Une heureuse fête de saint Joseph
Tous les ans, pour la fête de saint Joseph, ses fidèles serviteurs obtiennent des faveurs extraordinaires. Le Seigneur se plaît à glorifier, en cette solennité, son Père .uloptif. Les prières ferventes qui montent vers son trône, de toutes les parties du monde, eu font descendre des grâces signalées.
Voici une guérison miraculeuse racontée par M. l'abbé
Fournier, curé de Saint-Nicolas, à Nantes, et ensuite évêque du diocèse. Elle s'est accomplie ù La Roche- Bernard, le 19 mars, sur la personne de MMo Cornudet, fille d'un médecin distingué et proche parente de M. Cornudet, conseiller d'état. Cette personne était depuis deux ans privée de l'usage de ses jambes et ne pouvait. même se tenir debout, par suite d'un rhumatisme dont elle fut prise en janvier 1865. Soumise à divers traitements toujours infructueux, Mlle Cornudet, depuis cette époque, était constamment dans un fauteuil, et on la transportait, comme un enfant, d'un endroit à un autre. La santé, du reste, ne paraissait pas essentiellement attaquée; ses membres inférieurs conservaient leur flexibilité, leur mobilité, mais ils n'avaient aucune force : la station, comme la marche, était absolument impossible.
Mlle Marie avait une grande dévotion à saint Joseph et, depuis quelque temps, se sentait pressée'de lui demander sa guérison. Elle fit, à cette intention, une neu vaine avant la fête du Saint. Une pieuse tante, qui s'associait à ses prières, demanda également des neuvaines dans des communautés et à des personnes religieuses. Le 19, la jeune fille fut transportée dans la chapelle domestique que la famille Cornudet possède dans son habitation. Elle fit ses dévotions; mais elle ne ressentit pas à ce moment l'effet de ses prières. Rapportée dans le salon, elle se trouvait seule, un peu triste et découragée, lorsque tout a coup elle se sent animée d'une nouvelle ferveur et adresse à saint Joseph une dernière prière.
A peine a-t-elle achevé, que la main de Dieu s'est • sur elle : elle se lève immédiatement, appelle une femme de chambre pour prévenir sa mère avec précaution; dans le corridor, elle rencontre son jeune frère qui se jette dans Bes bras; l'un et l'autre versaient des
larmes de joie; puis la mère, le père, toute la famille, la petite ville tout entière accoururent étonnés, heureux, rendant grâces à Dieu et gloire à saint Joseph, dont l'intercession puissante se manifeste souvent par des bienfaits extraordinaires.
Depuis ce moment, la guérison se soutient ; elle est complète ; plus de trace de l'infirmité qui, pendant plus de deux ans, avait résisté à tout et désolé la famille. Tout s'est évanoui; il ne reste que la santé parfaite, la joie et la reconnaissance.