‹ ANNALES UNIVERSITES DE BELGIQUEChapitre 171 sur 218 · DISCOURS DE M. DE LAVACUERIE · texte numérisé non relu

DISCOURS DE M. DE LAVACUERIE

fraoiures : celles de la clavicule, de la rotule, des côtes, etc. , et sup*

priixia les moyens barbares usités jusqu'alors pour les contenir. Il

entouirait les membres avec des bandes qu'il imprégnait de blanc

d'œuiff pour les maintenir inamovibles. Il en agissait de môme après

la i^écJuction des luxations.

plaies de tôte , et notamment les fractures du crâne et leurs plications, sont décrites de main de maître. Aux pratiques supersti lieuses, presque les seules employées, il substitua un traitement nnei.

plaies pénétrantes de la poitrine et de labdomen ont fait 1 ol3j^tde son attention toute spéciale. Le tableau qu il trace de ces s^ffec^tions prouve la profondeur de ses vues au sujet des indications Ji'V'Cîm^es qu elles peuvent réclamer suivant les circonstances.

Il^<a réunion immédiate des plaies, indiquée par les anciens, trouve ^^^ 1^ un ardent partisan.

I-^s ligature des artères, après les amputations et d'autres opéra-

**^^>^^, est une pratique dont la priorité lui appartient, de laveu

^ -A. K:xibroiseParé lui-môme, auquel on attribue à tort cette invention.

1 1 conseilla Tincision des gencives dans la dentition difficile ; ce

4^^»^ »î avait pas été indiqué avant lui.

& 1. porta un diagnostic admirable pour son temps, et qui fut con- "''■^■Cfc é par lautopsie ; il s'agissait d'une tumeur anévrismate située ^•^^^la région lombaire.

-■1-^ chef de cette époque est, sans contredit, Ambroise Paré, qui

^^ Surnommé avec raison le père de la chirurgie moderne. Beaucoup

^ ^perfectionnements et plusieurs découvertes sont dus au génie

^ ^^ grand homme. Ainsi, parmi les choses neuves, on peut citer :

Précepte d'évacuer le liquide épanché dans le péritoine, lente-

et à plusieurs reprises ; addition d'un chaperon à la couronne de trépan pour prévenir

enfoncement dans le crâne ; Cure radicale du varicocèle par la double ligature des veines dilatées, et leur incision entre les nœuds;

Notions positives sur les corps étrangers articulaires et sur les ^uirres de la prostate ;

608 REMISE DU RECTORAT A l'uNIVEESITÉ DE LIEGE.

Distinction de la fracture du col du fémur, confondue jusqu'ala avec celle de la diaphyse de cet os ;

Écrits judicieux sur lexpertise chirurgicale légale, renfermaiii des considérations importantes surTinfanticide, le viol, Texamen des^ pendus, des noyés et des asphyxiés.

Parmi les perfectionnements qui méritent d'être signalés :

Description des phénomènes des tumeurs anévrismales et des opérations qu elles réclament ;

Préceptes sur les plaies en général ;

Description plus méthodique et traitement plus rationnel qu on ne Tavait fait jusqu'alors des maladies des yeux et des dents.

D'autres travaux sont attribués à tort à Paré ; mais il est reconnu que certains préceptes, qui n'avaient été qu'indiqués avant lui , ont été appliqués par lui.

On est redevable à ses contemporains et à ses disciples de plusieurs découvertes utiles, entre autres la taille suspubienne et le débridement de lanneau dans la hernie étranglée, opérations que Franco décrivit et exécuta le premier.

Tout 1 éclat que les grands hommes de cette époque répandirent sur la chirurgie française ne fut que passager, car la faculté de médecine, jalouse de la renommée du collège des chirurgiens, réussit, par ses intrigues et par surprise , à obtenir de 1 autorité la réunion en une seule corporation des barbiers et des chirui^iens, et à faire exclure de l'université la chirurgie, qui y avait été un instant reconnue.

Tandis qu'en France la chirurgie rétrogradait de nouveau, en Italie, oii Ton était moins esclave des préjugés et moins asservi au joug des privilèges, les sciences naturelles reprirent le premier rang ; aussi lanatomie et la pratique de la chirurgie Grent d'immenses progrès.

Le xvm' siècle fut le plus remarquable de tous. La chirurgie partagea 1 état prospère dont jouirent les autres sciences, et fit, comme elles, des progrès rapides, grâce aux eiïorts de deux hommes aussi généreux que courageux . Biénaise et Goberdeau, qui établirent un

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précédent favorable en créant, à leurs frais, des charges de démonstrateurs dans les écoles de chirurgie.

JL 'enseignement à Técole royale du Jardin des Plantes , qui avait été Jusqu'alors confié à des docteurs des facultés de Paris et de Montpellier, par un édit de Louis XIV (i), fut donné désormais par des chirurgiens. Dionis y occupa la chaire d'anatomie et de médecine opératoire. Encouragés par cette importante réforme, quelques hoEDiries se mirent à cultiver la chirurgie avec ardeur. De ce nombre Mareschal, Saviard et Mauriceau. Lun deux, Mareschal, le premier enseignement clinique, ce qui, à tort, a été attribué à Desault. Ces trois savants étaient dignement secondés par Duver- Littre, Méry, et Winslow qui enseignait l'anatomie avec beaujp d éclat. Mareschal fit plus encore pour son art qu'il exerçait une sorte d'idolâtrie : il obtint (i) des lettres patentes décrétant nation de cinq nouveaux démonstrateurs à Thôpital Saint-Côme. *" *Vit énergiquement secondé par un homme qui devint son digne suooesseur. Lapeyronie, non-seulement créa à ses frais une sixième ^"^«•ge de démonstrateur et six adjoints , mais il sollicita et obtint, Montpellier, quatre chaires de démonstrateurs, assistés chacun un suppléant. Enfin, ce fut à la demande pressante de ces deux ^^*=*^i3ies infatigables, auxquels s'adjoignirent J.-L. Petit et Quesnay, ^^^ Oïl fonda (s) l'Académie royale de chirurgie de Paris, qui, dans '^ï'op courte carrière, jeta tant d éclat et accomplit tant de travaux. C^ii reconnut enfin toute l'importance de la chirurgie et les lents services qu'elle était appelée à rendre dans la suite. •ouisXV, par un édit (4) , rendit la déclaration mémorable, rédigée l'illustre d'Aguesseau, qui :

^ '^ Rejette de la société des chirurgiens la communauté des bar- ^^^r», dont l'alliance l'avait trop longtemps déshonorée ; S"* Institue des degrés académiques ; 3** Exige qu'il soit donné aux élèves une éducation libérale ;

[i] En 4671.

{%) En septembre 4 724.

(3) En 4 731.

(4) Du 23 avril 1743.

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