‹ Anne de GeiersteinChapitre 31 sur 246 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

sien ? — Avec nos bonnes épées. — Revêtus de nos armures , ou comme nous sommes? — Comme nous sommes plutôt. Je n'ai pas d'autre cotte d'armes que ce pourpoint... d'autre armure que mon épée, et je crois, monsieur le Suisse, que c'est plus qu'il ne m'en faut... Le lieu et l'heure, s'il vous plaît? — Dans la cour du vieux château de Gsierstein, au lever du soleil... mais on nous espionne... J'ai perdu ma gageure, étranger, » ajouta-t-il en parlant à haute voix et d'un air indifférent , « puisqu'Uirich a lancé sa pierre plus loin qu'Ernest. Voici mon gant pour gage que je n'oublierai pas le flacon de vin. — Et voici le mien pour gage que je le boirai galment avec vous. »

C'est ainsi qu'au milieu des amusements paisibles, quoique rudes, de leurs compagnons , ces deux jeunes écervelés parvinrent à satisfaire leurs dispositions ennemies l'un à l'égard de l'autre, en convenant d'une rencontre qui pouvait avoir une issue fatale.

Page 1