U0 RÉOUVERTURE DES COURS A L UNIVERSITÉ DE GAND
à peine trois années s'étaient-elles écoulées que plusieurs d'entre eux furent proclamés docteurs en sciences physiques et mathématiques. Quelques-uns signalèrent leur entrée dans la carrière scientiGquo par des découvertes qui n'étaient pas sans importance.
Lelan était donné. Beaucoup de nos jeunes gens, animés par Texerople , publièrent des thèses qui prouvent le pas immense qu avait fait, en quelques années, Tétude des sciences exactes : c'est ainsi qu'à partir de 1 820 on vit se succéder de» dissertations quelquefois remarquables sur la géométrie pure , sur la haute analyse et sur la physique.
Le goût de l'étude venait de renaître. Nos jeunes gens travaillaient avec ardeur ; mais il leur manquait un organe qui pût mettre en rapport ceux qui s'occupaient de la même partie. Cette lacune ne tarda pas à être comblée : en 1 825, MM. Garnier et Quetelet commencèrent la publication de la Correspondance mathématique et physique qui contribua puissamment au progrès des sciences, en permettant aux savants du royaume de nouer des relations entre eux et avec les savants étrangers. Ce journal accueillait des mémoires d'une certaine étendue , ainsi que les articles , notes ou observations qu'il croyait pouvoir être de quelque utilité. Il rendit peutr-étre un plus grand service à la cause des sciences dans notre pays en publiant , dans chaque numéro , une série de problèmes sur toutes les parties élémentaires : il invitait par là nos jeunes étudiants à se livrer à des recherches assez faciles, il est vrai, mais qui devaient les initier à des travaux plus importants. Aussi une foule d'élèves de nos universités et même de la plupart de nos grands établissements moyens s'empressèrent-ils de répondre à cet appel, en travaillant aux solutions des questions proposées et en envoyant leurs réponses avec les observations que ces questions leur avaient suggérées.
Ainsi s'étendait rapidement la culture des sciences : bientôt les éléments en devinrent populaires en Belgique. Il faut rendre cette justice au gouvernement des Pays-Bas , que les hautes études scientifiques ne datent en Belgique que de 1 époque de sa réunion avec la Hollande. Lorsque tout était à créer, iJ fallait une action forte et
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Les événements politiques de 1 830 devaient nécessairement paralyser, du moins momentanément, les efforts que nous faisions vers le progrès. Un arrêté du 1 6 décembre mutila nos universités en supprimant, dans chacune délies, une et même deux facultés, auxquelles se substituèrent bientôt des facultés libres. Un changement aussi fondamental dans le régime universitaire ne pouvait évidemment avoir lieu sans compromettre gravement la force des études. L*instruction supérieure fut languissante jusquen 1835, où une loi vint rétablir les deux universités de Gand et de Liège sur de nou* velles bases , et leur donna une organisation plus forte, plus étendue et surtout plus appropriée aux nouveaux besoins : le nombre des professeurs de chaque faculté des sciences fut porté à neuf : le pays était déjà riche en hommes capables, et le gouvernement put confier h des Belges presque toutes les branches de renseignement scientifique.
Dès lors les professeurs, rivalisant de zèle, cherchèrent à donner à rinstruction un développement plus en rapport avec les progrès déjà réalisés , et les études sérieuses reprirent bientôt leur coars. L ardeur des professeurs et des élèves ne s est pas ralentie depuis, et aujourd'hui nous pouvons affirmer que non-seulement les sciences exactes sont cultivées avec succès en Belgique, mais que les éléments de mathématiques et de physique y sont tellement répandus, quon les regarde, avec raison, comme devant faire partie essentielle de réducation générale.
Afin de compléter le système d'instruction , le gouvernement eut 1 heureuse idée d'instituer des écoles spéciales pour les services publics. Ces écoles , annexées aux facultés des sciences des universités de Liège et de Gand, contribuent au développement des études scientifiques par les connaissances théoriques qu elles exigent. En effet, les jeunes gens, avant d entrer dans ces écoles, doivent subir des examens sur toutes les parties des sciences exactes, et sont, par ce motif, assimilés, pour les concours généraux, aux candidats en sciences physiques et mathématiques.
Ces concours généraux entre tous les candidats de nos universités furent rétablis, en octobre 1841 , sur un nouveau plan, et dans le
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but de donuer aux hautes études une impulsion plus forte. La dispoeition finale de I arrêté royal qui les organise doit stimuler le zèle de nos jeunes gens, puisque les récompenses destinées aux lauréats leur sont décernées dans une séance solennelle , en présence du Roi et de toutes les notabilités du pays.
Outre les allocations ordinaires créées par la loi pour Tencouragement des études supérieures, des subsides s élevant de 1,000 à 4,000 francs ont été accordés à de jeunes savants, pour les mettre à même , soit de visiter des établissements étrangers , soit d aller explorer des contrées lointaines , pour en rapporter des richesses végétales ou minérales : ainsi le gouvernement belge n a rien négligé pour fortifier les études et encourager les talents naissants.
Pendant que les universités et les écoles spéciales s'acquittaient avec succès de leur haute mission , les publications scientifiques se poursuivaient : la plupart de nos grandes villes virent se former dans leur sein des sociétés de littérature ou de sciences. L'Académie, qui avait heureusement traversé la révolution , reprit ses travaux avec une nouvelle activité , et bientôt elle songea à améliorer ses moyens d action. En 1832, sur la proposition de M. Quetelet, elle arrêta la publication de bulletins destinés à faire connaître plus rapidement les résultats des recherches faites non-seulement par ses membres, mais même par des savants qui lui étaient étrangers : cette heureuse innovation a été adoptée par presque toutes les sociétés savantes de l'Europe , et notamment par TAcadémie des sciences de Paris.
En même temps que les établissements d instruction étendaient les connaissances scientifiques, TAcadémie aidait à les approfondir, soit par ses propres travaux, soit par la nature des questions quelle mettait chaque année au concours : ses publications ont pris depuis 1 830 un grand développement ; elle a fait paraître au delà de 30 volumes de mémoires et 1 5 volumes de bulletins. Elle a de plus commencé récemment à publier une série de volumes in-8", dans lesquels se trouve réuni tout ce qui est relatif à des objets d une utilité pratique immédiate , tels que les défrichements, les exploitations, etc.