Livre VIII, ch. XXI
3. « Homme bien mal conditionné, serviteur du duc d'Orléans », dit-il ailleurs (Livre VIII, ch. IV). — « Era uno tristo (un fourbe), e non era di sua gente, ma era uomo d'Orléans », écrivent les ambassadeurs florentins, qui mettent ces paroles dans la bouche detCharles VIII (Négociations diplomatiques de la France avec la Toscane, t. I, p. 649).
RAUFFET ET ROBERT DE BALSAC 35
Le jugement de Commynes est exact dans sa sévérité et la conduite de Robert de Balsac reste sans excuse. Au premier moment, les Florentins s'imaginèrent que Charles VIII avait joué double jeu et qu'il était de connivence avec l'infidèle sénéchal. Aussi le roi déclara-t-il aux ambassadeurs florentins que, s'il pouvait mettre la main sur le traître, « il n'attendrait pas le bourreau et lui couperait la tête lui-même » *•. Mais, chez cet être inconséquent, les résolutions ne duraient guère : Robert de Balsac en fut quitte pour, de quelque temps, ne pas rentrer en France. Charles VIII, du reste, ne tarda pas à mourir, et Balsac, dès l'avènement du duc d'Orléans (avril 1498), dont il avait toujours été Tarn* dé, se retrouva en bonne posture. Il reçut, en 1499, la confirmation d'une pension de deux mille livres tournois à prendre sur le salin d'Agen, « en considération, est-il dit dans une pièce qui nous a été conservée 2, des grans, vertueux et recommandables services qu'il a faiz à nostre feu seigneur et cousin ». — Les documents officiels ont parfois leur ironie.
Robert de Balsac finit sa carrière en France, et, suivant l'usage de ceux qui ont beaucoup agi, c'est apparemment dans les dernières années de sa vie qu'il se mêla d'écrire. Que ne nous a-t-il laissé des « impressions d'Italie » ! On a de lui deux opuscules qui ont été publiés, dans les premières années du xvie siècle, par le célèbre médecin et his-
i. Ibid.