‹ Anne de GravilleChapitre 19 sur 154 · Perret, op. cit., p · texte numérisé non relu

Perret, op. cit., p

5. « Selon le droit le plus commun, dit Pothier (Traité de la garde noble et bourgeoise, Ed. Bugnet, t. VI, p. 499), on peut définir la garde noble le droit que la loi municipale accorde au survivant de deux conjoints nobles de percevoir à son profit le revenu des biens que ses enfants mineurs ont eus de la succession du prédécédé, jusqu'à ce qu'ils aient atteint un certain âge, sous certaines charges qu'elle lui impose, et en récompense de l'éducation desdits enfants qu'elle lui confie. » — En somme, la garde noble correspondait à ce que nous appelons aujourd'hui ï usufruit légal. (Voir Dalloz, Répertoire, v° Puissance paternelle.)

Le fils aîné de Louise, Louis de Vendôme, grand veneur de France, capitaine des cent gentilshommes de la maison du roi, fit trois campagnes en Italie. Il fut fait prisonnier à Pavie, et mourut en 1526.

Son frère cadet, Charles, fut tué en 1522 au combat de la Bicoque. Il était seigneur de Graville, l'amiral ayant fait insérer dans le contrat de mariage de Jacques de Vendôme une clause aux termes de laquelle, si (lui, l'amiral) « n'avoit enffans malles et (que) lesdits mariez en eussent plus d'un, le second seroit tenu prendre le nom et armes de sa terre et seigneurie de Graville » 1 .

François de Vendôme, fils de Louis, et petit-fils de Louise de Graville, fut le dernier de sa race. Brantôme 2 a vanté sa bravoure et sa magnificence : « de son temps, on ne parloit que du vidame de Chartres ; et si on parloit de ses prouesses 3, on parloit bien autant de ses magnificences et liberallitez ».

Colonel général de l'infanterie de France, il mena en Italie, à ses frais, « cent gentilshommes en poste, tous vestuz d'une mesme parure et fort superbe... etchascun une chaîne d'or au col faisant trois tours... 4 »

Certaines coutumes accordaient le droit de garde, non seulement au survivant des conjoints nobles, mais, à son défaut, aux aïeuls et aïeules des mineurs. — Si Graville avait la garde noble de ses petits-enfants, ce ne pouvait être qu'à défaut de sa fille ; d'où je conclus que celle-ci était morte dès 1508. En tout cas, il résulte du testament de l'amiral qu'elle mourut avant 1516.

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