‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 166 sur 315 · Un enfant de chœur de quatre-vingt-sept ans · texte numérisé non relu

Un enfant de chœur de quatre-vingt-sept ans

Tous les établisscments'des Petites-Sœurs des pauvres sont placés sous le patronage de saint Joseph, leur protecteur et leur charitable économe; mais on peut dire que l'asile des vieillards de Nevers a des droits particuliers à la protection de ce bienheureux Patriarche. Car, c'est lui-môme qui non-seulement a choisi le local, mais s'en est emparé. Voici comment. On avait offert d'abord aux Petites-Sœurs une maison peu commode pour abriter un grand nombres de pauvres; or, un jour, deux d'entre elles, en passant devant la campagne du grand Séminaire, si» dirent : Voilà une maison qui nous conviendrait bien; mais ce n'est 'pas possible!... Pourquoi

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pas ? Rien n'est impossible au virginal Epoux de Marie !. . . Et, ce disant, elles y jettent plusieurs médailles de saint Joseph en le priant de s'en emparer pour les pauvres. 0 puissance de la foiî peu de temps après, on trouva que la campagne du grand Séminaire était trop rapprochée de la ville, et saint Joseph inspira à l'évoque du diocèse d'en faire un asile pour les vieillards.

Nous lisons dans la Semaine religieuse de Nevers :

« La maison des Petites-Sœurs des Pauvres, a clôturé, le vendredi, \ G mars, la retraite préparatoire à la communion pascale. C'était le Père Auguste, des Rédemptoristes, qui la prêchait. Il y a peu de paroisses où le ministère soit aussi consolant. Personne n'a manqué à la sainte Table ; pourtant la liberté la plus grande règne sur le point de la communion. Ce n'est pas que les vieillards , lorsqu'ils entrent , soient précisément, des saints. Non. Il y a même quelquefois parmi eux des esprits forts. Mais que voulez-vous ? l'incrédulité la plus invétérée ne résiste pas longtemps à la charité des Petites-Sœurs. Circonstance à noter : Y enfant de chœur qui servait si pieusement la messe , a quatre-vingtsept ans.

» Monseigneur a voulu présider la fête. Le bataillon des vieillards et des bonnes vieilles, bataillon d'invalides d'un genre nouveau, a reçu Sa Grandeur avec l'enthousiasme de la jeunesse. Après la fête de l'âme, il y a eu la fête du corps, c'est-à-dire un excellent dîner. Nul prince n'est servi comme l'ont été les bons vieillards. Les servants, c'étaient Monseigneur lui-même, des messieurs, de nobles dames qui, non contentes de s'être faites, l'autre jour vendeuses, se faisaient aujourd'hui servantes des Petites-Sœurs des Pauvres.

i Saint Joseph est vraiment le maître de la maison .

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Il ;i sa statue à la place d'honneur du jardin. C'est saint Joseph qui fait fleurir les violettes, et c'est lui aussi qui a rempli l'autre jour, par la main des dames vendeuses, la bourse des Petites-Sœurs de pièces d'or. Autrefois on lui avait remis dans les mains, comme au plus solvable des saints, les dettes de la maison : un paquet de billets fort incommodes. Saint Joseph ne s'est pas pressé ; en vivant dans la compagnie du bon Dieu, il a pris quelque chose de sa patience ; mais, finalement, il paie , et chaque année emporte quelques-uns de ces fâcheux billets.

» Beaucoup de personnes pensent que la maison des Petites-Sœurs est une des maisons de Nevers où il y a le plus de bonheur ; elles ne se trompent point. »

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