‹ Anne de GravilleChapitre 106 sur 154 · Tallemant · texte numérisé non relu

Tallemant

3. Henri IV, qui, dit Zeller, « s'est efforcé de dérober sa culpabilité à l'histoire comme à la justice », y a en partie réussi.

222 LA P0STÉ1KÉ n'ANMS DE (iltAVILLE

Henriette accoucha, le 21 janvier 1603, d'une fille, Gabrielle-Angélique 1 ; mais si sa liaison avec le roi durait toujours, « ils ne faisoient plus, dit Sully, l'amour qu'en grondant » ; et c'étaient entre eux des scènes continuelles, qui se compliquaient, pour le pauvi^e Henri IV, des algarades qu'il essuyait de la part de la reine, et de tous les incidents de la guerre allumée entre la reine et la marquise. De plus, il arrivait que celle-ci, pour mieux exaspérer le roi, prît avec lui de grands airs, fît « la rusée et la renchérie 2 », et lui refusât toute privauté, sous prétexte de scrupules de conscience ; vint même le moment où, cette fois dans un but défini, et pour assurer sa sécurité, quelle affectait de croire menacée, elle parla sérieusement de se retirer en Angleterre,

En réalité, c'est à l'Espagne qu'elle songeait, et, à ce même moment (1604), elle participait à un complot redoutable, organisé par son père et par son frère le comte d'Auvergne, d'accord avec Philippe III. Il ne s'agissait de rien moins que de livrer le jeune Henri de Verneuil au roi d'Espagne, qui le reconnaîtrait, en vertu de la promesse de 1599, comme héritier présomptif du trône de France ; après quoi l'on se débarrasserait du roi et du dauphin, et l'on renverrait à Florence Marie de Médi-

1. Le 22 novembre précédent, la reine avait elle même accouché d'une fille, Elisabeth de France, qui devait être un jour reine d'Espagne. « La femme et la maîtresse étant toujours en guerre, le roi, dit M. de Lescure, n'avait d'autre ressource que de leur faire alternativement un enfant. i. »

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