Le culte de saint Joseph en Syrie
« La reconnaissance étant un devoir sacré, une douce obligation, je suis heureux de me servir des colonnes de votre Propagateur pour accomplir envers notre Père saint Joseph la dette de ma gratitude.
» Il y a un an, les Dames de Nazareth en Palestine construisaient une église à Chef-Ama, Galilée, pour la
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dédier à saint, Joseph. Le 22 juillet,, les travaux poussés avec activité se terminaient et la voûte s'achevait à la satisfaction de tous. Saint Jo-eph, qui avait aide" ces dames dans les nombreuses difficultés rencontrées pour cette œuvre, voulait éprouver une dernière fois la confiance de ses filles, et leur montrer que véritdblement il les protégeait.
d Le jour venu de défaire l'échafaudage qui soutenait la voûte, à peine eut-on commencé d'enlever les premières pièces de bois de la charpente, qu'un cri d'alarme l'ut poussé et suivi de la fuite des ouvriers ; une fissure se montrait aux quatre arêtes de la voûte, grandissant à vue d'œil, au point que l'entrepreneur me disait en pleurant : o Encore une demi-heure et l'église sera ruinée, noire travail perdu. »
» Averti de ce malheur à l'instant où j'allais célébrer la sainte messe, je rassure de mon mieux cet homme effrayé, et pars aussitôt emportant avec moi une médaille sur laquelle était frappée l'effigie de notre bienaimé Père; ma confiance était entière. Pas un doute ne s'éleva dans mon esprit sur la possibilité d'un accident, .l'avais la conviction intime que saint Joseph ne laisserai! .pas nos ennemis se réjouir d'un malheur qui tournerait au mépris de notre sainte religion, car les musulmans prétendaient que ce lieu ayant servi de mosquée, aucun monument catholique ne pourrait, être bâti a sa place; j'étais sûr que saint Joseph nous donnerait gain de rau>e et ne laisserait pas l'erreur se rire de nos efforts. l'ne fois le danger constaté, je bénis la médaille ef la confiai à un ouvrier courageux, qui lasuspendil à un des anneaux de la voûte. L'ouvrier redescendu, en présence d'une foule nombreuse, je dis ces paroles: « Saint Joseph, gardez votre maison. » Puis j'allai offrir le saint sacrifice.
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» Mon action de grâces achevée, je repris le chemin de l'église, assuré que notre saint avait sauvé le sanctuaire que nous voulions lui consacrer. Arrivé sous la voûte, je tressaillis d'allégresse : la fissure s'était arrêtée et le danger n'avait pas augmenté. Les ouvriers, sur mon ordre, défirent toute la charpente et la voûte ne courut plus aucun péril. Toute la population, frappée et stupéfaite de ce qui venait de se passer et du danger conjuré, commença à invoquer avec foi le Saint qu'elle ne connaissait pas. Depuis lors, notre population offre des ex-voto au chaste époux de la Reine des vierges. Les mères lui consacrent leurs enfants, les affligés sollicitent son secours et tous lui adressent des prières. Les musulmans eux-mêmes viennent quelquefois lui offrir de l'encens.
» Peut-être quelques hommes nous taxeront-ils de crédulité, mais pour nous, qui avons vu le danger, et qui avons entendu le craquement des murs, signe précurseur de la ruine, nous ne pouvons faire autrement que d'attribuer la consolidation de la voûte à la puissance de saint Joseph. Notre but, en vous rapportant ce fait, a été de payer un tribut de reconnaissance au Père nourricier de Jésus et de contribuer à augmenter la dévotion toujours croissante des fidèles envers lui.
» Père Mabie-Félix de Jésus crucifié, » Carme déchaussé, Missionnaire en Syrie. »
12. — Confiance de Bernadette, sœur Marie-Bernard, en saint Joseph.
Voici une touchante lettre adressée à sa sœur par la pieuse messagère de Marie immaculée, qui prouve sa
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confiance en saint Joseph, à la protection duquel elle recommande sa famille bien-aimée :
* Nevers, le 25 juin 1876.
i Ma bonne et chère Marie,
» M. l'abbé veut bien se charger de mes commissions pour toi et mon petit frère. Je suis heureuse de pouvoir profiter d'une si bonue occasion pour te donner des nouvelles de ma santé qui n'est pas très-bonne. J'espère cependant que les chaleurs me remettront encore cette fois. Je vais à la messe le dimanche ; les forces reviennent un peu tous les jours. Ne te tourmente pas, je ne mourrai pas encore cette fois.
» Je t'envoie deux médailles bénites par notre Saint- Père, qui ont touché la petite écuelle du saint Enfant Jésus à Notre-Dame de Lorette : l'une est pour toi, l'autre pour ma petite nièce. Le saint Joseph (petite statuette) est pour mon beau-frère. Je le prie de vouloir bien le garder dans sa poche, et je désirerais bien qu'il lui fit tous les jours cette petite prière : « Grand saint Joseph, priez pour moi, ma famille, et protégez-nous. » J'espère que vous ne me refuserez pas ce petit service.
» Donnez-moi de vos nouvelles sitôt que vous pourrez. Je suis inquiète aussi de Pierre ; je crains qu'il ne soit soutirant; il n'a pas répondu à ma lettre datée du 29 février. Si toutefois Pierre n'était pas à la maison, vous lui ferez parvenir ma lettre quand vous lui écrirez.
» J'oublie de te dire que c'est ma bonne et digne ni litresse qui t'envoie ces médailles.
» Adieu, je vous quitte en vous embrassant tous bien
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affectueusement, et surtout ma petite nièce. Adieu. » Ta toute dévouée sœur dans les C. S. de Jésus et de Marie.
» Sœur Marie-Bernard Soubirous. »