelain de Boudry, présentèrent leurs drapeaux au prince, et lui firent aussi la salve. Un peu plus outre, il trouva encore deux-cents hommes des Montagnes qui firent la même chose.

Entre Rochefort et Corcelles, il rencontra ceux de la C6te, de Colombier, de Bôle et d'Areuse, qui bordaient les chemins et qui firent aussi plusieurs décharges.

Entre Peseux et Neuchâtel, il trouva la bourgeoisie de cette ville ud bataiuon rangée en un bataillon carré d*environ mille hommes, conduits par ^^^mw, "îîSl* le capitaine Abraham Pury. Tout le conseil de ville, grand et petit, champs de Pes'y trouvait avec des harnais et tous cuirassés. Le banneret Jean- rp^/i^^^^^^n^^i Jatques Merveilleux y présenta la bannière au prince et le compli- de vuie s'y menta. Le prince tint la bannière pendant le discours, et la lui ayant Q^^^rakaase' ensuite remise, le banneret retourna à la tète du bataillon, lequel le prince environna par deux fois, et pendant ce temps on fit trois décharges, auxquelles répondaient les canons de la ville, et on en« tendait de toute part retentir les cris de Vive Son Alteêse I avec une joie qu'on ne saurait décrire. A la troisième décharge, les soldats jetèrent leurs drapeaux en l'air. Le chemin du Parc était bordé de soldats du régiment de Neuchâtel, et le chemin de St-Nicolas de soldats du régiment de Valangin qui firent plusieurs décharges à mesure que le prince passait.

Sur le Tertre et le long des Terreaux jusqu'à k porte de la ville, nommée de THôpital, étaient ceux du Landeron et de la châtelainie de Thielle. Là se trouvèrent les Quatre-Minislraux ; Josué Les Qnatre- Varnod, qui était mattre-bourgeois en chef, y présenta au prince ^"Î^J^Ï^u les clefs de la ville et le complimenta. Le prince les tint quelque porte de lavme temps et les lui rendit dès qu'il eut achevé son discours, et lui dit ^„t ^s^iaf^. de les bien conserver comme du passé*

Le prince entra ensuite dans la ville, marchant lui seul après ses coBtenanoe dn gardes, ayant son chapeau à la main, saluant tout le monde avec ^^^jinsTi une gaieté et des manières qui enchantaient tous les spectateurs; yiue. les rues étaient toutes bordées de soldats de la bourgeoisie. Le gouverneur de MoUondin suivait le prince de près. Sur la terrasse auprès du château, il y avait un bataillon de la jeunesse de la viUe, Lajenneasedes qui fit aussi plusieurs décharges ; c'était une compagie de jeunes ^^^^,^ '^ garçons de douze ans et au-dessous, qui retournèrent aux jours suivants sur la dite terrasse pour y faire l'exercice, et qui maniaient si bien les armes que le prince les admira; ils étaient conduits par Jean-Jacques Legoux, mattre-bourgeois et m^jor de la ville.

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