DISCOURS DE M. DE LA VACHERIE
38 le cas d'étroitesse de rouverlurc externe, d'inciser l'aile du nez t la division doit être réparée par la suture ; excision de la luette ; mcision des amygdales abcédées ;
'incision de la grenouillette et la cautérisation consécutive du te; paracenthèse abdominale, parle fer et par le feu; mcision dans les abcès du rein ; phlébotomie, étendue aux veines des parties malades ; saignée capillaire, à Taide de ventouses; mcision des seins abcédés ; JLa scarification des membres œdématiés ;
cure de la fistule à Tanus, par la ligature et par la tente ; ablation des tumeurs hémorroïdales, par la ligature et par la c^ '^.:ïtérisation ;
Xe cathétérisme des voies trachéales dans les angines, avec menace ô^^^ suflFocation.
D'autres parties de la chirurgie étaient également familières à ce ^^¥iie remarquable, ainsi :
Les fractures et les luxations, tant sous le rapport du diagnostic <\\ie sous le rapport du traitement.
Lambi et le banc dUippocrate figurent encore dans nos classiques ;
La gibbosité, au sujet de laquelle sont consignés des détails curieux, surtout concernant le traitement par des appareils orthopédiques destinés à redresser la colonne vertébrale et les pieds-bots ; La néphrite calculeuse, dont les signes et le traitement sont décrits avec beaucoup de précision ;
La chute du rectum et de la matrice , avec indication du traitement de cette dernière affection ;
Le cancer des mamelles, proclamé incurable ; Les ulcères et les plaies , dont le traitement a été perfectionné. On trouve la première trace de la réunion immédiate des plaies à l*aide du bandage, ainsi que l'application de la compression et du feu contre les hémorragies traumatiques.
GOi REMISK DL RECTOIIAT A l/lMVERSITÉ DE UÉGE.
La lithotomic était en usage , car Hippocrale faisait jurer à ses disciples de ne pas la pratiquer, et cela h raison du défaut de connaissances anatomiques sulFisantes.
Il paraîtrait que l'amputation des membres s'exécutait déjà alors. Enfin une foule de préceptes sur le mode d'emploi des instruments, sur la disposition des lieux et des lumières, sur la situation de l'opérateur, sur la forme et l'effet des bandages, attestent hautement que ce temps était déjà riche en découvertes précieuses.
Depuis Hippocrate jusqu'à la célèbre école d'Alexandrie, qui jeta beaucoup d'éclat sur la chirurgie, nous avons peu de chose à signaler. Les grands hommes que cette époque a fournis furent surnommés les créateurs de lanalomie. Parmi eux se distinguèrent Héropbylc et Érasistrate, qui pratiquèrent la chirurgie avec une hardiesse qu ils devaient à I étendue et à la précision de leurs connaissances anatomiques. Suivant les uns, c'est de cette époque que date la division en trois branches de l'art de guérir, savoir : la diététique, la chirurgique et la pharmaceutique; suivant d'autres, cette division n aurait eu lieu qu'au moyen âge. Quoi qu'il en soit, l'art de guérir se divisait en plus de spécialités que de nos jours.
L'empirisme, qui envahit l'école d'Alexandrie, exerça la plus funeste influence sur la chirurgie, qui resta stationnaire pendant une longue suite de siècles.
Les Arabes, par leurs découvertes et par leurs écrits, préparèrent plus tard la restauration de la chirurgie en Occident.
Les républiques italiennes, sous lesquelles l'industrie et le commerce prirent de l'extension et sous lesquelles les arts libéraux commencèrent à naître, recueillirent l'héritage des Arabes, après leur soumission au despotisme des Turcs et leur expulsion de lËspagne. Enfin les Italiens, persécutés eux-mêmes, transmirent les connaissances qu'ils avaient acquises chez les Arabes et acclimatèrent la chirurgie en France. Alors commença, dans ce pays, une période d'avenir pour la chirurgie qui , dans les dernières années du xjv* siècle , y fut enseignée par Lanfran (i), exilé de Milan par Mathieu Yisconti.
(1j EtH39o.
DISCOURS DE M. M LAVACUERIE. 6Uo
Aprùs lui, d'autres chirurgiens célèbres affluèrent vers Paris qui, à
datGr de ce moment , jouit du privilège d'attirer de l'Angleterre et
des oontrées du Nord tous les hommes qui se distinguaient dans
les lettres, pour constituer les nations académiques auxquelles
la l'université.
collège des chirurgiens ne tarda pas à être institué. Jean piiairci, chirurgien de Philippe le Bel et de Louis IX, en rédigea les gtat «jL^s, qui furent adoptés par le premier de ces monarques. C'était Ui^ ^v^^nd pas de fait , mais il restait des obstacles de tout genre à ^ut^ncàonter de la part de ceux qui avaient à cœur de placer la chirurgie ^t^ lE^sing qu elle aurait dû occuper dans tous les temps.
Juisqu'au règne de Charles VII (i), les membres des facultés de ^è^ocine étaient des clercs, à qui le mariage et la pratique de la cV^^^^Tgie étaient interdits. Ils avaient pris l'habitude de faire exécul^Y sous leurs yeux, par des barbiers, des pansements d'abord, puis S^ petites opérations, telles que saignées, ouvertures d'abcès, etc. O^Ue coutume, que les chirurgiens avaient malheureusement contriloué à propager, deviht finalement un grave abus, car il alla jusqu'au privilège légal que l'on accorda aux barbiers, qui ne tardèrent pas à oatre-passer leur mandat. Non-seulement ceux-ci continuèrent leur pratique illicite en dépit des ordonnances royales et des sentences des tribunaux, mais ils se livrèrent à des empiétements considérables. L'abrogation de la loi du célibat, que provoqua le cardinal d Ëtouteville (2) , mit un terme aux prétentions des barbiers, qui furent définitivement dépossédés du privilège dont ils avaient joui arbitrairement. Alors les médecins ressortissant h l'université usèrent de la faculté qu'ils avaient de pratiquer la chirurgie et se mirent à exercer les parties de cet art qui, suivant eux, n'étaient pas de nature à porter atteinte à leur dignité doctorale. Ils cherchèrent toutes les occasions d'avilir les chirurgiens de robe longue qui avaient les mêmes titres qu'eux; ils se constituèrent en maîtres, ayant seuls qualité pour octroyer le droit de pratiquer, et sollicitèrent du pouvoir la sanction de celte usurpation . qui était contraire aux lois cl aux
M) En 1422.
(2] En 14132.
606 REMISE BU RECTORAT A LUNIVERSITÉ DE LlÉGS.
usages. Us obligèrent les chirurgiens à venir écouter leurs leçons et à subir des examens devant eux , et allèrent jusqu'à exciter contre eux des barbiers auxquels, contrairement aux coutumes de Tuniversite, ils donnaient l'enseignement en français.
Ces luttes entre deux corps qui voulaient, l'un imposer un joug, et l'autre s affranchir de toute suprématie, firent rétrograder en France les sciences médicales, qui continuèrent au contraire, en Italie, à marcher à grands pas dans la carrière des progrès.
En Allemagne, deux préjugés sanctionnés par les lois arrêtèrent longtemps l'essor des hommes qui se vouaient à la chirurgie : Ton de ces préjugés défendait aux médecins ecclésiastiques de faire des opérations sanglantes, et l'autre donnait à la médecine une haute préséance sur la chirurgie.
Le Danemark est la seule contrée du nord de l'Europe où Ton trouve quelque vestige de cet art, presque complètement abandonné aux barbiers avant le règne de Frédéric II, qui constitua le collège des chirurgiens de Copenhague (i).
Pour résumer tout ce qui s est fait jusqu'au xvi* siècle, on peut dire que la chirurgie brilla au premier rang en Italie, puis en France, et fut cultivée beaucoup plus tard en Allemagne. Dans les autres contrées de TEurope, il semble qu'elle soit restée ignorée.
Une ère nouvelle commence pour la chirurgie, grâce aux admirables découvertes anatomiques de Yésale, d'Eustachi et de Fallopia. Les importants travaux de ces grands hommes contribuèrent désormais à enhardir la main de l'opérateur. Notre célèbre compatriote fut le premier qui sut se servir de l'instrument tranchant avec habileté et sécurité. C'est à ses profondes connaissances et à 1 habitude quil avait de manier le scalpel, qu'il dut d'exceller dans la pratique des opérations. Ses œuvres mémorables renferment des descriptions plus complètes que celles qui étaient connues sur diverses matières, entre autres sur les maladies de l'œil et surtout sur celles des voies lacrymales.
Dans la réduction des luxations, il substitua la force intelligente à la force aveugle et brutale. Il simplifia le traitement de quelques
(1) En 1577.