‹ Anne de GravilleChapitre 75 sur 154 · Casanova, Mémoires, t. III, p. 483; cf. Maynial, p · texte numérisé non relu

Casanova, Mémoires, t. III, p. 483; cf. Maynial, p

LA MARQUISE d'uRFÉ 169

un autre mystificateur insigne, le fameux comte de Saint-Germain, qui se donnait trois cents ans et se vantait de posséder la panacée universelle. Mais, à la faconde éblouissante de Saint-Germain, le nouveau venu sut opposer une habile réserve et une incontestable puissance de fascination. Il s'empara sans difficulté « de l'âme de la marquise, de son cœur, de son esprit et de tout ce qui lui restait de bon sens », et, dans ses Mémoires, reconnaît cyniquement qu'il en fit sa dupe. « Si j'avais cru, ditil, pouvoir la désabuser... je crois que je l'aurais

entrepris Mais j'étais persuadé que son infatua-

tion était incurable, et je crus n'avoir rien de mieux à faire que de seconder sa folie et d'en profiter l . » Il en profita beaucoup2.

Un jour3, la marquise (elle lui attribuait un pouvoir presque illimité 4) entreprit de lui persuader que, s'il le voulait bien, rien ne lui serait plus facile, en vertu de ses relations avec les esprits, que de « la faire passer en âme dans le corps d'un enfant mâle né de l'accouplement philosophique d'un immortel avec une mortelle ou d'un homme ordinaire avec une femme d'une nature divineb ». Casanova, loin de protester, s'ingénia sans aucun retard à régler la mise en scène d'une opération qu'il comptait

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