‹ Anne de GeiersteinChapitre 241 sur 246 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Le retentissemenl lointain de la bataille était apporté sur les ailes d'un vent furieux. La guerre et la terreur marchaient devant; derrière Tenaient les blessures et la mort. MiCKEE .

Arthur demeuré seul , et désireux peut-être de couvrir la retraite du comte Albert , dirigea son cheval vers le corps de cavalerie jbourguignonne qui approchait sous la bannière du seigneur de Contay.

t Salut, salut, » dit le noble Bourguignon, en se hâtant d'accourir vers le jeune chevalier. « Le duc de Bourgogne est à un mille d'ici , avec un détachement de cavalerie pour soutenir ceux qui vont en reconnaissance. Il n'y a pas une demi-heure que votre père est revenu au galop, et a déclaré que vous aviez été conduit dans une embuscade par la trahison des stradiotes, et fait prisonnier. Il a accusé Campo-Basso d'être lui-même un traître et l'a défié au combat. On les a envoyés tous deux au camp sous la surveillance du grand maréchal , pour les empêcher de se battre surle-champ, quoiqu'à mon avis notre Italien ne témoignât guère l'envie d'en venir au coups. Le duc tient leurs gages, et ils doivent combattre le jour des Rois. — Je doute fbrt que ce jour se lève jamais pour certaines personnes qui l'attendent, dit Arthur; mais je me trompe , je réclamerai moi-même le combat avec la permission de mon père. »

Il retourna alors sur ses pas avec Contay, et rencontra un corps de cavalerie eucore plus considérable sous la large bannière du duc. Il fut aussitôt amené devant Charles. Le prince entendit, avec une inquiétude apparente, Arthur confirmer l'aceusalion de son père contre l'Italien en faveur duquel il était si fortement prévenu. Quand il se fut assuré que les stradiotes avaient parcouru la vallée, et fait un rapport à leur chef un instant avant qu'il enga-

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goât Arthur à s'avancer, comme c'en était bien une, au tnilifeu d'une embuscade, le duc secoua la tête, abaissa ses longs sourcils, et murmura en lui-même : « Ils en veulent à Oxford peut-être.... ces Italiens sont vindicatif. ■> Puis relevant la tète, il commanda à Arthur de continuer.

Il apprit avec une espèce d'extase la mort de Rudolphe Donnerhugel , et ôtant de son cou une chaîne d'or massif, il la passa à celui d'Arthur.

« Ma foi ! tu as accaparé tout l'honneur pour toi, jeune Arthur... c'était l'ours le plus redoutable d'eux tous.... les autres en comparaison ne sont que de petits chiens à la mamelle ! Je crois avoir trouvé un jeune David capable de tenir tête à leur colossal Goliath; mais l'imbécile ! s'imaginer que sa main de paysan pourrait manier une lance! Eh bien, mon brave garçon.... quoi encore? comment leur as-tu échappé? par un prodige d'adresse, par un miracle d'agilité, je suppose. — Pardonnez-moi, mon seigneur, j'ai été protégé par leur chef, Ferrand,qui a considéré ma rencontre avec Rudolphe Donnerhugel comme un duel personnel; et désirant faire, a-t-il dit, la guerre avec loyauté , il m'a congédié honorablement avec mon cheval et mes armes. — Hum! -> dit Charles, sa mauvaise humeur revenant.... » votre prince l'aventurier veut faire le généreux.... Hum! bien.... c'est un rôle qui peut lui convenir ; mais ce ne sera point une ligne de conduite d'après laquelle je dirigerai la mienne Continuez votre récit, Ai thur de Vere. »

Lorsqu' Arthur, continuant , raconta comment et dans quelles circonstances le comte Albert de Geierstein s'était nommé à lui, le duc le regarda d'un air furieux, et tremblant d'impatience, l'interrompit brusquement par cette question : * Et vous! vous l'avez frappé de votre poignard sous la cinquième côte, n'est-ce pas ? — Non, monseigneur, un serment mutuel nous ordonnait de veiller au contraire à la sûreté l'un de l'autre. — Cependant vous le connaissiez pour être mon mortel ennemi? Allez, jeune homme, votre froide indifférence a effacé votre mérite. La vie laissée à Albert de Geierstein balance la mort de Rudolphe Donnerhugel.— Soit, monseigneur, > dit Arthur hardiment; «je ne demande pa» vos éloges plus que je ne cherche à me soustraire à votre censure. J'avais pour me conduire, dans ces deux cas, des motifs à moi personnels... Donnerhugel était mon ennemi; quant au comte Albert, je lui dois quelque tendresse. •

Le» nobles Bourguignons qui se trouvaient présents furent épou-

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