‹ Anne de GravilleChapitre 31 sur 154 · Prêtre · texte numérisé non relu

Prêtre

vie d'anne de graville 73

vengeances. Ce n'est pas que sa douleur, son indignation ne fussent à leur comble. Bravé dans son autorité paternelle, blessé dans sa tendresse et dans sa confiance, il prit dès l'abord les mesures judiciaires les plus graves, engagea contre le jeune ménage une instance criminelle pour cause « d'excès, délits et maléfices », de « rapt et d'inceste { », enfin d' « ingratitude2 », et poursuivit, devant le Parlement de Paris, l'exhérédation de sa fille. En même temps, il obtenait du roi la mise sous séquestre des biens de son gendre.

Le procès dura trois ou quatre ans : le maquis de la procédure était, au xvie siècle, encore plus embroussaillé qu'aujourd'hui. Il y eut de nombreuses mesures d'instruction, des enquêtes, des interrogatoires, des productions de lettres 3. L'amiral aurait sans doute fini par obtenir à son profit des condamnations sévères. Mais la perspective d'un succès judiciaire n'était pas pour lui donner satisfaction. Partagé entre la colère et la douleur, il souffrait de l'absence de sa fille et du mal qu'il se croyait obligé de lui faire.

Les jeunes époux, de leur côté, subissaient une pénible épreuve. Ils avaient pris la fuite, et s'étaient probablement réfugiés, soit dans les terres que

1. D'inceste, à raison de la parenté existant entre sa fille et Pierre de Balsac.

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