V. 549 sq
(5) Apud Christ, Zarot, ad h. /. Vcnctiis MDI; cf. Bacr., ad Mimn. p. 14 sqq.
(6) V. P&ocLvs ap. Phot, Bibi., p. 319 b/11, éd. Bekker; cf. Faiifca., CaUin., p. 21 ; Bagh., do Phileta Coo, p. 9 sq., et de Mimnermo, p. 1?.
(7) Lib. II, ep.ll.v. 99sqq.
Discedo Aicœus puucto illius; ille meo quis9 Quis, nhi Callimachus^ si plus adposcero visus, i\t Mimnermus et optivo cognomine crescit.
HISTOIBE DE LA POÉSIE ELÉGIAQIE CBKZ LES GRECS. 273
tifs, on trouve en effet que Tun surpasse lautre de toute la différence qui existe entre le génie et Tart.
Nous savons aussi qu'Âsius de Samos, plus connu comme poète épique et généalogique, avait composé des élégies. Ce poëte parait être contemporain de Callinus (i), ou du moins il appartient à une époque assez reculée. En effet Athénée (i) lui donne 1 epithète d'ancien; et, déplus, Pausanias (s) et Apollodore (4), qui invoquent le témoignage de ce poëte, le citent avec Eumèlo, Hésiode, Cinœ^ thon et lauteur des Vers Naupactiens. Comme ce poëte s est servi du mètre élégiaque, etque néanmoins personne ne le donne comme inventeur de lelégie, on ne peut le placer avant Callinus et Ârchiloque : il est seulement probable qu'il florissait vers la xx" olympiade, environ 700 ans avant notre ère (5]. Il ne nous est d ailleurs connu en ce genre que par quelques vers fort piquants oii se trouve le portrait d^un parasite etque nous a conservés Athénée.
« Boiteux, marqué de stigmates, accablé de vieillesse, semblable a un mendiant, ce parasite vint, affamé de soupe, aux noces de Mélès sans y être invité : au milieu se tenait debout le héros qui venait de sortir de la fange. )>
On voit par cette citation que dans ces anciens temps 1 élégie admettait dans sa variété de tons jusqu'à la satire burlesque (e).
J^ignore sur quelle autorité se fonde Welcker (7), lorsqu'il avance qu Asius est beaucoup plus ancien que Simonide d'Amorgos. Ce sentiment est tout à fait arbitraire puisque aucun auteur ancien n'a précisé l'époque oii vivait Asius. Quant à ce Simonide, il était luiluéme Samien d'origine , et fut choisi par ses compatriotes pour chef de la colonie qui alla s'établir dans l'ilc d'Amorgos, où il fonda trois villes, Egiale, Arcésine et Minoa, dans la dernière desquelles il
(I) Cf. C.-J. CXI4R, p. is.
{t) Lib. III, t. 1, p. 230, éd. Tauchn.
(3j Meëêefi., cap. ii.J 1.
(4J Biblioth., lib. III, cap. viii. { 2.
(5) Cf. Fb. Dcbrbii, ud Asium^ p. 1. col. 1, éd. Paris.. 18t0.
(6) V. BâCB.,a^/ Àsium.f p. 139 sqq.
(TJ Sintonid. Ainnrg. iamb.qui »up., p. 7.
établit sa demeure (i). L'époque à laquelle il vécut est fixée diversement par dîQerents écrivains : Clément d'Alexandrie (3) le fait contemporain d'Archiloque, tandis que saint Cyrille (3) le place dans la xxix' olympiade, environ 660 avant notre ère. Cette date est confirmée par le témoignage de Suidas (4) qui le fait vivre 490 ans après la guerre de Troie. Or l'ère troyenne, telle qu elle fut fixée par le philosophe Déraocrite(5) , répond aux années 1 1 54-1 1 44 avant notre ère.
Suidas a dans son lexique consacré deux articles à ce poëte ; mais dans le premier il a, par une erreur évidente, rapporté à Simraias de Rhodes ce que ses autorités lui fournissaient sur Simonide d'Amorgos (e) . Dans l'une de ces deux notices il attribue à ce poëte des ïambes et un poëme intitulé Antiquités de Samos; dans Vautre, outre les ïambes, il le fait encore auteur d'une élégie en deux livres. Or on a tout lieu de penser, en comparant ces deux passages, que cette élégie n'est rien autre chose que Touvrage indiqué sous le titre d'Antiquités de Samos (7). Ce poëme historique devait être composé sur le modèle de YEunomie de Tyrtée, dont nous avons tâché plus haut d'éclaircir la nature , c est-à-dire qu'il était à la fois épique et gnomique. Comme chef d'une colonie, Simonide pouvait tout naturellement chercher à entretenir dans le cœur de ces exilés volontaires le souvenir de la métropole, et surtout à leur inspirer l'amour de l'ordre pour la prospérité de leur nouvelle patrie. Il ne nous est, du reste, parvenu aucun fragment du poëme élégiaque de Simonide, et la seule notion que nous en ayonâ est due exclusivement à Suidas.
Il est encore quelques poëtcs éléglaques qui appartiennent à cette époque, mais sur lesquels nous n'avons que peu de renseignements. Tel est le cas de Polymneste, poëte originaire de Colophon, et qui
(<) SuioAs, TOC. Ity/uiui et Stepd. Btz., voc. 'A,uopyôi. — Cf. Weloise, loc. cit., p 4 «q.
(î) Slroinat., lib. I. cap. xxi, p. 398, éd. Potter. — Cf. Strccll , p. 401, éd. Bonn.
(3) Contra Julian,^ lib. I, p. 12 C.
(4-) Voc. St/Awvi^>35 K/?iyeoj.
(5) V. Mdller, Frugm. hist. gt\, tom. II. p. ÎV, cIWelcebe, loc. Inud.f p. 4.
(ti) Cf. Welorek, loc. cit.
(7) Wblceee, loc. rît., p. 5 sq.
parait avoir vécu dans la xxx* olympiade (i). Plutarque est le seul auteur qui parle des élégies de ce Polymneste (s), plus connu comme musicien. Il en est de même d'un certain Clonas, dont la Yéritable époque est incertaine; Plutarque, peut-être sur l'autorité (JeGIaucus, Tun des deux auteurs qu il cite de préférence dans son Traité sur la musique, le fait plus ancien qu'Ârchiloque (s), et cela, parce quil croit Terpandre, que Clonas a suivi peu après (4), antérieur au poëtc de Paros. Mais sur ce point, Plutarque est en contradiction avec ce qu'il a avancé un peu auparavant dans le même Traité, que les nomes citharédiques avaient été trouvés par Terpandre bien longtemps avant les nomes aulédiques inventés par Donas(5). Mais si, comme il ])arait être démontré, Terpandre a vécu après Archiloque (e), il s'ensuit que Clonas lui est également postérieur. Quoi qu'il en soit, on ne saurait fixer au juste l'époque à laquelle ce dernier a vécu : il doit être probablement placé à la fin du vil* siècle avant notre ère. Remarquons en passant que d'après un passage de Plutarque (7), qui, du reste, n a pas été bien saisi par Souchay (s) , on doit aussi compter Terpandre au nombre des poètes élégiaques. Mais comme ses élégies ne nous sont connues que par une simple indication, il serait inutile de nous arrêter longtemps sur ce poëtc.
Au commencement du siècle suivant vivait Sacadas d'Argos, qui florissait dans la xxxxvni*^ olympiade ou vers l'an 686 avant notre ère (9). 11 était, suivant Plutarque (lo), auteur de poésies lyriques et
{4} Clutor, Fatl. Ilellen., I, p. 201.
(2) Plut., de Mus,, cap. m ; Mor,^ tom. VI, p. 281, éd. Tauchn.
(3) Merà ik Tipnavâpov xaè KAovàv *\pxi^oxoi napamoxoit yivivdoit. Pirr., de Mus., cap. ▼ ; Jfor., t. IV, p. 282.
(4) PiUT., loc. cit.
(5) \à.,deMus., capp. m et i v; Mor., t. IV, p. 281.
(6) Cliiitoii, Fdut. fiellen,, I, p. 487.
(1) *Ofioloii iïTtpit&vSpta KXov&v . . , k>r/s^&>v tc xiei &Tcojy 7ro(>]ty;v '/r/ovévat.
Plut., de Mus., cap. III.
(8) Mém, de l'Acad. des inscripl., tom. VII, p. 340 ; cf. Famic, Bibl. gr., ▼©!. I, p. 29 V, éd. Harl., etFiiAircK., Calfin., p. 20.
(9) Pausaii., Phoc, cap. vu, { 3.
(lOj réyovt $ï xatt XaxâiTa^ *Apy«toç Tiotïjrrç fxùôiv ri nul èXtjii'Ai'j fizpuXonoiri'xivoiv,
De Mus^t cop. VIII, p. 285.
(1 élégies chantantes. Plutarque nous apprend encore que c était un excellent poëte et qu'il avait remporté trois fois le prix aux jeux pythiques. Pausanias (i) raconte à propos de Sacadas que, faute d'avoir compris un proème de Pindare sur ce joueur de flûte, le sculpteur qui en avait fait la statue, placée sur le mont Hélicon, Tavait représenté si petit que sa flûte était aussi grande que lui. Selon le même auteur (s), Sacadas composa et joua le premier à Delphes un air de flûte nommé Pylhtqiie, et par son talent fit alors cesser la haine qu'Apollon nourrissait contre les joueurs de flûte depuis Marsyas et la défaite de Silène. Il ajoute (3) qu aux jeux pythiques dans la xlvih'' olympiade Sacadas joua de la flûte simplement, sans qu'elle servit d'accompagnement aux voix, et qu alors on iie couronnait pas encore le vainqueur , mais que Sacadas fut couronné aux deux pythiades suivantes.
On voit par ces détails, que je transcris à dessein, que Pausanias parle de Sacadas comme d'un musicien et non comme d'un poëte, et qu'il ne lui attribue aucunement les élégies dont fait mention Plutarque. De môme Strabon (4], en invoquant le témoignage de Pindare, parle de Polymneste comme s étant simplement illustré dans la musique. Quant à Clonas, il n'y a guère que Plutarque qui en ait parlé. Comme, d'un autre côté, on ne nous cite de ces trois personnages pas môme un bout de vers, on peut conclure que Plutarque, dans ce traité (ou bien les auteurs dont il a tiré ces renseignements), a confondu deux choses bien distinctes : l'élège, air qui se jouait sur la flûte, et le poëme qui s'appelait communément élégie, mais qui portait parfois le nom d'élège(5]. Cette confusion se retrouve encore dans Suidas (e), qui, en nous parlant d*01ympus, musicien fameux des temps mythiques, nous le donne comme auteur d'élégies (7). Ces auteurs ont peut-ôtre conclu de ce que les élégies
(1) Bœoi., cap. xxx, J 2.
(2j Corinih., cap. xxii, J 9.
f3) Phoc.f cap. VII, J 3. et El. Il, cap. xiv, J i .
(V) Lib. XrV, cap. I, tom, lll, p. Hl ; cf. Bofcmi., ad Pitid. fragm., v. IV, p. 6^5 uiq.
(5) Cf. C.-J. Cv.iKfi, de cann. GifHv. fl»'fj. oriyine et noiioui*, p. 5t).
(6) VOC. "O/J/XTTO^.
{'} Cf. FmîJCK., CV///#/»., p. 30.
HISTOIUE DE LA FOÉSIE ELÉGIAQIB CDEZ LES GBECS. 277
se chantaient anciennement avec accompagnement de flûte, que les musiciens dont il est ici question, auteurs d elèges, avaient aussi composé des élégies. Ajoutez à cela que le mot de poëte, indépendamment de la signification avec laquelle il est employé dans notre langue, a encore en grec celle de faiseur, laquelle est la primitive, ce qui ne pouvait qu'augmenter la confusion. Mais ce raisonnement tombe complètement dès que Ion remarque que la flûte n est pas un accompagnement obligé de 1 élégie. Athénée nous dit positivement que les poètes élégiaques Solon, Théognis, Phocylide, Xénophane, Périandre de Gorinthe et bien d autres encore, n adaptaient pas de mélodie à leurs vers(i). D'autre part, la flûte servait encore i accompagner d autres poëmes que 1 élégie, tels que le psean (s) et le dithyrambe (s). De plus, d'après Plutarque même (4), les joueurs de flûte et les poëtes formaient dès l'origine deux classes d'hommes tout i fait distinctes, puisque ceux-ci prenaient les premiers à leurs gages, la poésie jouant le premier rôle : cet état de choses dura jusqu a Mélanippide , le poëte dithyrambique. Ces remarques suffiront en même temps pour réfuter l'opinion de ceux qui veulent trouver i origine de l'élégie dans l'introduction de la flûte chez les Grecs (5). Un poëte qui a droit à figurer dans ce travail, bien que le nom ne nous en soit pas connu, c'est l'auteur de l'élégie que chantèrent à la louange d'Aristomène les femmes messéniennos en le couronnant de fleurs et de bandelettes, élégie qui était encore populaire du temps de Pausanias (e), c est-à-dire huit ou neuf siècles après. Pausanias nous en rapporte deux vers, soit pour indiquer le poëmo entier par son commencement, comme le p.ense Francke (?] , soil que le reste de cette élégie fût perdu, selon l'hypothèse de Thiersch (s).
(4) AniH., lib. XIV, tom. IV, p. 38, éd. Tauchn.
(2} Cf. Abcbilocsi fragm. XLIX, éd. Liebel.
(3) Cf. PiRDi&i fragm. XL VI, ▼. Î3, Povt. lyr., ed BerRk.
[\) De Mu8., cap. xxx, tom. VI, p. 362, ed. Tauchn.
(5J Cf. Fbaiick., Calliti., append.,p. 148-134.
{6} MesMen., cap. xti, { 4.
(7) CaUin., p. 89.
[9) Deffnom'.carm. Grœc, Act. phil. Mot»., -w. III, p. 605.
Celte élégie avait pour but do célébrer la gloire dont s était couvert Aristomène à la bataille du Monument du Sanglier, lorsque, pour me servir des termes de ce poëte, <c il poursuivit les Lacédomoniens jusqu'au milieu de la plaine de Stényclaros, et jusqu'au sommet de la montagne. y> Il faut croire que les élégies de Tyrtée avaient pénétré chez les Messéniens, et éveillé le' génie poétique d'un patriote, qui aura voulu répondre aux chants entonnés par les ennemis.
L'ÉLÉGIE GNOMIQUE.
Nous venons de voir que les premiers poètes élégiaques avaient appliqué 1 élégie à des buts diiïérents, suivant les circonstances oii ils se trouvaient et les sentiments dont ils étaient animés. Selon est le poëte qui représente le mieux ce que fut chez les Grecs ce genre de poésie , tant le domaine qu il lui donna fut varié et étendu. 11 njouta la politique aux matières que lelégie avait traitées avant lui, et il fut aussi le premier qui lui donna une tendance philosophique fortement marquée. On peut môme dire que ce fut sous ce dernier point de vue qu'il l'envisagea de préférence , et son exemple trouva de nombreux imitateurs.
11 serait inutile d entrer dans beaucoup de détails sur sa vie , qui a été écrite par Plutarque avec tout le talent , mais aussi avec tout le désordre que l'on connaît à cet aimable historien. Remarquons seulement que Selon avait si bien répandu son histoire dans ses poëmes, et surtout dans ses élégies, que c est là que Plutarque et Diogène Laërce, qui a aussi écrit la vie de Selon (i), vont chercher de préférence leurs renseignements. De là viennent les nombreux passages de ses élégies dont on est redevable à ces deux biographes. Si Ton y ajoute encore une élégie entière qui se trouve dans ï Anthologie de Slobée (a), et une seconde, mutilée, qui nous a été
(I j De VUi* philoHoph., lib. I, cap. ii.
{i) Tit. IX, 25, tom. I, p. 45^-154, cd. Tauchii.
conservée par Démosthènc (i), on aura à peu près toul le bagage littéraire avec lequel Solon est venu jusqu'à nous.
Dans le principe, il parait s'être adonné à la poésie dans un but assez frivole : elle était simplement pour lui un sujet d amusement et d exercice (2) . Plus tard, il lappliqua à la philosophie et surtout à la politique, qui était la partie de la morale la plus en honneur parmi les sages ses contemporains (s). Ce n était pas dans le dessein de faire parade de son savoir et d'acquérir de la réputation par ce moyen ; la poésie de Solon eut un but tout particulier : c'est dans SCS vers qu'il justifiait ses actes politiques , et qu'il adressait aux Athéniens des conseils, des avertissements et des reproches (4).
Diogène Laërce nous a donné avec sa minutieuse exactitude le compte des vers de Solon : il montait, selon lui, à cinq mille vers sans compter ses ïambes et ses épodes (k). Si c'est, comme la manière dont il s'exprime le porte à croire, des élégies de Solon qu'il parle (e) , il nous en resterait encore la vingtième partie. C'est peu, sans doute, si l'on songe au mérite poétique que les anciens ont reconnu à Solon ; mais c'est beaucoup dans la perte presque générale que nous avons faite des poètes élégiaques de la Grèce.
L'occasion qui dt éclater au grand jour son talent pour la poésie est généralement connue. Salamine, sa patrie [7), qui fut pendant longtemps un sujet de querelle entre les Athéniens et les Mégariens, finit par rester en la possession de ces derniers , après de nombreux échecs éprouvés par leurs ennemis. Ceux-ci, dans leur découragement, avaient même porté un décret condamnant à mort celui qui oserait encore proposer la conquête de Salamine. Solon, qui rapportait son origine au roi athénien Codrus (s) , supportait avec peine
(1) De faUalegat., p. kli'ilZy éd. Reisk.
(2) Plut., Vit. Solon., cap. m.
(3) Id., ibid.
(k) ld,,ibid.
f5) Lib. I, cap. ii, { 63.
(6) Cf. Bacb. Comment. deSolone poeia, p. o.
(7} DioG. L4E&T., loc, cit., 1 46.
(8j Plut., VU. Solon., cap. t.
1 ignominie qui pesait aussi sur Athènes, ville qu'il pouvait regarder
comme une seconde patrie : il fit semblant d avoir perdu lesprit,
et ie bruit courut bientôt quil était fou. Un jour il s élança dans
/'Agora et se mit à chanter une élégie qu'il avait composée en secret
et apprise de mémoire. Les cent vers [i) de cette pièce, intitulée
Salomtne, étaient si beaux et contenaient des reproches si bien
adressés (s) que les Athéniens rapportèrent le décret que Selon avait
éludé si ingénieusement. Possédés par Mars et les Muses (s), ils se
iiûreni aussitôt en marche, en chantant et poussant en môme temps
des cris belliqueux. Us s emparèrent de Salamine, et durent cette
fois aux chants du poëte un succès que leurs armes seules n avaient
auparavant pu leur procurer.
Dans les deux premiers vers de cette pièce, Selon, soit feinte, soit vérité, se donnait comme envoyé des Saiaminiens. « Gomme béraut, s^écriait-il, je suis venu en personne de Taimable Salamine , apportant non un simple discours, mais un chant, ornement des vers (4). » On peut croire, selon toute vraisemblance, que dans le cours de cette élégie, afin de piquer d'honneur ses concitoyens, Selon introduisait les Saiaminiens se raillant, tout en lui confiant leur message, de la honte et de la lâcheté des Athéniens (n) . C'est sans doute après avoir rapporté leurs discours moqueurs qu'il disait : a Que nepuis~je, changeant de patrie , habiter Pholégandre ou Sicine au lieu d'Athènes ! Autrement on dira bientôt de moi parmi le monde : a Cet homme est un Athénien, un de ceux qui ont livré Salamine (g).» Il parait avoir fini cette pièce par l'exhortation suivante : « Allons à Salamine, combattons pour cette île délicieuse et écartons de nous un douloureux afiront (7]. » Cest de ce chant guerrier que parle Scxtus Empirions (s] quand il rapporte que les Athéniens mar-
(4) PutTm Vit, Sulon,, cap. viii.
(2) Dio«. Làs&T.» loc. laud., { 46.
(3) Hiroxoi ix Mouaûv xal 'A^toj. Poltaii.i Stratagem., lib. I, cap. x.\, J I,
(4) Fr. XII, T. 4-2, éd. Bach.
(5) Cf. Bach., Comment,, de Soione poêla, p. 24, §qq.