‹ Anne de GravilleChapitre 83 sur 154 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

I. — François de Balsac d'Entragues (1541-1613). — Il épouse en premières noces Jacqueline de Rohan, en secondes noces Marie Touchet. Son rôle dans la Ligue.

II. — Entraguet (1547-1599). — Ses débuts à la cour : il est l'amant de Marguerite de Valois, puis de la maréchale de Retz. Il accompagne le duc d'Anjou en Pologne (1573). Retour de Pologne ; séjour à Lyon. Disgrâce (1574). — Les mignons. Chronique de la cour en 1578. Le duel du 27 avril : récits de L'Estoile et de Brantôme ; les funérailles de Gaylus ; l'oraison funèbre d'Arnaud Sorbin ; les épitaphes de Desportes et de Ronsard, les sonnets d'Amadis Jamyn. — Entraguet adhère à la Ligue, puis revient, ainsi que son frère, au parti du roi. Négociation au sujet d'Orléans. — Le rôle des Balsac dans le drame de Blois (1588). — Les dernières années d'Entraguet.

Né en 1517, Guillaume, l'aîné des fils de Pierre de Balsac et d'Anne de Graville, fut seigneur d'Entragues, de Marcoussis1, de Malesherbes, etc., capi-

1. Il eut quelques démêlés avec son frère Thomas au sujet de la succession de Jeanne de Graville, morte en 1540. Guillaume se prétendait donataire de tous les biens de sa tante, et Thomas arguait la donation de nullité. Ils finirent par transiger (1545). Marcoussis fut mis dans la part de Guillaume. — Cf. Malte-Brun, op. cit., pp. 108, 110.

taine de deux cents chevaux et lieutenant de la compagnie des gendarmes de François de Lorraine, duc de Guise. Il servit sous ce prince au siège de Metz, et, deux ans plus lard (1554), à la bataille de Renty ; il y reçut une blessure mortelle.

Il avait épousé, en 1538, Louise d'Humières ; il en eut neuf enfants, dont sept fils !. Quatre de ces fils moururent en bas âge ou sans postérité. Les trois survivants furent :

François de Balsac, seigneur d'Entragues, de Marcoussis et du Bois-Malesherbes ;

Charles de Balsac, seigneur de Clermont-Soubiran, dit Clermont d'Entragues ;

Charles de Balsac, seigneur de Dunes, comte de Graville, dit Entraguet.

De ces frères étroitement unis, et qui formèrent, à un moment donné, un triumvirat assez puissant 2, le second, Clermont d'Entragues, capitaine des cent archers de la garde royale, n'apparaîtra guère dans ce récit, dont l'intérêt se concentrera sur François de Balsac et sur Entraguet : deux brouillons 3 d'une immoralité notoire, mais d'allure élégante et de silhouette pittoresque.

1. Les filles furent Louise, qui épousa, en 1571, Jacques, baron de Clere, et Catherine, mariée, en 1572, à Edme Stuart, comte de Lennox, seigneur d'Aubigny, descendant de Jean Stuart, à qui Charles VII avait donné, en 1423, la terre d'Aubigny, en Berry.

2. « L'union qui estoit entre luy (François de Balsac) et ses frères le faisoit rechercher ». (Bibl. nat., Dossiers bleus, 54, v° Balsac.)

3. Sully ((Economies royales) définit ainsi François de Balsac : « M. d'Antragues, qui aymoit à se mesler de toutes faciendes... Esprit embarrassé, brouillon et désireux de nouvelletez. »

FRANÇOIS DE BALSAC ^ 179

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