Personnago du roman de Quentin Durward. a. m
2. Uiese , [jcanl i u [',r,\ni\ , fcld , champ, à. h. S. lung, jcunei; hertu» , me«gicure, k. M.
(CHAPITRE XiV. iS^
as un peu du chevalet ou de l'estrapade.. . Il n'y a aucun honneur à gagner avec eux. — Tant pis pour moi. J'avais rêvé si sûrement que Votre Excellence m'avait fait noble ! et puis la chute de mon glaive ! — Avale un verre de vin et oublie tes prévisions. — Avec la permission de Votre Honneur, non. Boire avant midi serait compromettre la sûreté de ma main. — Silence donc ! et songe à ton devoir. »
Francis ramassa son épée sans fourreau, en essuya soigneusement la poussière , et se retira dans un coin de la chambre, où il se tint debout , les mains appuyées sur le pommeau de l'arme fatale. Presque au même instant , entra Kilian à la tête de cinq ou six soldats conduisant les deux Philipson, dont les bras étaient liés avec des cordes. —Avancez-moi une chaise, » dit le gouverneur : et il prit gravement place devant une table sur laquelle se trouvaient les objets nécessaires pour écrire. « Qui sont ces hommes , Kilian , ajouta-t-il , et pourquoi sont-ils garrottés ? — S'il plaît à Votre Excellence , » répondit Kilian avec un air respectueux qui difïérait entièrement du ton voisin de la familiarité avec lequel il parlait à son maître en particulier, nous avons cru qu'il était convenable que ces étrangers ne parussent pas armés en votre gracieuse présence ; et quand nous les avons requis de rendre leurs armes à la porte , comme c'est la coutume de la garnison , ce jeune freluquet a fait mine de vouloir résister. Mais j'avoue qu'il a rendu son épée à l'ordre de son père. — C'est faux! » s'écria le jeune Philipson. Mais son père lui faisant signe de se taire, il obéit aussitôt.
« Noble seigneur, dit le vieux Philipson , nous sommes étrangers et nous ne connaissons pas les usages de cette citadelle ; nous sommes Anglais et inaccoutumés à souffrir des vexations personnelles ; nous espérons que notre excuse vous paraîtra suffisante , quand vous saurez que nous avons été, sans aucune allégation de motif, rudement saisis , nous ne savons par qui. Mon fils, qui est jeune et irréfléchi, a commencé à tirer son épée; mais il s^est arrêté à ma voix , sans l'avoir sortie entièrement du fourreau , à plus forte raison sans avoir frappé. Quant à moi, je suis un marchand , accoutumé à me soumettre aux lois et coutumes des pays dans lesquels je trafique. Je suis sur le territoire du duc de Bourgogne, et je sais que ses lois et ses coutumes doivent être justes et équitables. Il est le puissant et fidèle allié de l'Angleterre , et je ne crains rien sous sa bannière. — Hem ! hem ! » répliqua Hagenbach un peu déconcerté par le cahne de l'Anglais, et peut-être réfléchis-
m AmE DE GEIERSTEIN.
sant qu'à moins que ses passions ne fussent excitées, comme dans le cas des Suisses qu'il détestait , Charles de Bourgogne désirait acquérir la réputation de prince juste , quoique sévère. « De belles paroles ont bien leur mérite ; mais elles ne rachètent pas les vilaines actions. Vous avez tiré l'épée et commis un acte de rébellion en résistant aux soldats du duc, qui ne faisaient qu'obéir à leur consigne... — Assurément, seigneur, répondit Philipson , c'est interpréter sévèrement une action très naturelle. Mais , en un mot , si vous êtes disposé à user de rigueur, le simple fait de tirer ou de vouloir tirer l'épée dans une ville de garnison est seulement punissable d'une amende pécuniaire , et nous la payerons s'il vous plaît de nous y condamner. — A présent ! voilà une sotte brebis , » dit Kilian à l'exécuteur, près duquel il s'était placé un pas à l'écart du groupe , < une brebis qui offre volontairement sa toison à tondre.
— Elle servira à peine de rançon pour son cou , seigneur écuyer, répliqua Francis Steinernherz , car, voyez-vous ; j'ai rêvé cette nuit que notre maître me faisait noble , et j'ai reconnu à la chute de mon glaive que c'était là l'individu par lequel je devais m'élever au titre de gentilhomme. Il faut que je travaille aujourd'hui même sur lui avec ma bonne épée. — Tais-toi! l'ambition te rend fou, dit l'écuyer; ce n'est pas un noble, mais un colporteur insulaire... un pur citoyen anglais. — Tu te trompes , répliqua l'exécuteur, et tu n'as jamais examiné les gens lorsqu'ils sont sur le point de mourir.
— Oui , vraiment ! dit l'écuyer ; n'ai-je pas assisté à cinq batailles en règle, outre des embuscades et des escarmouches sans nombre ?
Ce n'est pas dans ces occasions qu'on peut éprouver le courage ,
répondit l'exécuteur. Tous les hommes se battront bien quand ils seront rangés les uns contre les autres. Ainsi se battent les chiens hargneux... ainsi les coqs sur le fumier. Mais il est brave et noble , celui qui peut regarder un échafaudetun billot, un prêtre pour lui donner l'absolution , et le bourreau avec sa bonne épée qui va l'abattre dans la force de l'âge , comme il regarderait des choses indifférentes : eh ! bien, un tel homme est celui que voilà. — Oui , répliqua Kilian, mais cet homme n'a point sous les yeux un appareil de supplice... il voit seulement notre illustre patron, seigneur Archibald d'Hagenbach. — Ah!... et celui qui voit le seigneur Archibald , dit l'exécuteur, s'il est le moins du monde sensé et intelligent, comme l'est à coup sûr cet homme, ne voit-il pas le glaive et le bourreau? Assurément, ce prisonnier comprend sa position, et son air tranquille , malgré celle conviction fâcheuse,