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ET DU CONCOURS AGRICOLE D'ARRONDISSEMENT

Uni ont ev lira les 25 et 2e mal ISttS,

Pir M. P. D*ALBI6NT, secrétaire général de la Société Impériale d'Agriculture, etc., de la Loire.

Dimanche 25 mai a eu lieu à Bourg-Argental une fête apicole qui empruntait un véritable caractère de solennité, au ptronage de réminent prélat sous lequel elle se plaçait et au concours si bienveillant des diverses autorités et des notabilités qui avaient bien voulu y prendre part.

la Société impériale d'agriculture de Saint-Etienne inau- Rurait le second comice et le second concours agricole de rarrondissement, dont la ville de Bourg-Argental devait être le siège en 1862.

La nopulation des cantons de Pélussin et de Bourg-Argental, dont la réunion formait la circonscription du nouveau comice, s'étaient, malgré de nombreuses difBcultés de transport, donné rendez -vous dimanche dans ce dernier chef-lieu, et les cantons voisins, tels que ceux d'Annonay, de Serrières, de Saint- Gènes t-Malifaux et d'Issengeaux , fournissaient un nombreux contingent à Taffluence énorme qui se pressait ce jour-là dans la petite ville de Bourg- Aigental.

Tout du reste conviait à ce concours vraiment inespéré des populations rurales de la contrée, car le temps était beau et promettait de l'être encore, et les préparatifs de la fête et du concours devaient assurer son succès.

Et puis, dison3-le, tous savaient qu'un illustre prélat; enîant du pays, connu et aimé de tous par ses vertus et ses bienfaits nombreux, devait prendre part aux cérémonies de t«iour, les présider et les honorer de sa présence. En effet, S. Em. le cardinal Bonnet, archevêque de Bordeaux, ne voulant laisser à personne ies charges d'un patronage que son cœur lui avait fait accepter avec joie, avait fait connaitre

dès la veille qu'il célébrerait une messe solennelle d'inauguration du comice agricole. Aussi, l'élite de la société df Bourg-Âi|^ental et les innombrables visiteurs venus de tous lieux, assislaientnils dimanche, à dix heures et demie, à l'office divin célébré par Mgr Donnet, assisté de M. Gazailhan, son vicaire-général, et de M. le curé de Sainte-Croix de Bordeaux,

Pour rendre facile et commode à tous Faccès des lieux où devait avoir lieu cette première cérémonie, Son Emincnce avait elle-même choisi la belle salle d'ombrage formée par l'allée de tilleuls qui fait face à l'habitation de M. de Sablon, maire de Bourg-Argental, et c'est dans ce temple pittoresque et charmant aue le vénérable prélat a voulu officier etappe 1er les bénédictions de Dieu sur les travaux du comice. MffT Donnet a fait précéder l'office d'une courte et charmante allocution dans laquelle il a exprimé la joie qu'il éprouvait de voir les bons habitants des campagnes et ses oien-aimés compatriotes réunis dans ce temple rustique, si en harmonie avec la fête du jour et dont la nature, toujours si riche et si belle, faisait tous les frais. Puis, s'inspirantde considérations archéologiques en rapport avec les circonstances etlcslieui, il a rappelé en quelques mots que les premiers chrélieDs n'avaient pas d'autre sanctuaire, que les persécutions avaient seules refoulé les cérémonies religieuses dans les temples ei dans les catacombes, et que les différentes parties de l'architecture de nos édifices religieux, des édifices du style ogival surtout, n'étaient que la reproduction en çierre des voùlfô, des colonnes aériennes, des arceaux et aes nervures que nous offrent les beaux abris des forêts.

Pendant l'office, la musique de Pélussinqui s'était rendue dès l'aube à l'appel du comice de Bourg-Ar^ental, n'a cessé défaire entendre des morceaux d'harmonie et sous la conduite deson chef M. Winderroander, aprété un excellent concours à cette fête.

Anrès l'office son Eminence a été accompagnée chezfelle entre àeux haies de pompiers et musique en tète, par tous les fonctionnaires et memores du Comice qui étaient allés l'y prendre avant la cérémonie.

A 3 heures et demie a eu lieu la distribution solennelle et publique des récompenses aux agriculteurs, aux servileurset servantes de ferme des cantons de Pélussin et de Bourg-Argental qui étaient seuls appelés à y participer conformément aux statuts du Comice. Cette cérémonie q\u ainsi que la première devait a voir lieu en plein air, sous les tilleuls, a malheureusement été dérangée par une pluie d'orage torrentielle et c'est la salle du conseil municipal qu'on a dû choisir dès lors pour y procéder.

M. Sencier, préfet de la Loire, arrivé depuis une heure envjroiiy ainsi que M. le général Pecqueux, M. le comte de Callac, secrétaire général de la préfecture. M. Gay, procureur impérial, MM. Sauzéa et d'Hérisson, conseillers de préfecture, M. de Martel, sous-inspecteur des forêts, avaient voulu, malgré le mauvais temps, jeter un rapide coup d'œil sur l'installation du Concours, et s'étaient rendus ensuite dans la salle de la mairie. Son Eminence le Cardinal Donnet ne tarda pas à arriver et à prendre place au bureau ayant à s^ cotés les fonctionnaires de tous ordres qui s'étaient rendus avec un si bienveillant empressement à l'invitation du bureau du Comice.

Une foule nombreuse se pressait dans cette vaste salle, trop petite toutefois pour contenir la masse des hommes et des dames qu'avait amenés l'espoir d'assister à cette intéressante cérémonie.

Son Eminence a ouvert la séance par le discours suivant quia été écouté avec le plus profond recueillement et chaleureusement applaudi :

Messieurs et bien-aimés compatriotes,

Cest avec bonheor que je vous vois placer TlnauguratioD de votre Comice sous le patronage Idu maître de la nature, de l'arbitre suprême de nos destinées. Je vous en loue et je vous en bénis, comme duque année, je bénis dans mon diocèse ces nombreuses fêtes de bmâle rehaussées comme aujourd'hui par la présence des premiers foDdionnaires et de tous les vrais amis des populations si inléressanlei de nos campagnes.

Ces Comices, à leur origine, si faibles et si peu compris, n'ont pas tardé à se multiplier, à prendre de la consistance; on s'est ému de tontes parts, en faveur de l'agnculture, on a réclamé et cherché partout de nouvelles garanties; son nom seul est comme une ancre de salct au milieu de la tempête.

Aimez donc votre état, bons habitants des campagnes; esthnez-le ce quMl vaut; laissez-le à vos enfants comme la plus belle part de votre héritage. Sachez que l'imagination humaine n'a pu rêver dans tons les paradis qu'elle s'est créés sur la terre quelque chose de mieux qoe des eaux, des ombrages, un ciel propice, une terre fertile, une place au soleil sanctifiée par la prière et le travail, animée par les oiseaux du ciel, divinisée par la présence sentie du Créateur. Ces liqoe se trouve le bonheur, non pas immuable et complet comme daâi DOS rêves, mais aussi réel qu'il est possible de le rencontrer ici-bas.

UMiépendamment des autres considérations qui doivent attacher rhomme des champs à sa profession, il y en a une qui m'a souven

ao

frsDDé et qni a dû vous frapper vous-même», c'est que de tous les ïu de o'tes les sciences, la vôtre est ceUe qui égare le mo:» 1 W dan! Ve. chimères des systèmes parce qu'elle est tou.e d'ex- Sce et de pratique. Vous navei pas heureusement affaire am KœrlUudes de l'esprit humait, avec les passions, le. rêves, le. prt agis de, écoles, dw sectes qui obscurcissent tout : vous lrav».lî« lîur dnri dire, à côté de Dieu; vous n'êtes que les collabonteors de la loi céleste de la végétation.

or celte loi ne se plie pas à nos vains caprices; la nature n a pas de cîmIlaLSce pour nos faux systèmes; elle est souve.aine. ab»ïe Si «on auteur. Elle nous seconde, elle nous «de. elle non. Zimoense si nous travaiUons dans son sens vrai, mais sinons ^iXr'coïtrdndre, la fausser, elle nous donne à l'instant mes» deîîéientiîclatanta par la stérilité, par la mort de tout ce qo. ÎL avons voulu créer en dépit d'eUe et à l'inverse de ses lois.

«niSuM poinumêmede philosophie spéculaUve. ils peuvent inventer ?« SraCrdes chimères et les donner au monde pour des vénléi Snïne le Sveipas. vous, agriculteurs; vos plus longues erresr, LvontXra^elà d'une saison. Le temps d'une végétal^»n. oo nririeiiï une année au plus, voilà le terme de vos mécomptes. r« Si U Urme de vos eipériences- Passé ce terme, la nature voas Sfie eulï.ême. elle révèle se. volontés, pour que vous y tas«e: ^ncordS vw îaJaux. Vous la consultez, elde ce dialogue incessaDl S^mmepi inUrroge et la nature qui répond, vous fom« CM manuels de l'agriculture qui deviennent la science delavégé-

'"r^talnriaue députa Pline écrivent le catalogue de toutes la Plantes dê"'Empire «main connues de son temps, députa le Cygn. SMaîtoue wfataant professeur d'agriculture, jusqu'à ceseipédi- L?d« »otaés! jasqu'aux efforts persévéranU des botes de aos rnasttres^uTâl errec^^^ la «smence de ces arbres dont Us r. .nS S déserta stériles qu'ils arrosèrent de leurs sueurs; jnsauSntFran5ïe.Paule.Lant^^ Touraine de ses prumers^ de sefSrIe™ du bon chrétien, l'agriculture a charmé les lo|sjsd« !! ^. «Aie. des hommes d'Etat, des hommes d'Eglise, des Eeî^eCem. cU le charme naturel à l'étude de ces phéoo- Ses! qui rdans tous les âges, attaché l'àme des hommes de pe«- «ie au'sDeclacie mer\eiileux de la nature.

BéeauspeciB Unterne, Cicéron à

/""în™ TXin»«îesTàtaigniersdea^^^^ M- deSé»igo| ^"' .««Itmiîaïl dans ce mot touchant qui vaut à loi seul '""° ÏÏ^oL • .Mallîe Paul est mort, mes arbres en sont triste. • X WorU«;, Sant comme Pline i Rome, jouir ^ se.

musées vivants des nagnifieences de la nainre quMl décrivait ; enfin» MoofeaqQieu dans les allées de la Arède invoquant les ombres des empires et Tesprit des législations, et, plus près de nous, les Bonnefond et les Sénéclauze attirant les étrangers de plusieurs parties du monde dans ces jardins et ces pépinières qui sont un des plus beaux omeoaenls de notre pays.

Je ne DQ*arrélera*s pas si je voulais vous rappeler tous les hommes illustres qui oot aimé la vie des champs. En vérité, on ferait l'histoire de tous les grands esprits par celle des retraites rurales quMls ont crées, embellies ou illustrées par leur séjour.

Et ne croyez pas, bons habitants des campagnes, que ces jouissances soient réservées exclusivement aux grands de la terre, aux riches possesseurs d'immenses domaines; non. Il n'est pas besoin de richesse, de magnificences, desgrands espacesde Paya, de Nantha, de laBertrandière ou de Gourdan, pour jouir de tout ce que Dieu a caché de bonheur dans la culture ou dans le spectacle de la végétation, il y a des plaisirs qu'il n'est pas donné à la fortune de s'approprier, de monopoliser pour elle seule ; la nature est, par excellence, égalitaire et (raternelle ; elle n'a pas donné d'autres sens pour jouir de ses dons aux riches qu'aux pauvres, aux oisifs qu'aux hommes de travail. Quelle que soit la gnandeur ou Tétroitesse de l'espace que l'homme consacre à ses jouissances, il n'entre par son cœur que la même dose de sensations.

L'Âme humaine est ainsi faite, parce qu'elle est douée d'une telle faculté de se rapetisser ou de s'étendre, qu'elle peut déborder de l'uoivers trop étroit, et s'écrier comme Alexandre : « Donnez-moi d'autres mondes, celui-là est trop resserré, d Ou qu'elle peut se concentrer toute entière dans un point imperceptible de l'espace, et dire comme le poète à Tibur : « Ce petit coin de terre vaut pour moi tous les mondes. » Soyez sûrs que le possesseur des plus riches domaines que vous rencontrez sur les bords de la Déaume, de la Loire ou sur les ravissants coteaux d'Ampuy et de Sainte-Foy, n'a pas un sentiment plus délicieux, plus débordant, plus pieux envers la nature et son auteur que vous, bons habitants de Rnthiaoge, de Saint-Sauveur, de Pavésin^ de Bœuf, de Maclas ou de Ghavanay, quand vous vous reposez b dimanche entourés de vos enfants, dans votre petit héritage, au pied de quelques arbres en fleurs que vous avez greffés, auprès de vos deux ou tiois ruches qui bourdonnent au soleil, en vue de la prairie, où paissent joyeusement les animaux domestiques qui, le lendemain, reprendront avec vous les travaux accoutumés.

Eh! qui sait mieux le sentir que je ne le fais en ce moment, où, en présence des vieux sapins de Taillard et du Châtaigneraie, je vois renaître en mon âme quelques-unes des plus douces jouissances qu'il ail été donné à mon imagination d'enfant ou de jeune homme de

goûUr 1 Et quand il m'est possible d'arracher à Tétade et aux fatigues d'une laboriease administration quelques heures de libertés et de solituda» c'est aux pieds des grands arbres que mes honorables prédécesseurs ont dû à la muniûcence impériale que je cherche ces entretiens solitaires que tout homme éprouve le besoin d'avoir ave^^ lui-même.

Oui, pardonnez-moi des détails intimes qui sont ici de bonne mise : les premières joies de l'homme entrant dans la vie, les premiers enthousiasmes de la contemplation, les premiers attendrissemeots de TAme, voilà d'où m'est venue de bonne heure, pour les habitants des campagnes, cette prédilection qui, tout autant que les devoirs dé la charge pastorale, me ramène si souvent au milieu des villages de mon vaste diocèse ; il n'est pas un de ces hameaux où il ne m'ait été donné d'oiTrir l'auguste sacrifice et d'annoncer la parole de consolation et de vie.

Aussi me vois-je compris par mes biens aimés diocésains, et le suis-je également par vous tous. Je le sais, bons habitants des cantons de Bourg-Argental, de Pélussin, et de Saint-Henest, vous avez regardé jadis les Archevêques de Vienne et aujourd'hui les Archevêques de Lyon comme les pères et les pasteurt de vos âmes; et les prêtres qui les représentent dans chacune de vos paroisses comme vos meilleurs amis. Continuez à consoler leur ministère par votre empressement à profiter de tous les moyens de salut qu'ils vous offrent avec un admirable dévouement.

N'oubliez pas, et c'est \otre plus beau titre de gloire* qu'à un jour de grandes épreuves, quand de déplorables erreurs vinrent arracher à l'Eglise un certain nombre de ses enfants, les portes des riches du Vivarais et de quelques grandes maisons du Dauphioé s'ouvrirent ï la parole des novateurs. Le Forez resta fidèle, l'huis de la ferme demeura clos ; vos pères, les hommes de labour ne comptèrent pas un seul apostat ; ils coururent hardiment sous la croix et la bannière de leurs paroisses à la défense de la plus belle part de l'héritage, la foi catholique, apostolique et romaine, dans le sein de laquelle ils voulaient mourir. Le fameux baron des Adrets battu par les habitants de Saint-Chamond, de Saint-Etienne et de Lavala sur la montagne où a été érigée la nouvelle paroisse du Bessat, ne put pénétrer k Bourg-Argeolal. C'est avec peine que je ne revois plus cette peiite porte qui, jadis, attirail mes regards d'enfant, car elle était suroaootée d'une pierre où étiit admirablement sculptée l'image de la patrône de ces lieux, faisant servir son fuseau à fermer l'étroit pas sage par lequel voulait entrer un implacable ennemi (1).

(i) Cette pierre vient d'être religieusement placée au frontispice da nouveau clocher.

Puisse Tanité des croyances qui est un des besoins les ncieux sentis par tons le&homnies sérieux rétablir Tesprit de concorde qui seul peut Doos sauver. C'est à nos chers voisins du Haut-Vivarais que s'adresse plus spécialement ce vœu de notre cœur. On ne peut plus se le dissimuler» les doctrines qui remplacèrent pour quelques-uns d*eDlre eux la foi de leurs pères, sont encore le germe des divisions et des déchirements que nous subissons aujourd'hui. La Réforme, en disant : plus d'Eglise, a donné le jour aux libres penseurs qui ont dit: plus de Dieu ; et ces derniers ont enfanté le communisme qui dit : plos de société.

Que la société se mette donc en réaction contre elle-même en secondant les efforts d'un pouvoir réparateur, représenté ici par tout ce que l'administration, l'armée et la magistrature ont de plus élevé et de plus digne dans ce département. [Comprenons dans quelles voies fatales nous nous laissons entraîner ; il est impossible que les germes de foi, de bon Eeos, de droiture, qui nous ont placés si haut dans l'estime du monde, ne reprennent pas sur nous leur glorieux empire.

C'est un gage de salut, que de voir le [Jus opiniâtre de nos préjugés vaincu ; et la pensée religieuse, comme il arrive, sur un vaisseau agité par la tempête, reprenant dans le sentiment public la place qui loi appartient. Nous avons perdu un moment le gouvernail, reprenoDS-le aujourd'hui. Là sont les grandes luttes, là les difficiles mais glorieuses victoires.

Pour vous, N. T. a F., allez maintenant, pnri6é8 que vous êtes par la prièrb aux récompenses que votre comice veut décerner, non-seuleoent à vos travaux, mais encore à vos vertus.

Je dirai dans quelques jours au vicaire de Jésus-Christ, votre foi, votre attachement à sa personne et à l'autorité divine qu*il représente ; je lui rappelerai, au moment où il me serrera dans les bras de sa paternité, vos vœux ardents pour que le Ciel daigne abréger les jours de son épreuve.

Soutenus par celte bénédiction que nous vous aurons donnée en 800 Dom, et encouragés par cette part toute de cœur que prennent à vos travaux et à vos succès l'élite de vos concitoyens, vous retournerez avec joie à ces champs qui vous donnent les moissons, la soie, les froits, soutiens de votre existence, et ces fleurs qui embellissent looles vos fêtes.

El moi aussi, travailleur comme vous, et souvent plus fatigué que vous, je reprendrai l'élude et la méditation pour me former à l'art sublime de sauver des âmes ; heureux si je puis contribuer à faire porter des fruits meilleurs aux institutions de notre temps, en priant pour elles dans nos églises et en cherchant à les perfectionner dans

les assemblées politiques, car la religion, chose admirable, a dit Montesquieu , « D'à pas seclement en vue notre félicité dans Taotre vi^ « mais elle assure encore notre bonheur dans celle-ci. •

M. le Préfet s* est levé ensuite et avec cet accent énergique et convaincu que chacun lui connaît il a adressé à rassemblée l'allocution suivante :

« Messieurs,

a II y a un an, à pareille époque, la Société d'agriculture de Saint-Etienne inaugurait la série de ses Concours annuels dans la ville de Rive-de-Gier. En présence d'hommes que le département de la Loire est justement fier d*entendre appeler « les premiers industriels de France^ » je me félicitais de voir l'agriculture et l'industrie se tendre, dans nos magnifiques contrées, une main généreuse et amie. J'applaudissais en même temps aux intelligents eiforts faits par Rivede-Gier pour parer notre fête agricole d'un éclat digne de la cité qui en prenait l'initiative et de ceu\ auxquels elle était offerte.

aCc (jue je disais alors, je dois le répéter aujourd'hui.Comme à Rive-de Gier, nous pouvons admirer à Bourg-Argental les merveilles de l'industrie unie aux splendeurs de l'agriculture ; comme à Rive-de-Gier, la ville de Bourg-Argental rend un respectueux hommage à nos laborieux et honnét«s cultivateurs. Ce n'est pas seulement une cordiale hospitalité qu'elle leur donne, elle veut honorer et elle honore publiquement leurs utiles travaux, leur énergique persévérance et leur touchante modestie.

« De pareils sentiments, Messieurs, n'appartiennent qu'aux grands cœurs. Ils sont ceux de l'Empereur, qui, pour me servir de l'expression du ministre d'un grand roi, n'oublie pas <L que pasturage et labourage sont les deux plus puissantes « mamelles de rÉtat, » et qui ne songe qu'avec une bien douce émotion à l'inaltérable affection des populations rurales pour sa Personne et sa Dynastie.

« C'est en vain que, se livrant à de mesquines critiques ou à de perfides insinuations, d'incorrigibles coteries voudraient méconnaître la grandeur d'un règne qui a pour assises la religion, la prospérité, la gloire, l'ordre et la liberté.

« Il y a désormais un pacte indissoluble entre l«s Napoléon et le Peuple français.

« Aux iSapoléon, Id confiance, l'attachement et le concours de la nation ) qui, en leur décernant deux fois la couronne en cinquante ans, a voulu protester contre les excès commis en son nom et consacrer le triomphe des immortels principes de 1789!

« A la nation, le calme, la sécurité, la force, le respect du monde entier et ces admirables institutions de bienfaisance, prolectrices vigilantes du travailleur et du pauvre, dont l'Impératrice Eugénie, notre bien-aimée Souveraine, a voulu devenir Fange tutélaire I A nous aussi. Messieurs, à nous, les bienfaits de ces immenses travaux d'utilité publique qui auront pour résultat de fertiliser le sol, de sillonner TEmpire d'innombrables voies ferrées, d'améliorer nos routes et d'en augmenter le nombre, de faciliter l'écoulement de nos produits, d'étendre nos relations commerciales, de réaliser enfin au point de vue agricole et industriel des progrès inespérés qui, grâce à la patriotique émulation dont les récentes réformes économiques contiennent si heureusement le germe, permettront à la France napoléonienne d'accroître sa puissance et son prestige civilisateur 1

« Mais pourquoi parler de la sollicitude avec laquelle le Souverain suit vos mâles travaux et se préoccupe de vos intérêts? Pourquoi rappeler les liens oui vous unissent à une dynastie qui est la vôtre? Je connais la sagesse et le dévouement des populations de la Loire. Je sais notamment que le gouvernement impérial n'a pas de plus chaleureux amis que les cultivateurs des trois cantons de Bourg-Argental, Saint- Genestet Pélussin.

« Messieurs, des collaborateurs infatigables et habiles nous retraceront les résultats pratiques obtenus dans noire circonscription agricole. Ils vous feront entendre les conseils d'une expérience que j'envie. Je leur laisse la parole, mais, avant de terminer, je veux m 'associer aux sympathies qui nous ont été si éloquemment et si tendrement exprimées par Son Éminence Mgr le cardinal de Bordeaux. Ces sympathies ne nous feront jamais défaut et, croyez-le bien, le Préfet de la Loire sera toujours heureux lorsqu'il trouvera l'occasion de la manifester par ses actes.

« Continuez donc votre œuvre, bons et braves agriculteurs! Continuez-la avec le courage que doivent avoir les enfants d'un département habitué à occuper la première place dans les concours régionaux et ayez confiance dans l'avenir ! Tout ici nous prouve que Dieu et l'Empereur sont avec vous. Je vous apporte les encouragements de notre glorieux souverain et la présence d'un saint et illustre Prélat, votre compatriote et votre ami, ne semble-t-elle pas vous dire que la Providence bénit vos nobles et pénibles labeurs. »

Ce discours parti sans apprêt d'un cœur élevé a été couvert de nombreux applaudissements.

Enfin M. Briant, président de la Société impériale d'agriculture, a pris la parole en ces termes :

Messieurs,

Le grand nombre de personnes venues pour assister à cette solennité agricole serait, s'il en était hesoin, la meilleure preuve de son opportunité.

Notre premier Administrateur, les autorités militaires, civiles, religieuses, judiciaires, sont venues témoigner de l'intérêt quMIs attachent à ragriculture, et Son Em. Mgr le cardinal Doonet, en nous plaçant sous son bienveillant patronage, assurait à nos efforts le succès le plus flatteur.

Quel est notre but en effet, Messieurs? stimuler, instruire par l'exemple, signaler aux yeux de tous les bonnes méthodes et leurs bons résultats, désigner et faire connaître ceux de la grande famille agricole dont les bons et longs services nous semblent dignes d'être connus.

En faisant appel à une exposition d'animaux du pays et des environs, nous avons voulu Oxer votre attention sur ces questions, vous faire distinguer les bons des mauvais ; vous le savez, en effet, une des sources de la richesse agricole est le bétail, car sans bétail point de fumier, sans fumier point de récolte; maiss*il faut du bétail, il le faut dans de bonnes conditions. Bien choisi, bien soigné, il prospérera, il donnera des produits largement rémunérateurs. Surveillez vos animaux, améliorez-les par des soias attentifs, par un bon choix de reproducteurs et vos peines seront au bout de peu de temp5 très bien récompensées. C'est pour ce motif que nous avons amené quelques étalons choisis parmi les plus remarquables, en les appropriant le plus possible aux besoins de la r£ce dominante dans le pays.

En ce moment en présence des autorités de votre département, sous les yeux du digoe Maire de cette ville, nous vous avons appelés à venir recevoir des mains de Son Emineoce un témoignage de iMntérèt qui s'attache aux bons et loyaux services que la sollicitude de l'Empereur sait atteindre aussi bien dans les rangs de l'armée agricole et industrielle que parmi les so'dats à qui sont conflés la défense du pays et Tbonneur de la France.

Après les applaudissements qui ont couvert les dernières paroles ae Thonorable président de la Société impériale d'agriculture de Saint-Etienne, M. d*Albigny, son secrétaire général, a donné lecture de son rapport sur les divers titres qui ont motivé les récompenses décernées par le Comice aux agriculteurs et aux serviteurs ruraux des deux cantons formant le Comice. A l'appel de son nom, chaque lauréat est venu recevoir des mains de T illustre prélat qui présidait .la distribution, ou de celles des hauts fonctionnaires du département qui l'entouraient, la récompense qu'il avait méritée.

Enfin, après la distnbution des récompenses, qui ne s'est terminée qu'à cina heures, un banquet réunissait plus de soixante convives dans la magnifique serre de son établisse- . ment que M. Adrien Sénéclauze avait mise si obligeamment

à la disposition du Comice et au'il avait fait lui-même décorer avec un goût parfait. Le local était on ne peut mieux choisi pour cette réunion de famille gue présidait encore Mgr Donnet, ayant à sa droite M. le Préfet et à sa gauche M. le général Pecqueux, tandis que M. de Sablon, maire de Bour^-Argental, placé en face, avait à sa droite M. le Procureur impérial et à sa gauche M. le comte de Gallac. Venaient ensuite MM. les curés, les membres du Conseil général, les membres du Conseil de préfecture, les adjoints au maire de Bourg-Argental. Le nombre des.convives, onle voit, était grand et le coupd'œil de cette salle improvisée était vraiment magique.

Au dessert, M. le maire de Bourg- Argental a porté le toast suivant :

A. l'Empereur I

A ion énergie nous devons le rélablissement de Tordre et la sécurité. A son génie l'ascendant incontesté de notre France sur toutes k$ nations et de nouveaux lauriers à nos drapeaux.

Mais il a senti que le progrès de l'agriculture et de Tindustrie devait être la base solide la prospénté du pays et du bien-être des peuples. Grâce lui soit donc rendue pour les institutions qu*il a fondées, ifio de féconder cette double base de la vraie grandeur de notre Dation.

A. l'Impératrice I

Ornement du Trône par ses éminentes qualités, Modèle de vertu comme femme, épouse et mère; par ses sentiments chrétiens surtout elle a conquis à jamais le tribut de notre admiration et de nos hommages reconnaissants et respectueux.

A.U Prince Impérial !

Puisse le ciel le doter du génie de son Père, des fécondes qualités de cœur de sa Mère, double garant de sa grandeur future, de la gloire et du bonheur de nos enfants.

M. le Préfet s'est levé et a porté aux agriculteurs un toast ainsi conçu :

A.UX agri*lculteurB !

c Le loyal concours qu'ils prêtent à mon administration me touche profondément, mais ne me surprend pas. L'afFeclion qu'ils portent h leur souverain est trop smcère pour cru'ils n'accordent pas leur sympatbiaue appui au Préfet qui s efforce de faire aimer et respecter le gouvernement impérial dans le département de la Loire.

« Soyez, messieurs, mes interprètes auprès de ces bons citoyens! Portez-leur l'expression de ma vive gratitude et ne manquez pas de leur répéter qu'ils n'ont pas d'ami plus sûr et plus dévoué que l'Empereur Napoléon 1

c En son nom et de toute mon âme, je porte un toast à Tagriculture et aux agriculteurs I »

M. Montchovety premier adjoint au maire de Bourg-Ârgental, s*est levé à son tour et a porté un toast en ces termes :

Messieurs,

U est une santé chère à toos ici qa*il me tarde de porter,

A notre bien-aimô cardinal, Tinfaligable, le bienv3illant patron de Bourg-Argental, le plas noble, le plus généreoz ami de son pays.

D^antres, Tbistoire redira les rares qualités qui font de Son Eminence un des plus illustres prélats, un des plus célèbres hommes d*Etat de notre époque.

Nous, ses contemporains, ses compatriotes, nous avons une autre tâche a remplir, nous avons à payer en celte solennité le tribut de notre vive reconnaissance, de notre respectueuse affection.

Vos largesses, Eminence, apparaissent ici avec éclat, vos bienfaits brillent de toutes parts, nos édifices publics attestent votre munifi* ceoce et ce clocher, exécuté d'après vos plans, porte jusqu'aux nnes le témoignage de vos libéralités, on y lit à côté de vos armes : ex 7n^ nificentià erectum.

Géuéreux bienfaiteur de la cité, votre haut et puissant patronage s'étend aussi en particulier sur les enfants de Bourg-ArgentaL Que de misères soulagées par vous, que de familles consolées!

Que Dieu donc nous conserve longtemps celte vie qui nous est si chère, cette vie que vous savez si noblement remplir, cette main qui nou& bénit et nous comble de largesses, ce cœur qui nous aime et que nous aimons.

Puisse un avenir prochain nous réunir encore et qu^alors comme aujourd'hui ayant à notre droite notre si sympathique et bienveillafit Préfet, noua redisions tous ensemble :

ïice Son Eminence!

Vive M. le Préfet!

Son Eminence le cardinal Donnet, vivement touché de ce toast et des applaudissements et vivats qui raccueillaient, s* est levée et , s'inspirant de ces sentiments qui ont leur source dans Tamour le plus vif du pays natal, a ait d'une façon touchante combien il était reconnaissant de ces doux témoignages de ses compatriotes, et il a ajouté, en faisant appel à sa Muse familière :

Tout dans Bourg-Argental sert à nous enchanter : La verdure, les eaux, les bois, les fleurs nouvelles ; Heureux qui les revoit, comme les hirondelles. Heureux, chaque printemps, qui vient s'y reposer.

Le bonheur dans l'espoir berça ma rêverie ; Les lieux où je suis né seuls peuvent me l'offrir. J'ai besoin pour chanter du ciel de la patrie ; C'est là qu'il faut prier, c'est là qu'il faut mourir!

Puis le bon prélat a su trouver pour chacun, pour ses hôtes distingués comme pour ses vieux amis, de gracieuses paroles et de ces souvenirs de jeunesse que sa merveilleuse mémoire n'oublie jamais et auxquels il sait toujours donner une gréce charmante et nouvelle.

M. Adrien Sénéclauze, président du comice de Bourg- Argental, a ensuite prononcé un dernier toast à l'agriculture en ces termes :

La présence à cette fête de famille de tant d'éminents personnages, celle de notre vénérable ami et compatriote et des hautes autorités de notre département, sont une preuve évidente de la protection apportée de nos jour à Tagriculture.

Le gouvernement de TEmpereur qui encourage tous les mérites, a été pour elle une source de prospérités. L'homme instruit et bien élevé ne méprise plus cette féconde carrière, le savant lui consacre sec veilles, la mécanique construit pour elle des instruments merveilleux, la physique et la chimie Téclairent de leur flambeau.

Aussi, c'est actuellement sans la moindre réticence que le poète Mantouan pourrait s'écrier :

O nimium felices... agricolx !

C'est maintenant notre œuvre de faire connaître et de propager les progrès de la science agricole, de les faire mettre en pratique dans; DOS campagnes ; nous ne manquerons pas à cette tâche.

Honneur et reconnaissance donc à la société impériale d'agricuN tore de Saint-Etienne, pour la fondation et l'installation de noire comice des cpntons de Bourg-Argenlai et de Pélussin !

Gloire et succès à l'agriculture !

A 8 heures, les principaux convives pressés de revenir à Saint-Etienne, prenaient congé de Son Eminence et tous se séparaient emportant un bon souvenir de cette fête si animée, et si pleine de bons et précieux souvenirs, regrettant de ne pouvoir prendre part aux fêtes que le lendemain tenait encore en [réserve.

En effet, le lundi 26, ainsi que l'indicpiait Tordre du jour, s*est ouvert véritablement le concours agricole de l'arrondissement et s'est faite à la* suite du concours, sous la présidence de Mgr Donnet, la seconde distribution des récompenses. Malgré les difficultés d'accès, Téloignement des diverses communes des deux cantons, les animaux de l'espèce bovine étaient au nombre de 74, et plusieurs très-remarquables. L'espèce ovine et l'espèce porcine étaient assez bien représentées, et les animaux de basse-cour formaient de remar- Îuables collections, celle de M.Adrien Sénéclauze surtout, es produits agricoles et horticoles, les instruments et machines étaient en petit nombre et cela se conçoit, vu la difficulté des transports et Téioignement de tout chemin de fer.

Le local du concours était admirablement approprié à cette destination. Formé par la belle promenade des tilleuls, il of frait de longues et belles lignes de cases pour les animaux de toutes les classes, et les abords étaient décorés avec un

Soùt parfait, d*écussons aux armes des deux cantons, d* onammes et de verdure.

Ajoutons que M. Veillet, Fhabile et intelligent membre de la commission d'organisation, et MM. Maurice Dufour et Lacou, se sont acquittés de leur tâche avec une exactitude au-dessus de tout éloge.

Disons aussi que M. de Sablon, maire de Bourg- Argental, n'avait rien n^ligé de ce qui pouvait donner tout ratlrait possible à la solennité du concours et du comice, et nous aurons expliqué pourquoi la fête agricole de Bourg- Argental a été vraiment intéressante et a eu le succès le plus complet.

RAPPORT

•■r les récomi^iuic* déceméos pmr le Comlee asrleele de BonrgwArcenlal cl de PéloMilii.

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