Tallemant
3. Mémoires de Michel de Castelnau, additions de Le Laboureur. Paris, 1659, t. II, p. 151 ; et Dreux du Radier, op. cit., t. VI, p. 184.
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sa maîtresse, et comptait donner ainsi le change à la reine, lui mieux dissimuler ses nouvelles amours, qui l'absorbaient tout entier.
Pas au point cependant de lui faire oublier ses combinaisons politiques ; car, cbez lui, l'homme à femmes ne fit jamais de tort à l'homme d'Etat, et il arrivait que les passions de l'un s'accordassent avec les calculs de l'autre. Il venait d'achever d'immenses préparatifs militaires en vue de la réalisation de son « grand dessein » et se disposait à envahir les Pays- Bas, à la fois pour engager la partie contre la maison d'Autriche et pour reconquérir la princesse de Condé, lorsqu'eut lieu le déplorable attentat du 14 mai 1610.
A ce moment, Henriette n'était plus rien à la cour. Faut-il ajouter quelque créance aux allégations de la d'Escoman, qui l'accusa formellement d'avoir, de complicité avec le duc d'Epernon et le duc de Guise, comploté la mort du roi? — Le Parlement condamna la d'Escoman à la prison perpétuelle ; quant aux ducs et à la marquise, ils furent mis hors de cause et déclarés innocents de l'accusation portée contre eux. Cette accusation, nombre d'historiens l'ont reprise à leur compte1. Mais, en
1. C'est Michelet qui a soutenu avec le plus d'ardeur la thèse de la complicité de Mme de Verneuil, du duc d'Epernon et même de la reine dans l'assassinat d'Henri IV. Pour M. J. Loiseleur [Bavaillac et ses complices. Paris, 1873), le complot exista bien; mais Ravaillac, qui agissait de son côté, en aurait devancé l'exécution : « Si Ravaillac, dit-il, n'avait pas fait le coup, d'autres allaient le faire. » D'après M. Ch. Merki, l'assassinat d'Henri IV fut une vengeance de femmes, « par dépit de la situation perdue chez l'une (Henriette), par crainte de l'avenir chez l'autre » (Marie
ce qui louche spécialement Mme de Verneuil, si Ton voit très bien ce qu'elle perdit à la disparition d'Henri IV, on ne voit guère, en revanche, ce qu'au moment où nous sommes parvenus elle y aurait pu gagner.
Au lendemain même du crime, elle fit demander à Marie de Médicis « si elle pouvait rester en France en toute sûreté » l. On lui donna de bonnes paroles. Il était néanmoins à craindre que la reine, désormais toute-puissante, et qui n'avait pas oublié les humiliations d'autrefois, ne cédât quelque jour à la tentation d'en tirer vengeance : elle n'avait plus affaire qu'à une femme désarmée.
Désarmée, et, par suite, délaissée. — Peu de temps avant la mort du roi, Henriette, on s'en souvient, avait obtenu du duc de Guise une promesse de mariage. Or, le duc, au commencement de 1611, manifesta l'intention d'épouser la jeune douairière de Montpensier. Henriette, forte de ses droits, ne manqua pas de s'opposer à ce projet. Mais la reine lui fit demander, parle président Jeannin,de « vouloir bien se désister ». Elle comprit que, les temps étant changés, son intérêt bien entendu lui commandait de ne pas se montrer intransigeante...
Et dès lors, elle vécut dans la retraite 2. On ne
de Médicis, qui redoutait que le roi n'eût l'intention de divorcer pour épouser Charlotte de Montmorency). — Je ne crois pas, quant à moi, à la 'culpabilité d'Henriette, encore moins à celle de la reine. Mais, en ces matières, on ne saurait trop se garder d'affirmations absolues.