‹ Anne de GravilleChapitre 41 sur 154 · La fête de sainte Anne tombe le 26 juillet · texte numérisé non relu

La fête de sainte Anne tombe le 26 juillet

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Pierre Toussain, autrefois chanoine de Metz, aujourd'hui très humble serviteur du Christ.

Donc, en juillet 1526, après Pavie et la captivité de Madrid, et malgré qu'à l'instigation du Parlement et du parti sorbonnique, l'ère des persécutions eût commencé, François Ier et sa mère étaient encore bien disposés pour la Réforme, « on ne peut plus favorables, dit Toussain, à la propagation de l'Évangile ». Le fait est curieux et valait la peine d'être noté.

Toussain, dans sa lettre, porte aux nues, comme de juste, la duchesse d'Alençon. Pour Anne de Graville, il la qualifie « l'appui (littéralement, la receleuse, susceptrix) des exilés du Christ ». Ce pluriel donne à penser qu'elle ne s'était pas intéressée qu'à lui, et que, suivant l'exemple de Marguerite, elle s'était fait un devoir, en ces temps troublés, d'assister, quels qu'ils fussent, et toutes les fois qu'elle le pouvait, les partisans, inquiétés et persécutés, des nouvelles doctrines *. Dans quelle mesure adhéra-t-elle à ces doctrines, c'est ce qu'il est impossible de déterminer aujourd'hui. Mais ses sympathies pour elles durent aller s'affaiblissant à partir du moment où, vers 1530, les deux confessions catholique et protestante entrèrent déci-

1. « Les veoiant à l'entour de ceste bonne dame, dit le panégyriste de la reine de Navarre, tu eusses dit que c'estoit une poulie qui soigneusement appelle et assemble ses petits poullets et les couvre de ses ailes » (Charles de Sainte-Marthe, Oraison funèbre de V incomparable Marguerite, royne de Navarre. Paris, 1550).

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dément en conflit. Et l'on peut être assuré que la fille de l'orthodoxe amiral de Graville, que la femme de Pierre de Balsac, ce gentilhomme bien en cour, que la prudente mère de famille dont tous les descendants sans exception devaient rester fidèles à la cause catholique — ne persévéra pas au delà du moment opportun dans ses velléités d'émancipation religieuse.

A partir de 1526, sa trace devient très difficile à suivre. Il semble qu'elle ait mené une vie toute paisible et familiale. Sa résidence habituelle était à Malesherbes ; mais elle se rendait souvent à Marcoussis *, auprès de sa sœur Jeanne, et elle dut faire plusieurs séjours en Auvergne, son mari y ayant été nommé lieutenant de roi 2. Elle en fit, à coup sûr, en Forez, au vieux château d'Urfé et au château de la Bastie, que l'un de ses gendres, Claude d'Urfé, venait de restaurer et d'embellir : elle y tint sur les fonts, en 1534 et 1536, deux de ses petits-fils d'Urfé 3.

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