Le premier après l'évêque
92 vie d'anne de graville
qui lui témoignait une bienveillance particulière. Il embrassa, dans des circonstances que Ton ignore, les principes de la Réforme, et dès lors mena une vie errante, tantôt chassé de Metz, où il faisait des tentatives d'évangélisation. tantôt y rentrant. En 1525, il se rendit à Paris, et, l'année suivante, tenta de revenir à Metz ; mais — il va nous le raconter lui-même — ses confrères du chapitre le livrèrent à Théodore de Saint-Chamond, vicaire général du cardinal Jean de Lorraine, qui le tint emprisonné un certain temps. C'est alors qu'il fut rayé de la liste des chanoines et que ses bénéfices lui furent enlevés. A peine libre, il rentra en France avec une lettre d'Erasme le recommandant à Marguerite d'Alençon. Il se rendit à Angoulême, où se trouvait la cour, puis fut reçu par Anne de Graville dans son château du Bois-Malesherbes. Mais écoutons-le 1 :
OEcolampade, père et maître très cher, je n'ai pas à m'excuser de ne t'avoir pas écrit depuis long-temps. Tu n'ignores pas, en effet, quelles épreuves j'ai subies depuis mon départ de là-bas 2 ; épreuves résultant, non seulement du mauvais état de ma santé, mais encore 'de mon emprisonnement et des tortures que (grâces soient rendues au Christ !) les Lorrains m'infligèrent avec tant de rigueur que souvent je désespérai de la vie. Mes confrères 3 m'avaient livré à Théo-
1. Cette lettre latine, que je traduis presque tout entière, est aux Archives d'Etat de Zurich. Elle a été publiée par Herminjard, Correspondance des Réformateurs dans les pays de langue française. Genève, Paris, 1866, 1. 1, lettre n° 181.