‹ Anne de GravilleChapitre 78 sur 154 · Maynial, p · texte numérisé non relu

Maynial, p

Pour attendre la réponse de Sélénis, la marquise et lui se plongèrent un beau soir, sous les rayons nocturnes, dans la même baignoire d'eau parfumée, et, par l'effet d'un truc admirablement réussi, cette réponse, tracée en caractères d'argent sur un papier vert glacé, vint, se reflétant à la surface de l'eau, enjoindre à la pauvre femme d'attendre jusqu'au printemps suivant pour recommencer, cette fois à Marseille, la mirifique opération.

Qu'arriva-t-il ensuite ? C'est ici que l'histoire s'embrouille. Casanova raconte que, se trouvant à Londres en 1763, il y reçut d'une de ses amies, la comtesse du Rumain, une lettre lui annonçant la mort de madame d'Urfé. « Madame du Rumain m'écrivait, dit-il, que, sur le témoignage de la femme de chambre, les médecins avaient déclaré que la marquise s'était donné la mort en prenant une trop forte dose d'une liqueur qu'elle appelait la panacée. Elle m'annonçait qu'on avait trouvé un testament qui sentait les Petites-Maisons, car elle laissait tout son bien au premier fils ou fille qui naîtrait d'elle et dont elle se déclarait enceinte. Elle m'avait institué tuteur du nouveau-né, ce qui me navrait de douleur, car cette histoire était de nature à faire rire tout Paris pendant une semaine. La comtesse du Châtelet, sa fille, s'était emparée de tous les immeubles et du portefeuille où, à mon grand étonnement \ on avait trouvé 400.000 francs. Les bras m'en tombèrent 2 ».

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