‹ Annales historiques du Comté de Neuchâtel et Valangin depuis Jules-CésarChapitre 75 sur 264 · LIVRE IL 134 CHAPITRE Xl. — JEAN louis CB ARLES D*ORLÊANS · texte numérisé non relu

LIVRE IL 134 CHAPITRE Xl. — JEAN louis CB ARLES D*ORLÊANS

1864 tous les bons desseins et produirait de fttcheux accident8% en divisant leurs sujets par leur exemple; ce qui ferait nattre des guerres civiles à tous moments. C'est ce qui faisait dire au grand Alexandre que, sans une horrible confusion de toutes choses, le monde ne peut être gouverné par deux soleils et souSrir deux puûsancea souveraines. Ce qu'il dit du monde entier, se peut dire avec plus de raison d'un Etat particulier, qui ne doit avoir qu'un souverain qui le régisse, comme le corps n'a qu'un esprit qui l'anime. On peut prouver la vérité de ces raisons par un nombre infini d'exemples : celui des deux premières races des rois de France ne fait-il pas voir que ces sortes de partages remplissent un Etat de confusions perpétuelles et qu'ils sont capables de ruiner les plus grands royaumes? On remarque, au contraii*e, combien l'indivision qui a été pratiquée par les trois races a été avantageuse à la France; elle a remédié à ces guerres intestines qui l'ont ^ souvent déchirée, elle lui a donné le moyen de se réunir entièrement, et, en peu de mots, elle l'a rendue une des plus durables et puissantes monarchies du monde.

„Mais, pour ne point sortir du comté de Neuchfltel, il a manqué d'être entièrement dissipé par les partages et par le dénombrement de ses terres; car le comte de Montbéliard ayant acheté la seigneurie de Valangin de l'un des successeurs de celui auquel elle avait été donnée en partage, il ne l'aurait jamais rendue si le comte de Neuchâtel ne l'y eût obligé par le moyen de la souveraineté qu'il y avait encore; et si on n'avait pas eu des amis à Berne, à peine aurait-on pu empêcher que le dit comte de Montbéliard ne l'eût retenue, et que LL. EE. ne l'eussent acquise eux-mêmes, aussi bien que la seigneurie de Colombier.

„Les înféodations faites à des enfants naturels ou bfttards de ta maison des comtes ont causé plusieurs désordres, et on a été contraint sous la seconde famille d'en venir jusques là que de foire perdre la tête sur un échafaud à Vaulhier qui tenait Rochefort, et de confisquer deux fois Gorgier, Travers et même Vaumarcus pour crifûe de félonie; au lieu que dès que le comté a été rendu indivisible absolument, il a joui d'une profonde tranquillité, tout le monde ayant reconnu les avantages que l'indivision apporte. U n'y a point de royaumes ob elle ne soit à présent en usage : toutes les souverainetés qui se sont formées du débris du royaume de Bourgogne l'ont établie en même temps qu'elles s'en sont soustraites, quoiqu'elles se partageassent auparavant; car la Franche-Comté, ta Savoie, le Dauphiné, la principauté d'Orange qui en dépendaient autrefois, sont à présent indivisibles, et dans l'Italie, le Piémont, les duchés de Florence, de Milan, de Mantoue et du Montferrat ne se partagent point. La même chose se pratique dans toutes les fomilies

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