‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 168 sur 315 · Protection dans un incendie · texte numérisé non relu

Protection dans un incendie

Ghâteauneuf-de-Galaure (Drôme) .

Au mois d'octobre, je me trouvais en visite avec deux personnes de ma famille, dont un prêtre, dans un château du département du Rhône. C'était vers les huit heures du soir, une température déjà assez froide engagea à allumer du feu dans une pièce du rez-de-chaussée ; mais à peine a-t-on pris place autour du foyer, qu'un sinistre grondement se fait entendre, et que la flamme s'élance rapide dans la cheminée, qu'elle embrase en un instant, alimentée par des matières qu'on y avait, par mégarde oubliées, en la nettoyant. Au premier cri d'alarme, les

gens de la maison'arrivent, restent atterrés à la vue d'un danger qui croît à chaque moment, et s'écrient : a Nous sommes perdus, nous sommes perdus, nous n'avons point d'eau ! » La situation est, en effet, des plus critiques. Les maîtres de la maison sont absents jusqu'au lendemain, et quel spectacle se prépare pour leur retour! La maison n'est pas assurée. La nuit, les tourelles élevées, les toits à pente rapide , les habitations peu rapprochées, les pompiers dispersés au loin, et, par-dessus tout, le manque d'eau, ajoutent à l'effroi général. Et les flammes cependant dépassent le sommet des toits et menacent de s'étendre. En présence d'un tel danger on recourt au ciel. Des médailles, des croix, des scapulaires sont jetés dans le foyer dévorant; et, de mon côté, je me rends à la chapelle pour invoquer Notre-Dame du Sacré-Cœur et son glorieux époux, promettant de faire publier cette nouvelle marque de leur puissante intercession, si j'obtiens du secours. Cependant l'on s'empresse avec confiance de puiser au seul puits contenant encore un peu d'eau; mais si peu, si peu, qu'elle suffit à grand peine aux besoins les plus impérieux du ménage. La longue sécheresse qui désole les campagnes a tout tari ; les bassins sont à sec, et l'on a souvent recours à la rivière qui coule fort loin. Mais, ô bonheur! saint Joseph a exaucé la prière, et, au grand étonnement de tous ceux qui se sont hâtés d'accourir, l'eau arrive abondante pour alimenter la pompe qu'on vient enfin d'amener, au moment où, toits et planchers brûlants, menaç tien! de s'embraser, pour ne laisser que des ruines. Dirigée avec habileté, la pompe jette une telle quantité d'eau sur les cimes du bâtiment, que le feu ne tarde pas à diminuer, puis à s'éteindre, à la grande joie des assistants. Malgré la nuit, le danger couru par quelques hommes dévoues

pour manœuvrer sur des pentes rapides, aucun accident n'a eu lieu. Tout s'est borné à quelques dégâts peu considérables, alors qu'on redoutait une ruine en apparence trop certaine.

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