‹ Année misericordieuse de saint JosephChapitre 182 sur 315 · Un pieux lieutenant · texte numérisé non relu

Un pieux lieutenant

« Toulon, le 4 septembre.

» Monsieur le Directeur de l'Archiconfrérie, à Paris.

» 11 y a quelques jours, pendant que j'étais encore avec l'escadre d'évolutions sur les côtes d'Algérie, je reçus la nouvelle que ma petite Marie, à peine âgée de dix-neuf mois, avait été subitement prise d'une indisposition dont la gravité s'accrut avec une rapidité effrayante. Sa mère, dévorée d'inquiétude, s'adressa de tout suite à Celle qu'on n'invoque jamais en vain. Elle lui demanda de rendre à l'enfant la belle santé dont elle avait toujours joui, lui promettant de faire dire, le plus tôt possible, une messe en son honneur, dans un de ses sanctuaires les plus vénérés. Le grand saint Joseph fut aussi imploré et on lui promit de faire prendre son cordon à notre chère petite fille.

» A partir de ce moment, le mal disparut, et le lendemaio matin il n'en restait plus que le souvenir : l'enfant avait repris ses belles couleurs et recouvré sa bonne gaieté.

» Inutile de vous dire, Monsieur le Directeur, que nous attribuons à Marie et à Joseph cette heureuse ^et rapide guérison, que beaucoup de médecins de notre époque trouveraient toute naturelle : « Chez les enfants, dit-on, la santé s'en va, revient, sans qu'on s'en aperçoive,

en quelque sorte. » (iràce à Dieu, nous ne nous payons pas de mots, et j'estime que rien ne se fait sans la permission de notre Père céleste. Vous voudrez donc bien, Monsieur le Directeur, avoir la bonté de faire dire une messe d'actions de grâces à l'autel de Notre-Dame des Victoires, qui a fait tant de merveilles, i Daignez agréer, etc.

i ES. Matthieu,

» Lieutenant de vaisseau,

» escadre d'évolutions, Héroïne. »

23 — Une pauvre servante secourue par saint Joseph.

M..., le 17 octobre

Je vous écris, moi, pauvre fille, qui gagne ma vie, depuis l'âge de quinze ans, au service des autres ; me voilà arrivée à quarante ans ; je vous assure que j'en ai vu de toutes les sortes ; mais dans ce moment, je suis éprouvée plus que jamais : j'étais depuis vingt-huit mois au service d'une demoiselle ; je l'avais prévenue que je m'en retournerais chez mes parents, qui désiraient beaucoup que j'allasse avec eux, étant fort anciens et mal portants; toutefois, je donnais à ma maltresse tout le temps voulu pour trouver une bonne fille ; elle en prend une, et elle me dit que je m'en irai quand je voudrai, qu'elle ne me renverra pas, et aujourd'hui «die me renvoie au commencement de l'hiver, et mes parents ne me demandent plus. Me voilà donc sur le pavé; je ne savais plus de quel côté me tourner ; je me suis recommandée à saint Joseph; j'ai fait une aeuvaine de jeûnes et une

de communions ; je l'ai [trie de tout mou CŒUr; je ne

lui ai pas demandé autre chose que de me trouver une place où je pourrais servir le bon Dieu et l'aimer jusqu'à mon dernier soupir ; je priais et repriais, et je n'obtenais rien; enfin, un jour, je m'aperçus que j'étais plus tranquille; je n'étais plus si tourmentée : c'était assurément beaucoup ; je me résignai à la volonté du bon Dieu; mais il ne se présentait pas de place, et mu maîtresse m'en faisait souffrir tant qu'elle pouvait, répétant que j'étais libre de partir quand je voudrais, qu'elle serait contente quand je m'en irais, et elle le disait à tout le monde. Mon pauvre cœur était si malade, qu'il n'en pouvait plus; enfin, un mercredi soir, je vais devant l'autel de saint Joseph ; voici ce que je lni dis : « Bon saint Joseph, je ne mérite pas que vous m'écoutiez, car je ne prie pas ass^z bien ; si cependant vous voulez in'exaucer, je porterai une offrande à votre autel, et merci edi j'y ferai brûler deux bougies, et je jeûnerai en votre honneur. » Après toutes ces belles promesses, je sors tranquille, en me disant : « Je ne m'occuperai plus de rien; saint Joseph a mon affaire entre les mains: pour me trouver une place, qu'il fasse ce qu'il voudra. » Le jeudi, pendant que je dînais, j'entends sonner à la porte, je regarde, je vois une personne habillée de noir ; c'était une de mes amies, je lui dis : « Tiens, vous voilà ici ! — Oui, me dit-elle, je viens vous chercher ; il faut une cuisinière à M. le principal ; et il est là sur la route qui se promène en nous attendant. » Je ne lui fais pas d'autre réponse que celle-ci :« C'est saint Joseph qui m'a trouvé cette place. » Je vous assure, mon révérend Père, que je serai fidèle à toutes mes promesses. Veuillez avoir la bonté d'insérer cette grâce dans le Propaaateiir, car j'avais fait aussi à saint Joseph cette promesse. Marie L....

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