‹ Anne de GravilleChapitre 77 sur 154 · Mémoires, t. V, p · texte numérisé non relu

Mémoires, t. V, p

2. Maynial, pp. 10, 17 ; Samaran, p. 219 : « Les preuves ne manquent pas qu'entre la marquise d'Urfé et Casanova les choses se passèrent à peu près comme il les raconte. »

LA MARQUISE d'uRFÉ 171

de Pontcarré, à quatre lieues de Paris. Elle y reçut la « sublime vierge » avec les marques du plus profond respect. Quelques jours plus tard — le quatorzième de la lune d'avril — le mariage surnaturel fut bien et dûment consommé *. Mais le dernier jour de cette même lune, 1' « oracle » de Casanova, interrogé fort à propos, déclara que tout était à refaire, un indiscret ayant, dissimulé derrière un paravent, profané par sa présence la célébration du rite 2 : il la faudrait renouveler le mois suivant, et, cette fois, hors de France. Ce second essai, tenté à Aix-la-Chapelle, ne devait pas être plus heureux que l'autre ; ce fut la Corticelli qui le fit manquer. Elle simula, l'instant solennel venu, des convulsions qui rendirent inefficace la bonne volonté de l'opérateur. Pour annuler d'avance l'effet des révélations compromettantes dont il se sentait menacé et celui des tentatives de chantage que préméditait évidemment sa complice, Casanova la fit dénoncer par son oracle comme étant devenue folle, et comme ayant été « gâtée par un génie noir », ennemi de l'ordre des rose-croix. Il s'agissait de trouver une nouvelle et plus intacte « vierge divine ». Casanova jugea très apte à en remplir le personnage une certaine mademoiselle d'Aché, alors sa maîtresse, et conseilla à madame d'Urfé d'écrire à Sélénis, le génie de la lune, et de lui demander conseil au sujet de la date à fixer pour le renouvellement des noces cabalistiques.

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