Bibl. nat., ms. fr. 2253, dédicace
tain nombre de ballades, n'a rimé ni mascarades, ni triolets ; enfin, il n'a pas eu la peine « à des refrains réglés d'asservir les rondeaux », attendu que les rondeaux y étaient asservis bien longtemps avant qu'il n'écrivît les siens.
D'après les auteurs de nos anciens arts poétiques, le rondeau tire son nom de sa forme, qualifiée de circulaire, à raison de la répétition du refrain. « Qui veult faire rondeau le doibt faire rond », déclare Pierre Lefèvre ; et Thomas Sibilet donne cette définition : « Le rondeau est ainsy nommé de sa forme. Car tout ainsy qu'au cercle (que le Françoys appelle rondeau), après avoir discouru toute la circonférence, on rentre tousjours au premier point duquel le discours avoit été commencé ; ainsy au poème dit rondeau, après avoir tout dit, on retourne tousjours au premier carme, ou hémistiche, pris en son commencement1. »
Lefèvre et Sibilet se trompent sur le sens et l'étymologie du mot rondeau.
Purement musical à l'origine, le rondeau ne fut d'abord qu'un air destiné à l'accompagnement de la danse appelée ronde2. On adapta bientôt, aux airs ainsi composés, des chansons populaires dont les couplets et les refrains se plièrent au moule mélodique. Au xive siècle, une transformation se produisit. De musical, le rondeau devint littéraire, et, selon l'agencement des couplets et du refrain, se
1. Art poétique françoys, livre II, ch. III : Du rondeau et de ses différences.