Bibl. nat. ms. fr. 4332 (copie
des fondations et des libéralités : fondation, à Malesherbes, d'un couvent de Cordeliers ; fondation de trois chapelles dans l'église des Célestins de Marcoussis, qu'il dota de riches ornements et dont il releva le clocher renversé par la foudre ; libéralités au monastère des Cordeliers de Pont-Audemer ; à la cathédrale de Rouen, don d'une cloche, « la Louise », et, pour le tendre sur le maître-autel, d'un « poëlle de veloux riche, armoyé et brodé » ; au monastère des Célestins de la même ville, fondation d'une grande chapelle en l'honneur des dix mille martyrs, « comme appert, par les anchres armoyez de ses armes, que l'on voit en relief de pierre en dehors de ladite chapelle et aux vitres et parois d'icelle ; luy, sa femme et ses enfans s'y voyent en portraits et priant à genoulx * » .
Si vive qu'elle fût, la piété de Graville n'avait, du reste, rien d'étroit, et n'excluait pas chez lui des goûts artistiques et intellectuels très développés.
Il collectionnait les tapisseries et les joyaux, et il aimait à bâtir. Il répara, agrandit et embellit le château de Marcoussis, sa résidence favorite. Dans la grande salle il fit peindre à fresque « l'entrée du
1. Bibl. de Rouen, fonds Martainville, ms. Bigot, Y, 5, v° Graville. Voir aussi Farin, Histoire de Rouen, 1668. — C'est sur un des vitraux de la chapelle des dix mille martyrs qu'a été copié un petit portrait de l'amiral qui fait partie de la collection Gaignières (Henry Bouchot, Inventaire des dessins exécutés par Roger de Gaignières, etc., 2 vol., Pion, 1891) et qui a été reproduit par Bernard de Montfaucon, Les monumens de la monarchie franchise, etc., t. IV, p. 144.
On trouve, au dép1 des Estampes (Oa 16, fol. 37, 38, et Pe 8, fol. 28), la reproduction des vitraux de Rouen.
L'AMIRAL tiE GRA VILLE 11
foi Charles VIII à Naples en costume de roi de Jérusalem et sur un cheval couvert d'une riche housse aux armes de ce royaume. Cette décoration fut répétée dans la chambre située au-dessus, que l'on appelait la chambre du roi. L'une et l'autre de ces salles étaient en outre décorées d'une profusion d'armoiries rappelant les alliances des Montaigu et des Gra ville, et de devises emblématiques selon le goût du temps... Au-dessus des portes du grand escalier et de la grande salle, on voyait également ses armes, avec des aigles et des anges pour supports, et deux cigognes pour cimier1 ».
Il s'intéressait aux questions d'éducation, et, en 1494, « aida le docteur brabançon Jean Standonck à restaurer les études du collège de Montaigu, qui d evint bientôt le rival de Sainte-Barbe ». Il y fond une communauté de douze écoliers pauvres, qui « furent les premières capettes, plus tard si célèbres dans les joutes universitaires et théologiques2 ».
Il était lui-même homme d'étude et de cabinet. Il aimait les beaux manuscrits, ornés de miniatures et soigneusement calligraphiés. Nous retrouverons, dans la bibliothèque de sa fille Anne, la plupart de ceux qu'il collectionna. Plusieurs, qui seront décrits plus loin 3, ont fini, après de longues erreurs, par trouver à la Bibliothèque nationale un asile définitif.