XXXIV , DISCOURS
ne pouvoit être conçu par un autre esprit qu® je sien , c'est ce jugement singulier qui met JJoileau au rang des critiques subalternes. Si Ton en croit ce critique supérieur , « Boileau n"a H jamais bien jugé que par comparaison ; de là u Aient qu'il a rendu justice à llacine , l'heureux ce imitateur d'Euripide, et qu'il a méprisé Quiet nautctloaérroidemcntCorneiiiequineressem- « bloient à rien. » Une pareille assertion prouve beaucoup d'ignorance ou de mauvaise foi. M. Marmonlel n'a-t-il donc jamais lu le troisième chant de l'Art poëliqne, dans lequel Boileau expose, avec autant d'élégance que de goût , toutes les qualités née essai res pour former une tragédie pariaite? qualités qui jusqu'ici n'ontpointeiicore été réunies dans aucune pièce. Si Boileau ne jugeoit que par comparaison, pourquoi se déclara-t-il , contre la multitude , en faveur du Misantrope? Qu'est-ce qui lui lit sentir le mérite prodigieux de ce chef-d'œuvre, pour lequel le pul/lic n'étoit pas encore mûr , et qui ne ressembloil à rien de ce que l'on connoissoit en ce genre? Si Boileau ne jugeoit que par comparaison , pourquoi rassura-t-il Racine alarmé , du suc(ès équivoque de Britannicus? Qu'est-ce qui lui découvrit les beautés supérieures de cette tragédie, unique en son espèce, et dont on ne trouve de modèle ni chez les anciens ni chez les modernes ? Il est donc visible que Boileau s'étoit formé un tjpe intellectuel, auquel il rapportoit les ouvrages dramatiques dont il se constiîuoit le juge , et ce type valoit certainement bien celui d'après lequel ont été composées les tragédies d'Aristomène , des Héraciides , d'Egjptus, etc. Mais Boileau a loué froidement Corneille ! Il seroit diflicile de faire un «îîoge plus vif et plus brillant du Cid ,