CHAPITRE III
Charles Paris dt>riéaiis,
comte de St-Pol.
Charles-Paris Charles-Paris d'Orléans, comte de St^PoI et depuis l'an 1669 dac
^cMtei'e^t Va- ^^ Longueville, ayant été €|n cette manière mis en possession des
langin. comlés de Neuchâtel et Valangin, donna des marques de sa bien*
nouveiw^rince! voîllance aux peuples dès le même jour, 13 mars 1688, où il fut
reconnu prince souverain de Neuchâtel et Valangin. D fit couler la
fontaine de la rue de la Pommière pendant trois heures en bon vin
rouge, dont il coula 2500 pots; il fit aussi jeter k la population
Démonstrations 800 fraucs de monnaies et de pièces d'argent. Les peuples, à leur
^îa"w^def* *^^' témoignèrent une joie extraordinaire par des cris de Vive le
peuples, prince. On fit des promenades militaires le reste du jour; on alluma un
Fende Joie, feu de joie SUT le bord du lac, et lorsqu'il fut un peu avant dans
combat naval, j^ ^^j^ .j ^^ trouva dix-huil bateaux sur le lac, partagés en deux
armées, qui représentèrent un combat naval. Enfin il y eut cent
personnes, tant officiers de milice qu'autres, qui furent régalées à
la maison de ville aux dépens du prince, pendant que les princi-
RepMspien- paux de l'Etat furent traités splendidement au château, le prince
chftieau, étant de la fête.
Dépntation de Le 15 mars, jour des Rameaux, il arriva à Neuchâtel une dépucompument^ tation de Fribourg qui vint complimenter S. A., de laquelle M. de le prince. Praromau était le cher; et comme il s'exprima en allemand, le conseiller David Merveilleux en tai l'interprète. Le lendemain il arriva De Berne, une autre députation de Berne pour le même sujet; MM. le général d'Erlach et de Buren étaient à la tête, suivis d'une brillante noblesse. Desoienre. Le jour suivant arriva celle de Soleure; mais le canton de Lucerne, Lettre de Lu- quoique allié, se contenta d'écrire une lettre au prince, dans laquelle, *^^™*' après l'avoir félicité, il s'excusait sur ce que les principaux de cette ville étant à la Diète, il n'avait pas pu envoyer une députation. ^^^enn?^^ Ceux de Bienne vinrent aussi au nombre de neuf chevaux, dont De Genève, le chef était M. Wildermet. La ville de Genève, quoique éloignée et non alliée, envoya aussi des députés dont les chefs étaient MM. Roset et Fabry, qui arrivèrent à Neuchâtel le 20 mars, ce qui fit bien du plaisir au prince voyant que cette ville recherchait aussi son amitié.
igminee^ ToQS CCS ambassadeurs furent régalés au château par S. A. Le ^^utésVe* ^^^^^' ^^ mnrsy le prince fut régalé magnifiquement par les Quatre* <fcnève. Ministraux sur la Boucherie, avec les députés de Genève.
GOMTB IIX 8T-POL. 153 LIVBE U.
Pendant le peu de temps qne ce prince passa dans le pays, il fit 1668 plusieurs promenades à Colombier, au Val-de-Ruz, à Cressier, oà Tout ce que le il alla faire sa dévotion le dimanche de Pâques, et partout il fut ^Mn^^ioiiÎMua^ reçu avec des acclamations de joie, la milice étant sous les armes. p*3^*
Le prince partit de Neocbfttel le 23 mars. Environ dnquante ca- Départ du valiers des principaux de TEtat raccompagnèrent; mais étant arrivé p*^^* à Rochefort, le prince les obligea à s'en retourner, à la rés^ve de MM. George de HontmoUin et Jean-Jaques Sandoz, qui, par sa permission, raccompagnèrent jusqu'à Môtiers.
Pendant son séjour à Neuchâtel, le prince fit un règlement à Bellement l'égard des juges qui doivent composer TElat de la noblesse dans p^J^ ^^J'or* les Trois-Etats, parce qu'il y avait souvent des difficokés sur ce ordre aux siyet parmi les nobles. U ordonna, pour cet effet, qu'à Favenir les l'wis-ïî**^* quatre plus anciens conseillers d'Etat nobles y seraient les juges ordinaires et composeraient le premier Etat, mais au cas qu'ils fassent parents des parties, ou pour d'autres raisons importantes, le gouverneur pourrait nommer qui bon lui semblerait entre les nobles du pays, pour juger en leur place.
Quoique le prince fût en état de régner par kii<-môme, cependant D04 qu'a anire dès qu'il fut arrivé à Pmpîs, comme il se vouait entièrement aux pj^^*^,jj^in armes, il donna à Madame de Longueville, sa mère, toute Mforilé régence à la et pouvoir de régir l'Etat, par des lettres patentes datées du 24 hmî ^^^' 1668; tellement que pendant les quatre ans qu'il vécut encore, il n'a jamais gouverné lui-môme les comtés.
Le comte de St-Pol, qui ne respirait que la guerre, avait pris Durérentetparbeaucoup de plaisir à voir les milices de cet Etat et tant d'hommes ^^^^^^^ armés ; car il y en avait eu 6000 à son arrivée. D fut môme tout étonné piaiiir quni que dans peu d'heures de temps on eut fait tant de diligence, ^-J^^oMne!^ voir, depnis le dimanche matin jusqu'à trois heures après-midî. Le chfttdoises. lundi 9 mars, il avait vu les troupes du comté de Valangin, et it avait témoigné beaucoup de satisfaction en apprenant que les armes dont la milice des Montagnes était pourvue étaient fabriquées dans le pays.
Après diner du dit jour 9 mars, il alla sur le lac pour voir de sa promenade là d'autant mieux l'assiette de la viHe. Pendant qu'il y était, la jeu* '^ ^® ^' nesse avait pris les armes et vint sur le bord du lac. Le i^nce sa réception étant descendu du bateau, monta sur la Plateforme de la maison de ^'JV^wentaT M. Guillaume Tribolet pour voir d'autant mieux faire l'exercice à da batean. cette jeunesse qui était commandée par le lieutenant BaiDods, et il témoigna d'en être bien content.
Le mardi 10, le prince était dié se promener sur le lac avec ^fJ^y^J^ MM. Greder, Mollondin et le baron de Gorgier. Pendant qu'il y était, JJJ^^j^ M. Girard, pasteur de l'église de Neuchâtel, s'entretenait au chAteau ^ ^^elnc^ avec le duc de Longueville smr des matières de reUgion. Lon^aeTUie.
LIVIE H. 154 CHAPITRE XIU — GHAILfiS PAKI8 D^ORLÉANS,
1668 Le 11 nars^ le comte de S^Pol prit ptaifeil* à voir la compagnie
da capitaine David Favarger, receveur des deniem cacmels, auquel M. Mouillet, ambagfiadeor de S. M. T. C, avait peu de temps auparavant donné un brevet de capitaine; colle compagnie avait été levée en peu de jours, et eUe partit le 21/31 mars pour se rendre en Flandre.
Le comte de Le samedi 14 mars, le comte de St-Pol alla k Oessier en batean
8t-Pol & Cres-
sier. pour y faire le lendemain sa dévotion. Les iMbitants de la baronnie
Baiyee de ceux du Landeron prirent les armes et lui firent la sahre. Ceux de St-
UN^v^e!^'^® tirèrent depuis la tour du temple à mesure que le prince
passait, et ceux de la Neuveville leur répondaient depuis le chftteau
de Schlossberg. S. A. logea cette nuit dans la maison de M. de
n Ta an Lan- Molloudin à Cressier. Le lendemain, aymit fait sa dévotion au Lan-
^^ deron, il retourna en bateau à Neuchâtel; à mesure qu'il passa a«
Salves de cenx pont de Tluelle, coux de Comaux s'y trouvèrent avec temrs armes
»on re^. et lui firent la salve, teliement que partout oà il allait, il trouvait
des hommes sous les armes.
Landta«r anx Le gouvemour de Stavay-Lully ordonna, par on mandement du ^i^t'^^ 31 mars 1668, au maire des Verrières, de faire tenir un Landiag menitre. aiix dites Verrières, au sijget d*un meurtre qui y avait été commis un hottime ayant tué son frère. Il veut que la justice des Verrières tant seulement, quoiqu'eHe ne soit pas cour criminelle, en rende la sentence, et pour remplacer ceux des Verrières, il ordonne qu'on ' prenne en renfort des justiciers du Val^-de^-Travers, afin de rendre complet le nombre de douze; que si le maire des Verrières n'y peut pas assister poor quelque indisposition, le lieutenant des dites Ver* rières doit prendre sa place sans conséquence, j.-j. deRoii Jean«Joseph de Roll, fils de Jean de Roll, ayant demandé Fan ^e^tetten.^ 1668 Tinvestituro de son demi-tiers du fief de Kriegstelten qu'il possédait. S» A. ordonna qu'il produirait son titre d'inféodation de Tan 1495 avant que d'être reçu à foi et hommage. Le comte de Le comte de Sl-Pol, qui ne souhaitait rien avec plus d'ardeur que Candie an se- ^0 so Signaler à la guerre, partit de France le 1" septembre pour coon des Veni- se rendre en Candie au secours des Vénitiens contre le Turc M. de ^^' Feuillade l'accompi^gna avec six cents gentibhomoaes français. On DépataUonde envoya des députés de Neuchâtel à Lyon qui, au passage de ce ^m^^i^ prince en cette ville, le complimentèrent et lui souhaitèrent un heureux voyage.
Exploita dn U arriva dans l'ile de Candie le 2 octobre, et quoiqu'il n'y fut ^ca^r^ 4^® ^^î^ ^o\s, il ne laissa pas de s'acquérir beaucoup de gloire pMT des actions glorieuses; en la première sortie qu'il fit, il y eut phis de cinq mille Turcs tués et un grand nombre faits prisonniers. ^^e a^£' Ouant au duc de Longueville, après avoir fait son iestament, ra[>» i^^V^Rome. porté en partie ci^evant, il partit de Lyon, où il avait séjourné quelr-