CHAPITRE II
l'électrlcllé eonsldiérée eomine eanae de rufinllé, •■ de* théories élecirochlml^ac*.
Avant la découverte de la pile deVolta, et de laction remarquable qu*elle exerce sur les composés chimiques , on rapportait, comme nous lavons vu, laiBnité àlattraction. Plus tard, les savants entrèrent dans une autre voie : lanalogie qui existe entre la neutralisation des fluides électriques et celle des acides et des bases, le développement de lelectricité dans les actions chimiques, TinQuence du courant sur les combinaisons, ont porté des auteurs du premier mérite à regarder ces deux forces comme identiques. On a donc présenté plusieurs théories pour expliquer par l'électricité les phénomènes attribués jusqu'alors à Taffînité.
Examinons- succinctement les rapports entre ces deux forces : de Tensemble^ des faits observes, nous pouvons conclure, avec M. Becquerel, quil existe dans les corps une énorme quantité d électricité à l'état naturel ; que cette électricité en est expulsée par les actions oiécaniques ou chimiques ; que ses rapports avec la force qui unit les molécules hétérogènes sont tels, que I on détruit ou que Ion affaiblit cette union en enlevant tout ou partie de cette électricité ; qu en même temps que celle-ci se dégage, il y a élévation de température, et que ce phénomène ne peut être attribué qu'à la réunion des fluides électriques ; que 1 hypothèse que la chaleur est formée par cette réunion subsiste toujours, quoiqu'elle ait certains faits contre elle ; qu*il existe un rapport intime entre les proportions définies et et l'affinité électrochimique (loi des pouvoirs électroly tiques définis), les équivalents pouvant être considérés comme des volumes de matière renfermant la môme quantité d'électricité ; que le pouvoir
des masses se manifeste dans les phénomènes électrolytiques comme dans les phénomènes chimiques , mais qu'il est soumis à des lois très-complexes.
Ces résultats sont des plus remarquables ; ils prouvent évidemment le rapport le plus intime entre ces deux forces, une association continuelle. Mais les théories dans lesquelles on les a identifiées, dans lesquelles on admet que 1 électricité constitue les affinités, n ont pu jusqu'aujourd'hui surmonter les difficultés quelles ont rencontrées; on leur fait plusieurs objections que nous examinerons en détail à chacune d'elles. Remarquons d'abord qu'elles ont trois conditions h remplir : elles doivent expliquer 1 état des corps avant la combinaison, les phénomènes dynamiques qui ont lieu pendant que celie-ci s'accomplit, enfm la permanence de cette union, permanence telle, qu'elle résiste aux plus fortes actions mécaniques. Mais, en outre, elles doivent ne supposer que des choses solidement appuyées par l'analogie, et susceptibles de résister h la discussion. Or, si la théorie de l'affinité, envisagée comme force particulière, laisse beaucoup à désirer, nous regrettons d'autant plus qu'aucune théorie électrochimique ne satisfasse aux conditions précédentes. Tantôt elles admettent dans les corps, avant la combinaison, une électricité particulière que rien ne manifeste, que les faits tendent, au contraire, à faire repousser ; tantôt elles ne peuvent rendre compte de la persistance de la combinaison; enfin^on est alors obligé de considérer la cohésion comme dépendante de l'électricité ; et c'est là, comme le dit M. Becquerel, la pierre d'achoppement de toutes les théories électrochimiques.
Cependant on ne peut dire dès à présent que la question de l'identité de ces deux forces soit jugée; si les efforts tentés jusqu'à ce jour n'ont pas complètement réussi , il faut l'attribuer en partie au peu de connaissances que nous avons sur la nature de l'électricité. Espérons que le temps approche où cette question sera résolue, et qu'alors les progrès de l'électrochimie nous mettront en état de résoudre le problème qui nous occupe.
Quant au petit nombre d'éléments qui entrent dans une combinaison, et au dualisme du composé, ces théories expliquent facilement
DES CAUSES Qll DÉTERMIISEM L ACTION' CUIMIQIE. 395
ic premier point par la neutralisation réciproque des fluides électriques, et le second, par le dualisme de ces mômes fluides, causes de la combinaison.
Le sens de ces mots : théories étectrochimiques , indique assez
quelles s occupent des phénomènes communs à Iclectricité et à la
chimie. Aussi sontr-elles liées aux hypothèses actuelles sur la nature
de rélectricitc et sur les causes qui la produisent; par exemple, la
théorie de Davy et celle de Berzelius sont liées à la théorie du déve-
loppeinentde 1 électricité par le contact ; cellede M. Becquerel, à celle
deraction chimique, comme cause d électricité. Tant que ces ques-
liODs ne sont pas décidées, il nous suflit d'indiquer ces relations; on
^fflprend que nous ne devions ni ne pouvions essayer de les éclaircir
pour en tirer des arguments pour ou contre Tune ou lautre des
"J7>othèses qui font l'objet de ce travail ; il n'est déjà que trop vaste.
^pendant l'interprétation des phénomènes électriques est liée inti-
fflement avec les théories électrochimiques. Ainsi, pour n'en citer
çu un es^emple parmi une foule d'autres, il est impossible de concilier
/a tnéox^ie de Berzelius avec la manière suivant laquelle MM. Mat-
feucci , Daniel, etc., envisagent l'électrolysation.
Notas allons maintenant passer à l'exposition et à l'examen critique de C^^ t^héories, en suivant, comme d'habitude, Tordre chronologique.
Théorie de Wimebl.
V^ tbéorie que Winterl exposa en 1 800 (i) n'est pas précisément
-^e \Viéorie électrochimique ; elle ne repose pas tant sur l'électricité
.4>C SUT le principe de la polarité. Si nous la plaçons ici , c'est qu'on
^ulAa considérer comme le premier pas fait dans cette voie, comme
l'avant -coureur des théories d'OErstedt, etc., qui se sont surtout
j-opandues en Allemagne, où l'influence de la philosophie de Schel-
jjog et d'Ocken avait préparé les esprits à les recevoir.
Winterl, ne regardant pas l'oxygène comme le principe de l'aci- Jj'tc, range les corps en deux séries, les acides et les bases, dont les qualités respectives dépendent de deux principes, \ acidité cilalcali-
fi) Proluêione» ad ihemium êœculi tiecimî noni.
396 QUESTION DE SCIENCES NATUllELLES.
nité, dont la tendance mutuelle à s'unir constitue laffinité chimique.
Les atomes des corps sont plus ou moins adhérents à Tun oa à l'autre de ces principes. Cette adhérence constitue un troisième principe immatériel, qui peut se perdre, se reprendre et se communiquer. — Ce principe peut-il être autre chose qu une relation entre la matière et l'un des deux autres? — Quoi qu^il en soit, une matière avec ce principe est un substratum, *
La chaleur de la combinaison résulte de Tunion des deux principes d acidité et d'alcalinité ; mais cette idée la conduit à admettre que, dans l'acte de la combinaison, les atomes perdaient de ces principes, et qu'en détruisant le composé par une chaleur moindre que le rouge, on obtient l'acide et la base dans un état moins énergique, fade [faiuus) ; l'acide, moins acide, la base, moins basique, si Ton peut s'exprimer ainsi.
L oxygène est un acide, l'hydrogène, une base, ayant l'eau pour substratum; le second donne de l'eau en brûlant par le premier. La décomposition de l'eau par la pile n'est qu'apparente. Cela le porte à croire que les deux électricités sont les principes eux-mêmes d'acidité et d'alcalinité, lesquels, en s'unissant à leau, forment les deux corps que nous regardons comme élémentaires.
La lumière intervient aussi pour maintenir les deux principes séparés malgré leur tendance à s'unir. Mais la cause et le mode de cette action restent inexpliqués.
Pour cette époque, cette théorie était plus avancée quelle ne le paraît au premier coup d'œil. Mais les idées singulières de Tauteur, les faits étonnants qu'il rapportait et que personne ne put vérifier, n'étaient pas de nature à la faire bien accueillir, en ce moment surtout où l'attention se portait sur la brillante école de Lavoisier. Nous ne nous arrêterons pas à la discuter : il est facile de voir que son vice capital est cette perte de force dans l'acte de la combinaison. L'expérience ne l'a pas plus retrouvée que Vandronia et le theiyka avec lesquels il expliquait tant de phénomènes. En outre, il est impossible de dire pourquoi un corps est tantôt positif, tantôt négatir(i).
Vers le même temps, Riller, enlevé trop tôt à la science, parait
(I) Cf. sur Winlerl, Cbinitix, Ann, de chimie, l, 173.
DBS CAUSES QUI DÉTERMINENT l'aCTION CniMIQUE. 397
fivoir pressenti TinQuencG de réleclricité et le parti qu'on peut en tirer pour lexplication des phénomènes de la combinaison. Mais es ouvrages obscurs, et ses idées parfois singulières, paraissent, fe — Od, se rapporter plutôt à 1 electromagnétisme .
Théorie de Davt.
upé à étudier Tinfluence de lelectricité sur les combinaisons, opéx-SRBt par cet agent nouveau des décompositions inespérées, Davy fut c^ondult à considérer les actions chimiques et électriques comme ndantde la môme cause.
Ttisau de 1 électricité par contact, il trouva que les acides en l avec les métaux prennent 1 électricité positive, et ceux-ci, rél^c^^icité négative, tandis que, dans le môme cas, les bases prennent rél^cit;ricité négative, et les métaux, Téléctricité positive. Il s assura, d^ lacfc^me, que les corps qui ont de l'affinité l'un pour l'autre développant de 1 électricité par leur contact, et que la quantité développée «Dte avec la température. Il en conclut (i) « que les corps qui Dt d'énergies électriques opposées, relativement à un seul et (peic^^ corps, possèdent aussi respectivement entre eux des énergies opposées, et que ce n'est pas une analogie trop éloignée que de con- ^idemr^^r les substances acides et les alcalines, et en général l'oxygène eti t^-^drogène, comme possédant des rapports électriques semblables; et %^ao, dans les décompositions et les changements produits par l'él^^^tricité, les corps qui possèdent naturellement des affinités chilOÎ^Vtes paraissent incapables de se combiner, ou de rester combinés, ^î^ïid ils sont mis dans un état d'électricité différent de leur ordre
% Parmi les substances qui se combinent chimiquement, celles jont l'énergie électrique est connue présentent des états électriques apposés: ainsi le cuivre et le zinc, l'or et le mercure, le soufre et les fnétaux, les acides et les alcalis. En supposant donc une liberté par- Cystite dans le mouvement de leurs particules, elles doivent s attirer les
^1) Philo». Tran$.f 4807, XLl, 397. — Voir aussi Élém. de philon, chim., iraduct. de Van Hons, 1, 108, et Ann. de phyn. et de chim., XWIII, ^76.
398 Ql^STION DE SCIENCES NATURELLES.
unes les autres en vertu de leurs pouvoirs électriques; et si ces derniers sont assez exaltés pour leur donner une force attractive supérieure au pouvoir de lagrégation , il se formera une combinaison plus ou moins forte, suivant que les énergies seront plus ou moins exactement balancées ; alors il se produira de la cbaleur et de la lumière par la réunion des deux électricités, n
Ainsi, suivant lui, tous les signes d'électricité disparaissent à rinstant où la combinaison seflectue; la combinaison elle-même n en produit pas. « Dans les simples cas de changements chimiques, il ne se produit pas d électricité ; le fer, brûlant dans Toxygène, mis convenablement en rapport avec un électromètre condensateur, ne lui donne point de charge pendant la combustion. La potasse |^^ pure et solide, et lacidc sulfurique avec lequel on la combine dans un creuset de platine isolé, ne donnent point d électricité, etc. » Ce |:ïrr?'>^
n*est que dans le cas d'effervescence surtout avec chaleur, que, suivant lui, les vases métalliques dans lesquels se fait la réaction, deviennent négatifs ; mais il attribue cette production d'électricité à I p^
révaporation et non à laction chimique.
Cette théorie est donc très-simple : développement d électricité par le contact, augmentation de tension par la température jusqu'à un moment où l'attraction électrique surmonte la cohésion, la combinaison se fait, les signes, d électricité cessent, et la réunion des deux fluides produit de la chaleur et de la lumière.
Il ne faut cependant pas supposer que Davy regardait les changements chimiques comme produits par les changements électriques ; ces changements sont au contraire regardés comme te distincts, mais produits par les mêmes pouvoirs agissant, dans un cas sur les masses, dans lautre sur les particules (i). »
Cette manière denvisager laflînité donne une explication satisfaisante de la chaleur et de la lumière développées dans la combinaison; elle a suili à la longue et brillante carrière de son auteur; et, cependant, elle rencontre des difficultés, en partie insurmontables.
I"" Elle exige ladmission de la théorie du contact, avancée par
(I) Étrni. de philos, chim.^ I, J ilO.
ï- rn
■fu •^—
DES CAUSES Qll DËTER&ILNENT L ACTION CUIMIQUE. 399
Voha ^ attaquée et défendue avec ardeur jusqu aujourd'hui sans quell^^^ paraisse près de rallier les savants.
2* IK)avy n admet pas de production d'électricité dans l'acte de la coinbm. maison : depuis les recherches de M. Becquerel et de beaucoup d'autr*^^3S savants, le contraire est généralement admis.
3** m ne s occupe pas de Ictat des corps après la combinaison ; i-ie09 ^^=^kns sa théorie, n'explique la permanence de cet état nouveau, ^i én^ ^^r-gique, qu'il résiste ordinairement à toutes les causes physiques j^ d^^Sï^^truction. Serait-elle, dans la pensée de Davy, un effet de l'sitt^^^ ^tion générale?
4^ Sa théorie ne peut rendre compte de la chaleur et de la
iu^^^^ ^^ 9"' accompagnent la décomposition de beaucoup de corps, tel^ ^^^^^e leau oxygénée, le chlorure et Tiodure d'azote, l'acide
Théorie d'OErstebt.
int des idées spéculatives des philosophes de la nature aiitaut
^^e s^appuyant sur les faits, OErstedt (i) est arrivé à une théorie
^iA-^rquable par son esprit de généralisation. Toutes les forces sont
•^^e^tîques : cette force unique donne, par l'opposition polaire, deux
(o^^^i l'une positive, l'autre négative, dont la réunion produit la
cb^leur et la lumière.
Il partage les corps en corps brûlés et en corps non brûlés. L'hydrogène, le potassium commencent la série des corps non brûlés, série dans laquelle la combustibilité diminue jusqu'au platine, à l'iridium. On est conduit par là à l'idée d'un corps complètement incombustible ; ce corps est l'oxygène ; mais on y arrive par le carbone, le phosphore et le soufre.
Les corps brûlés forment une série analogue, commençant par la potasse, et dans laquelle l'alcalinité s'affaiblit, et l'acidité augmente jusqu'aux acides les plus énergiques.
L oxygène et les acides sont animés de la force négative; l'hydrogène et les alcalis, de la force positive.
(1) Recherchée »ur ViâentiU des forces électriques cl chûniques, Paris, 4813.
Deux corps se combinent avec une force proportionnée à leur éioignement dans la série, c est-à-dire à la différence de forces qu*îls possèdent; mais cette action énergique change leur état, puisque ie composé de deux corps non brûlés est un corps brûlé qui appartient à une autre série. « Cette théorie, dit l'auteur, présente, sous une expression simple, cette vérité que la même force peut exister dans des états si différents, que toute son attraction pour la force opposée ne peut seule déterminer la combinaison. Ainsi la combustibilité est la prépondérance de la force positive dans un état particulier, letat des corps non brûlés; Talcalinité est la même force dans un état différent, 1 état des corps brûlés. On ne connaît pas la nature de cette différence, mais on sait qu elle existe, et que les forces sont dans un état plus libre dans le premier que dans le second. »
Par la combinaison d'un corps avec l'oxygène, sa force positive perd en tout ou en partie sa liberté ; il en est do même pour la force négative de l'oxygène. Si le corps est fort combustible, et la quantité d'oxygène, faible, on a un alcali, la force positive étant prépondérante; dans le cas contraire, on a un acide. L'intensité d'un alcali dépend de la prépondérance de la force positive ; la capacité pour les acides, de la dépression de cette force par la force opposée. Le contraire a lieu pour les acides. Toutefois, l'auteur avoue que ce principe a besoin d un nouvel examen.
Dans cette théorie, l'impénétrabilité est la résistance des forces au corps qui tend à pénétrer ; la cohésion est l'effet de ces forces qui s'attirent.
OErstedt est arrivé à ranger les corps en série linéaire : il y aurait beaucoup à dire sur ce système, en général, et sur la série de l'auteur en particuher; mais nous ne nous en occuperons pas ici.
Si la force dont les corps sont animés est la môme que l'électricité, pourquoi, hors de l'acte de la combinaison, ne manifestent-ils pas d'électricité libre?
L'union des forces de deux corps qui se combinent produit les phénomènes de chaleur et de lumière qui accompagnent cet acte chimique. Mais alors on ne trouve plus rien pour expliquer la per- .^islance de la combinaison ; si la force d'une molécule seulement
402 QUESTION D£ SCIENCES NATUOELLES.
tant qui fut toujours la base des théories chimiques, la combustiou; il démontre que 1 explication donnée par Lavoisier est complètement insuiEsante; nous croyons inutile de rapporter les chiQres à Tappui. On ne peut s'en rendre compte, suivant Berzelius, qu en admettant la combinaison des deux électricités contraires. II existe, en effet, une analogie frappante entre Tignition qui se manifeste dans Taction chimique, et les phénomènes de l'étincelle électrique, particulièrement lorsque les deux fluides se réunissent dans le vide, comme dans l'expérience célèbre de Davy.
Delà combustion, on passe facilement aux autres combinaisons; Berzelius finit par admettre que ce dans toute combinaison chimique, il y a neutralisation, des électricités opposées, et que cette neutralisation produit le feu de la môme manière qu elle le produit dans les décharges de la bouteille de Leydo, do la pile et du tonnerre, sans être accompagnée, dans ces derniers phénomènes, d'une combinaison chimique. »
Mais si cette manière de voir explique les phénomènes qui accompagnent Tunion des corps, elle ne nous éclaire pas sur la cause qui les maintient réunis avec une force supérieure à toute action mécanique. Est-ce Tcflet d'une force particulière, inhérente aux atomes, ou une propriété de 1 électricité, insensible dans Tétat ordinaire? Pour Berzelius, la destruction des composés par I électricité démontre que les afQnités ne sont qu'un effet de propriétés électriques, quoiqu'on ne puisse lexpliquer par les phénomènes de réicctricité par frottement.
L expérience nous apprend que les corps peuvent être partagés en deux classes, les électropositifs et les éleclronégaiifs. Les corps simples de la première et leurs oxydes prennent l'électricité positive lorsqu'ils rencontrent des corps simples ou des oxydes de la seconde, et réciproquement. Les oxydes de la première classe se comportent envers ceux de la seconde, comme des bases envers des acides, et réciproquement. En général aussi, les degrés d'oxydation de divers radicaux, qui sont doués des aiEnités les plus fortes, sont entre eux comme les radicaux eux-mêmes. Berzelius part de là pour ranger tous les corps simples en une série linéaire, telle que le premier étant
DES CAUSES QUI DÉTERMINENT LACTION CIIIMIQIE. i03
. ^ plus électronégatif, et le dernier, le plus éleclroposilif, les corps *^tertnédiaires sont positifs par rapport à ceux qui les précèdent, '^^^tifs par rapport à ceux qui les suivent. Voici cette échelle, telle ^ï^ il /"ai établie ; les corps électroposilifs commencent h Thydrogène : Oxy gène , — soufre : — azote ; — fluoré ; — chlore ; — brome ; — ioc3^ ; — sélénium ; — phosphore ; — arsenic ; — chrome ; — vanad î "mjm ; — molybdène ; — tungstène ; — bore ; — carbone ; — dntimo ine ; — tellure ; — colombium ; — titane ; — silicium ; — nydrc^^^ène ; — or ; — osmium ; — iridium ; — platine ; — rhodium - — palladium ; — mercure ; — argent ; — cuivre ; — urane ;
— bismuth; — étain; — plomb; — cadmium; — cobalt; — nickel • — fer ; — zinc ; — manganèse ; — cérium ; — lanthane ;
— th^orium; — zirconium ; — aluminium ; — yttrium ; — glu- C1DIUI3CM ; — magnésium ; — calcium ; — strontium ; — baryum ; — lithiUKiD; — sodium ; — potassium.
Oï^ est donc conduit à rechercher comment 1 électricité se trouve daï^ les corps , comment un corps est électropositif ou électro-
^^^ corps ne devenant jamais électrique sans que les deux électricités se manifestent, — au moins dans sa sphère d'activité, — dans ^es f^oints opposés où elles sont polarisées, comme dans la tourma- X\^^\ la même chose se passant dans les plus petites parties du corps, O"^ peut supposer que chaque atome possède une polarité électrique de laquelle dépendent les phénomènes électrochimiques, et dont l'inégale intensité est la cause de la différence dcnergie avec laquelle s exercent les affinités. Mais cette polarité électrique ne suffit pas pour expliquer les phénomènes d électricité spécifique que présente chaque corps, et qui le rendent éleclropositif ou électronégatif. Ces phénomènes dépendraient de Tunipolarité électrique, c'est-à-dire de la prédominance do lélectricilé d'un pôle sur celle de l'autre , à peu près de la môme manière qu'un pôle d'un aimant peut être beaucoup plus fort que l'autre. Les corps où domine l'électricité négative sont électronégalifs ; ceux dans lesquels l'électricité positive est prépondérante sont électroposilifs.
Mais nous voyons que deux corps éleclronégatifs; comme loxy-
gène et le soufre, se combinent d'une manière plus intime que l'oxygène et plusieurs corps électropositifs. Le degré d'affinité des corps ne dépend donc pas uniquement de leur unipolarité spécifique, jnais surtout de Tintensilé de leur polarité en général. Celle intensité ne parait pas constante, mais elle semble «accroître par la température ; cependant quelques corps semblent la perdre à une température élevée : tel est le cas de l'or. — Nous ignorons pourquoi la température augmenterait la polarité.
Comme il faut qu au moins un des corps en contact soit fluid^^ pour que ses particules puissent avec assez de facilité présenter au*^ ^ particules de l'autre leurs pôles opposés, on comprend pourquoi n'y a pas, ou du moins il y a très-rarement réaction entre d^J solides. Mais ce n'est pas toujours par augmentation de surface par diminution de cohésion que la chaleur agit ; c est aussi en mod Gant la polarité : par exemple, l'action du soufre sur le mercure.
Les propriétés électrochimiques des corps oxydés dépend presque toujours de l'unipolarité de leur élément électroposil^ ^ Donc l'oxygène n'est pas le principe générateur des acides.
Si toute combinaison dépend uniquement de deux forces opposé» ^ les deux électricités, chaque combinaison doit être considérée com- :x, formée de deux parties constituantes, l'une positive, l'autre négati^^Hdi
Un atome d'un corps pouvant se combiner avec deux, trois plus d'atomes d'un autre corps, il s'ensuit qu'il possède ou qi/"^ acquiert, dans certaines circonstances , plusieurs pôles de mém^T' nom; c'est ordinairement Iclectricilé positive qui est dans ce cas. On ignore si les directions de polarisation se coupent et forment alors plusieurs pôles négatifs, ou si elles se réunissent en un seul ; ceci est le plus probable.
Pour résumer cette théorie, nous trouvons que :
1® Les atomes, simples ou composés, sont électropolaires.
2'' Dans la plupart d'entre eux lun des pôles est prédominant, la nature de ce pôle dépendant de celle du corps. Les corps dans lesquels le pôle positif domine sont dits électropositifs ; ceux dans lesquels le pôle négatif l'emporte sont dits ckctronègatifs,
3" Dans la combinaison d'un atome avec plusieurs autres, la
406 QUESTION DE SCIENCES NATtRELLES.
ainsi. D ailleurs lafliDité dun corps pour Toxygène n'est pas dans un rapport invariable; elle change avec la température. Donc cette circonstance que les rapports électriques mutuels des corps ne suivent pas le degré de leur affinité relative pour loxygène, n'est pas contraire au système électrique. »
Quoi qu'il en soit, l'ordre des corps étant déterminé d'une manière fixe et en série linéaire, on rencontre à chaque pas des difficultés presque insurmontables. Par exemple, le fluor est-il bien à sa place, le fluorure argcntique est décomposé par le chlore ; les fluorures ne le sont jamais par l'oxygène , plus éicctronégalif que le chlore. — Le chlore chasse l'oxygène de l'eau sous l'influence de la lumière : cet impondérable l'aurait-il rendu plus électronégatif, à la température ordinaire, que l'oxygène? et comment? — Par la chaleur, le chlorate potassique se transforme en chlorure, en abandonnant tout son oxygène. Cependant le nombre des atomes de ce dernier gaz est bien supérieur à celui des atomes de l'autre ; c'est avec le potassium qui termine la série des corps électropositifs, que l'oxygène doi avoir le plus d'affinité. On ne peut pas dire que la chaleur a modifiée les polarités de manière à rendre l'affinité du chlore plus forte qu celle de l'oxygène; si cela était, pourquoi le chlore seul nedécom pose-t-il pas la silice, l'alumine?... Remarquons que M. P. BouUa a trouvé (i) que le volume de la molécule de chlorure potassiqu est moindre que celui de chacun de ses composants ; c'est une d plus puissantes combinaisons que l'on connaisse. Il y a égalemen condensation très-grande dans la molécule de chlorure argcntique l'affinité du chlore pour l'argent est plus grande que ne le laissi supposer le rang électrochimique de ces deux corps; comparez li chlorure à l'oxyde. (Ne voyons-nous pas des chimistes éminen admettre plus d'affinité entre le magnésium et l'oxygène, qu entri celui-ci et le potassium?)
Il serait facile de multiplier ces exemples pour arriver à cette conclusion que Ton ne peut former une série linéaire des affinités d corps les uns envers les autres, même à une température donné
Il faudrait avant tout une mesure exacte des affinités.
(I) DisMrtalioH iur le volume des atomes, - Paris, 1830.
DBS CAUSES QUI DÉTERMINENT l'aCTION CHIMIQUE. 407
£o(raDt plus avant dans la question, nous allons examiner si Ton peut admettre, avec Berzelius, la polarité électrique des atomes.
f * M. Becquerel, le premier, a fait remarquer que les atomes des corps étant supposés sphériques (ce que Berzelius admet aussi], et cette forme ne présentant aucune direction qui pourrait être de préférence celle de polarisation, il est impossible d admettre la polarité. Voici ce que répond Berzelius : « On pourrait dire avec autant de raison que les atomes des corps étant polaires, ne peuvent être spliériques. mais Tune de ces propositions n est pas la conséquence de lautre. La polarité n est liée à aucune forme déterminée, à aucune direction relative à la forme, de sorte que Tidée d une
sphère électropolaire n'implique ni une absurdité ni une contradiction. j>
Nous préférerions nous en tenir à la première partie de cette l'eponse : les atomes étant polaires ne peuvent être sphériques. A notre sens, la forme sphériquo des atomes est loin, très-loin d'être démontrée (i).
\') On ptratt gëoéralement diipoté à attribuer aux atomei la forme ipbérique. Cela ^J pro-vicodraît-il pai de ce que nous adoptoni cette forme comme la plui limple, dam >S>>ormiice où noui sommes de la forme véritable?
A p««^ c^la^ nous ne connaissons qu'un seul argument en faveur de cette opinion : c'est
* «iktiikQ sphëriqae affectée par les globules de liquides, ou, en général, par une masse
^'^^^o» soustraite à l'action de la pesanteur et en repos. Pour nous, il est absolument
"** ^^l«ur. Quelle comparaison peut-on établir entre une quantité imperceptible de
^^^^i^v^^nne, indiTisible, solide,- un atome en un mot, et une marae d'atomes mobiles,
^^"^nt asset peu pour pouvoir se mouvoir facilement les uns autour des autres, et
P ^€lr^ ^^,£ ^^ forme voulue par les lois de l'attraction? En outre, cela nous parait con-
^'^ forcément, logiquement, à cette conséquence : si l'on conclut de la forme d'une
**^ liquide à celle de l'atome, on doit en faire autant pour celle de la molécule; on ne
^ire an tel saut sans bons motifs. Or, c'est une conclusion que personne n'admettra.
. ** ^^tre motif encore, en faveur de notre opinion, nous est fourni par la cristallisation
. ^^*^ainf corps simples, particulièrement de corps électronégatifs qui cristallisent dans
^T^lèmet à axes inégaux. L'action d'une spbère «ur une autre, a des distances infini-
^ ^ ^ Scandes par rapport à leur rayon, peut être considérée comme si toute la masse
^ ^ Y^unie à son centre en un point mathématique. Or, comment peut-on concevoir
^^ ^^^ ootix points, s'attirant également, puisque les masses sont égales, et se plaçant à
ly.^ ^ùitancet inégales, sous des angles divers, pour former un tétraèdre ou un octaèdre
^^lier? Il faudrait pour cela faire abstraction des forces en jeu, les supposer arbitrai-
^>kt inégales, sans s'inquiéter du pourquoi, comme si l'on prenait six balles de plomb
^ ^et placer à volonté aux angles d'un octaèdre quelconque. On admet cependant une
Mais voyons si, comme le dit Berzclius, la polarité n*est liée à aucune forme déterminée. Les phénomènes électriques de la tourmaline, sous I induence de la chaleur, lui ont fourni Tidée de sa polarité électrique des atomes, polarité analogue h celle qu on admet dans la tourmaline. Si nous remontons à la causede ces phénomènes, qu nous présentent ce minéral et quelques autres, nous trouvons qu la condition indispensable pour qu'ils se manifestent, est une irré^ larilé de la molécule, telle que les extrémités de Taxe principal soient pas formées par des éléments cristallographiques de mé nature. En vain, Brewslcr (i) a cru trouver des exceptions : il bien démontré que tous les corps pyro-électriques sont hémié ques ; ce savant physicien a été induit en erreur par le procédé d il se servait pour reconnaître l'électricité. Il est donc peu pro que les atomes, môme non sphériques, — mais à plus forte raif s'ils le sont, — puissent présenter la polarité électrique, puisqu relation entre les axes des cristaux et ceux des molécules ne permet pas d'attribuer à la plupart une forme hémiédrique.
3** Berzclius assure que a la température augmente la poh électrique. Ce phénomène a été observé aussi souvent qu'on découvrir et mesurer une électricité polaire. » Ne nous abusons ce n'est pas la température qui accroît l'électricité, c'est sa variât ii Une molécule pyro-électrique, soumise à laction de la chale présente l'électricité polaire tant que sa température augmenl^^/ l'électricité disparait , à quelque température que ce soit , dès qii ^ celle-ci devient stationnaire ; et elle reparaît, maison sens inverse^ dès que la chaleur diminue. Ainsi nous l'apprennent les recherches de M. Becquerel et d'autres savants , et il n'est pas à notre connaissance que l'on ait jamais vu autre chose. Donc une seconde condition pour que le phénomène se manifeste est une variation de température, une propagation de calorique. Et nous considérons cette circonstance,
relation entre la forme des cristaux et ceUe des molécules intégrantes. Que le soufre, Uiode, etc., soient formés d'atomes, ou de molécules d'un ran^; plus ou moins éleré, leun éléments ultimes, los atomes, devront présenter une irréf;nlarité en rapport avee oeUe du cristal; — ou bien, ce ftont des corps composés.
(«) Ann. de rhim. et de phtj.%„ XWIII, <6f.
DES GAISES QUI DÉTERHINEIST LAGTION CniMlQUE. 409
^ VecM. Becquerel , comme une seconde difficulté h l'idée de la polarité , 'analogie ne nous permettant pas d étendre à toutes les molécules <^ qui ne se présente que chez quelques-unes, dans des cas partic^uHes'Sfà des conditions données.
L'explication que Berzelius donne de Taugmcntation des affinités
par la, chaleur tombe donc également si la chaleur n'augmente pas
Va polarité. Pour sortir d embarras, il faudrait, après avoir attribué
aux atomes une polarité électrique analogue à celle de la tourmaline,
accorder à cette polarité des propriétés différentes de celles de la
polarité de ce corps.
4° On admet généralement, depuis Haùy, que les molécules présentent une forme régulière, en rapport avec celle des cristaux. Or on ne voit pas comment un certain nombre d atomes d'oxygène peuvent se grouper symétriquement autour d'un pôle d'un radical electropositif , de manière à produire une forme compatible avec celle du cristal, d'après nos idées cristallographiques.
^* Si, suivant les circonstances, l'une ou l'autre des électricités
"Un atome peut le quitter pour se combiner avec le fluide opposé ^ autre atome, c'est-à-dire si chacune peut l'abandonner, on est
6n oroit de se demander comment les deux électricités dun atome P^^^^^X demeurer isolées, sans se réunir, ou sans décomposer l'éleo- Incité naturelle du milieu pour se neutraliser. Nous avons vu qu'on ne peu^t comparer cela aux phénomènes de la tourmaline, où les iluides gQn^ maintenus séparés par la variation de la température.
®* -M^ais on peut se demander, en outre, si les molécules des corps
préexistent une électricité libre. D'abord, les corps ne devraient-ils
paSi ^n ce cas, présenter de même une électricité libre? Et dans le
(•aô^ 5iiomes polaires, si le corps est cristallisé, ne devra-t-il pas
ptè^^nter deux pôles, l'un plus fort que l'autre? Ce cas est celui des
^ÎO^^ntsà pôles inégaux. On peut répondre que chaque électricité
^V ^^utralisée à distance par du fluide contraire emprunté au milieu
^ipbiant; on échappe ainsi à robjection, mais on en soulève de plus
wfa^es. Pourquoi n'y a-l-il pas combinaison à chaque pôle? Comment
jc^^ molécules hétérogènes peuvent-elles s'allirer, puisque leurs
électricités sont neutralisées? Et que deviennent ces électricités extérieures dans le cas oii la combinaison a lieu ?
Ensuite, les faits ne paraissent pas de nature à faire croire à un état électrique permanent des molécules. Nous savons que le courant électrique n exerce son action sur un corps qu autant qu*un de ses éléments puisse être transporté à chaque pôle. Par exemple, un oxyde dissous , tel que la potasse , n'est pas transporté au pôle négatif, à moins qu'on ne le combine à un acide qui puisse être transporté en même temps au pôle positif. Le soufre, le charbon, en suspension dans Tacide sulfurique, ne sont pas attirés vers le pôle positif. Cependant Berzelius rapporte des faits à lappui de son opinion ; mais nous ne les regardons pas comme décisifs. Si Ton (ail passer la vapeur du phosphore en combustion entre deux boules électrisées en sens contraire, elle se condense sur laboule positive, et non sur la boule négative ; d'où il conclut que lacide phosphoriquc formé est essentiellement négatif. Cela ne dépend-il pas de Télectricité développée dans 1 acte de la combustion, et non dun état électrique permanent ?
7'' Âpres ces objections, sur lesquelles Berzelius s est peu ou point expliqué, tout en soutenant, avec raison peut-être, sa théorie meilleure que les autres, il en reste deux sur la valeur desquelles il ne s'est pas abusé. La première porte sur lexplication qu'il a donnée de lorigine du calorique dégagé dans la combinaison. L'eau oxygénée, Tacide chlorique, l'acide chloreux, le chlorure et Tiodure d'azote se décomposent avec dégagement de chaleur et de lumière. Quand on mêle à l'eau oxygénée de l'oxyde argentique et de Teau, la liqueur entre en ébullition, et il n'y a encore d'autre phénomène qu'une décomposition. La chaleur et la lumière se manifestent donc ici dans une occasion telle qu'on devrait s'attendre plutôt à une absorption. <c L'origine du feu, dit-il, est donc quelquefois accompagnée de circonstances qui ne nous permettent pas de nous en rendre compte, et lexplication que nous en donnons pourrait bien n'être pas conforùie à la vérité. »
8" L'autre objection porte sur la difficulté de se rendre compte de la cohésion en l'attribuant à une union de particules par leurs pôles
opposés, de même que le plateau de rélcctrophore est retenu par le gâteau de résine sans décharge mutuelle, a II est toutefois impossible d'expliquer, d après ce point de vue, l'inégalité de cohésion dans des corps différents, ou dans le môme corps suivant diverses ctroonstances, ni les modifications de la cohésion, telles que la dureté 9 la ductibilité, la ténacité, la fragilité, etc. Et si Ton voulait eipliquer Tétat gazeux, en disant que les atomes se tournent respecbveuxexit leurs pôles analogues, et se repoussent ainsi de tout c^té ; et ïétskt liquide, en supposant à leurs axes une légère inclinaison, on seraift obligé de trouver une nouvelle circonstance par laquelle leurs axes seraient maintenus dans une position mutuelle que leur polarité doit teiKlre constamment à' leur faire quitter.
« M^ous ne pouvons donc pas encore expliquer la cohésion avec
looi^^ ses modifications, par ce que nous connaissons jusqu*à présent
Je V électricité comme force première et universelle. La cohésion
j^pexKl pourtant d une force dont laction est non-seulement méca-
^qU^^ mais aussi chimique, contrc-balançant et modifiant les affinités
j'u^^ manière sensible. »
t^ous ajouterons une dernière difficulté, insoluble pour nous, mais ^e nous présentons pour ce qu elle vaut. D'après la théorie, Tétat électrique d*un corps dépend de celui de ses composants ; il est électropositif ou électronégatif , suivant que ses éléments le sont ; i]0 atome fortement positif, en s unissant à un atome môme fortement négatif, donne un atome composé positif; un atome faiblement positif, en s'unissant àun autre fortement négatif, donne un composé négatif, et réciproquement. En partant de ces principes, comment expliquer qaun corps dont Tinertie est connue, lazote, en se combinant à un autre placé parmi les derniers des corps électronégatifs, le carbone, donne un composé, le cyanogène, dont 1 énergie est bien supérieure à celle de ses composants? Ici la polarité du composé est la môme que celle de ses composants ; mais comment se fait-il que le môme corps électronégatif, lazote, combiné au corps le moins électropositif (d après son rang dans la série do Berzclius), l'hydrogène, donne un compose , l'ammonium , dont l'énergie électropositive rivalise avec celle de l'élément qui en a le plus, le potassium?
41 i2 QUESTION DE SCIENCES NATURELLES.
De toutes les théories électrochimiques , celle de Berzelius présente peul-ôtre le plus d'avantages. Nous ne nous faisons pas illusion sur les difficultés que laffînité, considérée comme force particulière, est impuissante à expliquer; mais, en réfléchissant aox nombreuses objections que nous venons de voir, il nous paraît permis de préférer encore Fancienne manière de penser, en attendant qu un nouveau génie, plusgrand ouplus heureux que ses devanciers, soumette tous les faits à une loi commune , et nous explique la relation mystérieuse qui existe entre 1 électricité et laffinité. La théorie de Berzelius est digne de son auteur ; mais elle parait exiger des conditions inadmissibles.
Nous allons maintenant examiner les objections de M. Ëinbrodt(i}, ou plutôt ses modifications à la théorie de Berzelius.
Cette théorie n'explique pas assez, suivant lui, la permanence des combinaisons ; la polarité électrique avant et sans action chimique lui parait inadmissible , puisque la nature des pôles qui s opposent, et que les électricités ne peuvent quitter, varie. 11 nomme électricité combinative celle de ces pôles , et il la regarde comme bien limitée en un point ; lautre , qui reste disséminée , est appelée électricité libre. La première a acquis, par son origine, quelques nouveUes propriétés : ainsi, elle ne quitte pas Tatome, par une certaine unipolarité (en prenant ce mot dans un autre sens que Berzelius, sens qui se rapproche de celui d'Erman]. D'après cela, il définit laffinité : fi la propriété des moindres particules d'un corps mises en contact avec des molécules de nature différente, de disjoindre mutueUement leurs électricités naturelles, et d acquérir pour lune d elles, une force directrice et coercitive plus grande que pour l'autre. »
La théorie de Berzelius nous a paru toujours expliquer la permanence de la combinaison ; Ëinbrodt a vu un des côtés faibles de la théorie ; mais, pour la fortifier, il l'affaiblit bien davantage ailleurs; ici l'affinité sera encore une force distincte , mais elle n*agira plus que pour séparer les fluides électriques des molécules, en agissant autrement sur l'un que sur l'autre. Il reste à expliquer pourquoi
(i J Considcr. xur la théorie êlectro-chim,; An», de chim. et dephyM,^ LXI.
DES CAUSES QLI DETEEMixNE.NT LACTIO.N CHIMIQUE. 41 3
test tantôt rélectricltc positive , tantôt la négative , qui devient combinative.
L auteur de ces considérations a essayé de répondre à Tobjection 9ue Berzelius tirait des phénomènes de décomposition de l'iodure ot ciu chlorure d azote, etc.; suivant lui, la quantité d électricité oosTMibinative développée n est pas toujours proportionnelle à la force Qo^^Tcitive, mais quelquefois sa tension est supérieure ; et, aussitôt q!&**^9me cause quelconque a déterminé les électricités combinatives porter en dehors, elles se neutralisent avec flamme, et laissent éléments sans polarité. Il ne reste qu à expliquer pourquoi la coercitive n*a rien retenu des électricités combinatives, et îlle est cette nouvelle force qui maintient séparées les électricités ju^&<^au moment où une cause extérieure intervient pour leur ^OK^feuer la liberté do s unir.
^^uant aux atomes composés, ce savant ne veut pas leur recon- ^^X'bre une polarité dépendante de celle de leurs éléments, parce ^{^4^ : 4* les atomes des corps simples qui les constituent, ayant des ch-^^Tges électriques opposées, ne sauraient se comporter de môme; ^ «cela était, la nouvelle polarité détruirait la première, et r^^-^Dme composé, en entrant dans une combinaison d*un ordre plus él^^^é, serait décomposé en ses éléments. Il suit de là que les forfl^^^les chimiques, déduites de la théorie de Berzelius, sont fausses. Xa force qui produit les combinaisons de deuxième et de troisième O^^^re consiste donc dans les électricités combinatives de leurs éléiAests. De sorte que dans le sulfate calcique nous aurons du côté ^Hisitif SCa, du côté négatif 0*; dans l'alun AIKH^^S^ et 0*«. Ainsi ^ les éléments conservent la polarité électrique qu ils avaient en formant un composé binaire, quelque élevé que soit Tordre de composition où sera classé le corps à la formation duquel ils concourent... La différence des ordres de composition, si elle existe, ne repose que sur le nombre des principes constituants. »
Si, dans les combinaisons de second ordre, il n éclate jamais de feu, c est que les composés binaires n agissent que par rélectricité combinative de leurs éléments, sans dégagement d électricité libre nécessaire à la production du feu. Mais ce feu se présente quelque-
,ot»s coïo'o flvtoe de ^^«Tcav^ dècotof*^ ^^^VicoA*
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DBS CAUSES QUI DÉTERMINENT l'aCTION CDIMIQUE. 415
Hcjî^ie ambiant pour les reconstituer, et produisent des phénomènes éJ^»4:;triques en sens inverse de ceux de la combinaison.
Si Ton rend, par la pile, leurs atmosphères aux atomes d'un c€P^^V^* celui-ci est détruit ; ses parties constituantes deviennent
Cette théorie forme un ensemble très-net dans lequel tout s entend lement. Malheureusement , elle soulève des difficultés qui Tont f^i% repousser.
4 * On ne comprend pas comment Télectricité propre d un atome » unit pas à son électricité extérieure ; la comparaison avec une iteillede Leyde n explique rien. Dans celle-ci, il y a un mauvais oc>n^acteur matériel interposé.
2* Nous avons vu, en examinant la théorie de Berzelius, pour-
c|uoi nous ne pouvions accorder aux atomes une électricité propre.
Paraday a démontré que Ténergie décomposante de la pile est en
rapport avec les affinités sur lesquelles elle s exerce ; en d'autres
termes, qu un corps ne saurait se rendre à un pôle sans qu un
antre soit transporté en sens contraire. Cela prouve que Tétat
électrique des atomes, loin de leur être inhérent, dépend des
affinités (i).
3"* Enfin il est impossible de comprendre comment deux corps
positifs ou négatifs peuvent se combiner entre eux. L auteur répond
qu^en ce cas la répulsion est vaincue par lagrégation , qui dépend
de Vattraction universelle, et à laquelle il n attribue pas une origine
électrique. Cest conserver laffinité ordinaire. M. Dumas expliquait
cda autrement (t) : il n admettait quun seul fluide électrique, et
considérait les quantités propres d'électricité. Ainsi ce une molécule
de chlore est positive à Tégard de deux, deux et demie, trois et
demie molécules d'oxygène ; deux molécules de chlore sont négatives
à regard d une molécule d'oxygène. En eifet, dans loxyde de chlore,
les acides chlorique et penriilorique , chaque molécule do chlore
^1 combinée à deux, deux et demie, trois et demie molécules d oxy-
(4) Cf. BiCQVUU, Tr, d'électr. et de maguét., VI, 340. (î) Chimie appliquée, I, 55.
gène ; et dans la décomposition de la chaux par le chlore , chaque molécule d oxygène est remplacée par deux molécules de chlore. Par conséquent , si l'on représente par 2 Télectricité négative de loxygène, par 3 celle du chlore, on aura en présence dans les oxydes de chlore 3 contre 4, 5 et 7; le chlore sera donc positif. Si Ion compare deux molécules de chlore avec une d'oxygène, on aura 6 coûtre 2, par conséquent le chlore négatif. »
Mais on peut objecter que, môme dans cette hypothèse, le chlore ne chasse pas toujours Toxygène de ses combinaisons, comme on le voit dans l'inaction du chlore sur la silice, l'alumine, etc. Aussi il ajoute : a II faut donc admettre que les rapports électriques n'influent pas seuls sur les réactions chimiques, et que, dans certains cas, le nombre des molécules , la position relative, et peutr-étre d autres circonstances encore peuvent introduire dans les phénomènes des modiGcations que l'on ne peut encore ni prévoir ni expliquer. » Et dans ses Leçons de philosophie chimique, il abandonne complètement cette explication : u Go moyen d'échapper à l'objection proposée en soulève beaucoup d'autres ; en sorte qu'il faut finir par conclure que l'hypothèse d'Ampère, quelque ingénieuse qu elle soit, est absolument inadmissible. »
Théorie de M. Becquerel.
Après avoir soigneusement examiné les théories connues, M. Bec- (|uerel en a présenté une (i) qui se distingue de toutes les autres en ce qu'elle ne considère pas 1 électricité comme constituant les aflinités, mais comme en étant la manifestation, les unes n allant pas sans l'autre.
Les corps se comportent donc dans les combinaisons conformément aux idées d'Ampère ; ils possèdent une électricité intérieure, une autre extérieure ; ce qui explique fes phénomènes dynamiques de la combinaison, et sa permanence. Mais cet état électrique des atomes ne leur est pas essentiel et inhérent, comme i>our Ampère ;
(i) 7V. (i'chctr, et do magnat., III, V06.
il est temporaire, dépendant des aflinltés, et n'existant pas quand ils sont isolés. Cette hypothèse a paru nécessaire à l'auteur, parce que les faits lui démontrent que les atomes des corps ne possèdent pas J'&lectricité propre et constante.
Ainsi, lorsque deux corps réagissent Tun sur lautre, Télectricité
oatixrelle de chacun est décomposée ; chacun prend une électricité
dout la nature dépend du rôle qu'il joue dans le composé : Thydro-
gj^ne, les métaux, les bases prennent Télectricité positive ; l'oxygène,
la plupart des métalloïdes, les acides, 1 électricité négative. Ces
cl^ctricités sont la cause de la permanence de la combinaison.
Les électricités de nom contraire , formant les atmosphères , s'oDissent, et par là produisent les phénomènes que nous offre l'action chimique. L'intensité des électricités est égale ; elles se trouvent neutralisées par influence.
Dans la décomposition des corps, les molécules des composants reprennent au milieu ambiant l'électricité qu elles ont perdue dans la combinaison. L'action de la pile est la même : elle rend aux composants Télectricité nécessaire pour les remettre à l'état naturel. « L'électricité n'est donc qu'un effet résultant de l'action des affinités, mais un effet qui est indispensable à la permanence des combinaisons, puisqu'on enlevant cette électricité, on détruit celle-ci. »
La chaleur exalte les propriétés chimiques en mettant l'électricité en mouvement et en augmentant l'intensité des atmosphères, et, par suite, l'attraction réciproque des molécules:
En résumé, l'affinité est une force dont la nature ne parait pas purement électrique ; les faits prouvent seulement que les forces électriques se développent par son action, et que cet effet devient la cause de la permanence de Tunion. Gomment les affinités en exercice agissent^lles pour former les atmosphères électriques? On Tignorc.
Cette théorie échappe, par son éclectisme, à beaucoup d objections que soulèvent les précédente; par exemple, elle n admet pas une électricité essentielle aux atomes, et, par suite, elle n est pas embarrassée parce qu'un corps est tantôt positif, tantôt négatif. Mais elle a le désavantage de ne pas dire pourquoi il est l'un ou l'aulre ; le rôle électrique dépend des adinitc's.
Le grand défaut de cette théorie, cest d'admettre rélectricité comme effet et comme cause. Si rinterventioo d'une force partictt- Hère , I affinité (qu on la considère comme force particulière , ou comme résultante de plusieurs) , est nécessaire pour produire Téleotriclté des éléments d'un composé, et, par là, les phénomènes qui à accompagnent la combinaison , il parait assez inutile de donner à j ces éléments une électricité particulière pour expliquer la perma — nence de leur union ; l'affinité qui les a unis peut suffire pour les ^ maintenir dans ce nouvel état. Seulement, il faut admettre qu elle ^ peut produire un dérangement électrique, nécessaire pour expliquer*les phénomènes de l'acte chimique qu'elle produit.
Lorsque l'oxygène se combine au soufre ou au calcium pour former* l'acide sulfurique ou la chaux, la théorie explique fort bien comment il prend de l'électricité négative, les autres corps, de l'électricité positive. Mais Tauteur a négligé de nous expliquer ce qui se passe dans l'action de l'acide sulfurique sur la chaux; l'acide doit prendre l'électricité négative, la base, le fluide contraire : mais cet acide contient un atome de soufre , à électricité positive ; la nouvelle électricité ne peut se porter sur le soufre sans détruire ou diminuer son électricité propre. Il est aussi difficile de croire qu'elle se porte uniquement sur l'oxygène. On en dirait autant pour la chaux. Il est vrai que cette difficulté dépend des idées reçues sur la constitution des sels; mais en attendant qu'elles soient rejetées, si toutefois elles doivent jamais l'être, nous trouvons ici un ordre de faits que nous ne pouvons expliquer d'une manière satisfaisante.
Théorie de M. Gmelin.
M. L. Gmelin a proposé (i) une théorie que nous ne ferons pour ainsi dire que mentionner ; notre ignorance de la langue allemande nous ayant empêché de lexaminer par4ious-même, nous ne pouvons affirmer qu'elle a été bien comprise. Elle revient en substance à ceci :
11 y a une force particulière, affinité chimique.
(4) Poggendorfa Annalen, XLIV, 4t
ii y a attraction entre rélectricité et les atomes ; chaque corps
^iitîent beaucoup d'électricité chimiquement combinée, mais Tun
«es deux fluides en plus grande quantité que lautre.
Les atomes agissent d abord par affinité ; arrivés au contact, il y
^ i^ecxDstitution de fluide naturel ; mais les quantités de fluide des
<^iii])06ants étant diOérentes, Ta tome composé est encore positif ou
^^S^tif.
C^s peut faire à cette théorie les mêmes objections qu'à celle ^ -ampère, sur les rôles diOérents qu un môme corps peut jouer, et ^ IM. Becquerel, sur le double emploi de Taffinité et de lelectricité.
ToBORn DE M. Baudrimont.
-Après avoir combattu toutes les théories électrochimiques, M. Baudrimont en a présenté une, complètement différente de toutes les a^Mres (i). C'est une nouvelle explication des faits électriques et è^^ctrochimiques fondée sur le système des vibrations , qui constituent ce que les physiciens regardent comme des fluides. En voici l€s principales propositions :
t L'électricité est produite par un mouvement particulier des molécules des corps ou de leurs éléments. Le mouvement peut se propager à distance par influence ou par induction.
« A l'état normal, tous les corps possèdent une certaine quantité de mouvement électrique. S'ils ne présentent point d'électricité sensible, c'est qu'il y a équilibre général; si cet équilibre est troublé, les corps accusent la présence de l'électricité. Lorsque le mouvement est augmenté, les corps sont électrisés positivement; s'il est diminué, ils le sont négativement.
c Dans une pile isolée dont les pôles sont libres, le mouvement est accumulé au pôle positif, diminué au pôle négatif. Si les pôles sont réunis par un rhéophore, il transmet le mouvement, et l'équilibre tend à s'établir.
« L'électricité n'explique point à elle seule les affinités chimiques,
(1} Tr.dêohimM, I, i52.
4S0 QUESTIOiN DE SCIENCES NATURELLES.
ot I on ne peut représenter I état relatif de rélectricité des corps élémentaires par une série linéaire ; elle doit être interrompue par des corps disposés parallèlement, les corps isodynamiques.
c( Les corps possédant des quantités propres de mouvement électrique, ou une électricité spécifique, de même quils possèdent une ccdoricité spécifique, peuvent être alternativement positifs ou négatifs à regard dautres corps, selon qu'ils présentent plus ou moins de mouvement électrique.
(( Quand les corps se combinent, Tun cède, lautre emprunte du mouvement électrique aux corps ambiants ; de là, les états électriques opposés qu^ils présentent. Le premier est dit positif, le second est dit négatif.
(( Lorsque Ion détruit par la pile le composé formé, lelément qui était positif a besoin de reprendre le mouvement cédé pour retourner à letat naturel, et il se rend au pôle positif; il devient donc négatif. Au contraire, celui qui avait acquis un excès de mouvement électrique le perd en se rendant au pôle négatif, et devient donc positif pendant la réaction.
(( Si Ion fait réagir des corps les uns sur les autres, les phénomènes sont du même ordre que ceux que présente un seul couple ; il se développe de I électricité, mais moins qu'il n y en a de produite : une partie se recombine immédiatement. »
Il nous est impossible de discuter le fond môme de cette théorie ; la nature de 1 électricité est encore pour nous un mystère. Est-ce un fluide? Y en a-t-il un ou deux? Un tel fluide est-il continu ou formé d atomes? Quelle est sa liaison avec la matière? Est--ce une propriété de la matière, une force, ou un mouvement moléculaire? Ces questions accablantes n'ont encore reçu aucune solution. Mais jusqu'à ce que l'application du calcul ait donné à la nouvelle théorie la sanction que les mathématiciens modernes ont donnée à lancienne, nous préférons, tout en lestimant à sa juste valeur, conserver celleci dans nos explications, et la préférer à une autre dont nous ne voyons clairement ni les preuves, ni les avantages. Nous sommes confirmé dans cette opinion en voyant que pour M. Baudrimont les admirables résultats que le calcul a donnés à MM. Young, Fres-
DES CAUSES QUI DÉTERMINENT LACTION CDIHIQLE. 421
nei, Arago et autres, dans la théorie de la lumière, nont point semblé su£Bsants pour contrc-balancer l'ignorance dans laquelle ils nous laissent touchant certains points de la constitution de Téther, et qu il se hâte de la remplacer par la théorie des vibrations des molécules des corps. Nous disons qu'il se hâte, car pour nous, si M. Baudrimont ne va pas trop loin, il va trop vite.
Cela posé, la théorie que nous examinons est loin de nous paraître préférable aux autres ; ce qui provient peut-être de la brièveté avec laquelle lauteur a dû lexposer. Les phénomènes de la combinaison s expliquent bien par le mouvement des atomes ; mais où est la cause de la permanence de la combinaison? Apparemment Tinertie des systèmes moléculaires : si c'était lattraction électrique des atomes, on ne voit pas ce qui empêche Téquilibre de s'établir. — Si lelectricité ne représente pas à elle seule les affinités, quelles sont les circonstances à prendre en considération , et pour quelle part entrent-elles dans le résultat? — Et, dans les applications de détail, les difficultés surgissent ici comme ailleurs : pourquoi le soufre ne s unit-il pas à froid au mercure? Pourquoi certaines combinaisons de gaz n ont-elles lieu qu'à chaud, etc.? Nous attendons avec impatience le travail que nous promet M. Baudrimont.
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